‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 447 sur 547 · Cr. p. ii6, a · texte numérisé non relu

Cr. p. ii6, a

Cet homme a tous les styles. Il est véhément et pathétique, tendre et spirituel. Personne n'a badiné avec plus de grAce et de légèreté. Il semble qu'en entend un homme de la cour. Ses plaisanteries sont du meilleur ton. L'interrogatoire de madame Goèsm.Miit est un chef-d'œuvre de sarcasme et d'adresse pour se concilier les femmes. C'est un Démosthène quand il parle au public et à ses juges et lorsqu'il tonne contre M. de Nicolaï » ; c'est un Fénelon dans son roman attendrissant d'Espagne • ; c'est un Juvénal et un Horace quand il arrange les Marin *, les Baculard et le grand conseil. Jamais, de mes jours, je n'ai vu autant de sortes d'esprit que dans ses Mémoires^ aussi les ai-je fait relier avec des notes que j'y ai insérées. Quoique jç n'aime point Rousseau, personne ne rend plus de justice que moi à son éloquence, à sa chaleur et à son énergie. Mais je trouve Beaumarchais mille fois plus vrai, plus naturel, plus insinuant et plus entraînant que cet orateur, qui veut toujours l'être, le paraître, qui est d'ailleurs sophiste à impatienter son lecteur, que l'on sent qu'il méprise, et dont il se joue perpétueUement comme Icchatdela souris*. •

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