RÉPONSE A UNE DEMANDE D'EMPRUNT An COMTB M Laotu«U4M
Vous êtes comme Robin^ monsieur le comte, t&ujomâ le même : le même esprit de discussion, la même fon-e de raisonnement et la même grâce d'élocution: mais * quoi tout cela sert-ilîChangereï-TOUS les éténemensî délruirei vous la puissance de l'intrigue? et tout ce que vous direi en matière d'administration ne sera-t-il pas toujours r. qu'on appelle terba volant? Hu3 malheureu* que v<. vis au moins aussi renfermé. Les mille et une contradn ;
enveloppent, et je marche p.'sammeni au milieu d'un** pression, d'un frottement universel. Du courage et def
Le comte de I^uraguais (173i- * 1824) lut un original excentrique, plein (l'esprit el <l»: talents ; il Taisait lies bons mots qu'on citait, »lf> picccsqu'on ne jouait pas, swppHnvi à ses frais les banquettes qui enrouibraient la scéue du Théâtre Français, prêcha l'inoculation, perfectionna la fabrication de la porrrlaiue, et travailla avec Livoisicr.
Il fut un temp« (rit lié irec Bmhmarcliais qu'il appelait «on rhrr ami. S'^iant rriirii «lan* la %»Hf'
nrinonl» sur la r»'fonn« H« l'Eiai i-t lie l'administraii.tn qui w lermioait par la dcitiande d'an pr*';!
de cent mille litres.
ennemis, voilà ma fortune. Et vous avez besoin d'un prêt de cent mille livres, et vous en apercevez la possibilité dans vos périlleuses délégations M Vous avez donc oublié Paris, et les hypothèques insuHlsantes, et les privilèges* toujours exigés, et les nantisserriens, etc., etc.?
Monseigneur votre père», à qui vous n'accordez pas autant d'esprit qu'il vous en a donné, — ce qui est bieo uigrat, par parenthèse, — me disait l'autre jour un grand mot sur vous : « II a tout l'esprit possible, lui réphquaije. — Je ne sais, reprenait-il, quel est cet esprit-là qui met toujours un homme hors de sa convenance, hors de sa fortune, hors de sa sphère naturelle. 11 y a huit mois que je n'ai su de ses nouvelles; que fait-ilî — Monsieur le duc, il cultive son jardin. — Eh! Monsieur, son vrai parc était celui de Versailles. — Oh! diable, ai-je dit en moi-môme, cet homme-ci ne raisonne pas trop mal. » Vos fermiers. Monsieur le comte, vous volent en votre présence; croyezvous qu'ils ne le fassent pas aussi bien en votre absence? La rue de la Uarpe et la place Maubert sont à la vérité des rues bien crottées; mais il y a du bruit, des fiacres, des crieurs d'arrêts; on y renverse des ministres, qui n'en restent pas moins sur leurs pieds ; on y débat des questions oiseuses à force d'être intéressantes; on y lit la gazette, on y fait des nouvelles, on y forge le fer, parce qu'il y est toujours brûlant, et pour un cerveau très allumé comme le vôtre, un grand mouvement vaudrait peut-être mieui que l'aspect et la jouissance de votre vallée. Plaisir de vieillard. Monsieur le comte. Et s'il faut le classer parmi les autres, on doit avouer que la douce culture est le premier des plaisirs insipides.
M. de Sartines et M. de Vergennes me demandent sou-
1. On nomme ainsi la convention par laqnelle un déliilenr donne à un créancier un autre tiébilcur qui »'obli!,'e à payer la dolie.
2. l.e PrivUrf/e est le droit qui tppailient à certaius CJréanciers, en
vertu de la qualité de leur créance, d'être prél'érés à lous les autres.
3. Le duc de Uranoas. que le comte traitait avec Tort peu de res-
BKAlMAUl.llAIS.
vnt (le Tos nouvelles avec intérêt, je re'pons toujours par M : « IJélas! il cultive son jardin; et pour le coup, comme -ait Louis \v, il s.',, .-..in,,. ■> ,„,„vfr* foi-lcmeiit... ses cheitix. »
i'ai rhonin'iii d lMic, Muii^Nicur ie comte*, etc.,
Caron de Blaumarciiais.
Paris, ce 28 septembre 1778.
«i. — A PROPOS DE L'INTERDICTION DU MARIAGE DE FIGARO.
Au LIKLTENANT DE POLICg*.
27 noveinbie 1783.
Monsieur,
Si la nmltitude de vos occupations vous permettait de •us rappeler que j'en ai beaucoup moi-même, et que depuis trois mois j'ai fait cinquante lois le chemin du .Marais à -Ire hôtel sans avoir pu vous parler plus de cinq lois, pour tenir la chose la plus simple, — une décision sur un ivraize frivole, — vous auriez peut-être compassion du le pitoyable qu'on me force à jouer dans cette comédie. ^1 ce sont des dégoûts qu'on vous prie de me donner, je les ;ii bus jusqu'à la lie. s'il s'ajjMt d'une proscription absolue (it^ tout ce (pii sort de ma plume, pounpioi me faire attendre cet arrêt et me refuser tout moyen de savoir à quoi m'en tenir? .le vous supplie. Monsieur, de vouloir bien me rcmeltie mon manuscrit; celle bagatelle n'est devenue iiTiporlante pour moi que par racharneuient qu'on a eu de m'en faire un tort pul)lic, sans vouloir permettre que le public en jugeât lui-même.
1. C'est un mot de Louis XV au môinc coiiUe de Laui-a.izuais, qui, revenant d'Angleterre, disait y avoir appris à penser.
■1. Il :^cinble que le comte n'ait
pas («irdouiic h Beaumarclials sa réponse, si c'est avec, raison qu'en lui altriliuc u» pani|dilet très insolent contre le Mavinqc de Figion.