‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 468 sur 547 · SUR LUI-MEME · texte numérisé non relu

SUR LUI-MEME

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J.' souriais, avaiil-hicr au s<»ir. du uiai(iiiti(pie rlopc que TOUS faisiez de moi en attestant que je suis dupe de tout le monde. Être dupé par tous ceux qu'on a obligés, — du sceptre jusqu'à la houlette, — c'est être victime et non dupe. Au prix d'avoir conservé tout ce que l'ingrate bassesse m'a ravi, je ne voudrais pas une seule fois m'ôtre comporté autrement. Voilà ma profession de foi. Ce que je perds me touche faiblement : ce qui touche la gloire ou le bonheur de ma patrie épuise toutes mes sensibilités Quand nous commettons une faute, j'en ai une colère d'enfant, et sans que je sois bon ni employé à rien, je répare en projet chaque nuit nos sottises de la journée. Voilà ce en quoi mes amis prétendent que je suis une dupe, chacun, dit-on, ici ne pensant qu'à lui seul. Quelle fichue patrie, si cela était vrai pour tous! mais je suis sûr et très sûr du contraire. Quand voulez- vous voir mon petit commerce de dupe"? Vous n'en serei pas mécontent; vous y trouverez à puiser pour le passé, le présent, l'avenir, — l'avenir, seule chose qui existe pour nous ! Pendant qu'on parle des deux autres, elles sont déjà bien loin, bien loin. Salut, imi>«'rissal)lo allaclifiiifut.

1. I.'aiii'Kii cvèque dAuluii(l73l- ■-S) olait alors ininislre «le> lires êlrangères du Directoire.

1. Beaumarcliais avait fait un uit'inoiie en favc'ur de la paix avec Ic^ États Uiii^.donllesrelalionsavec

BEAL'MAnCIIVIS.

1 1 Fr ince avaient clé réccmropnt troublées, il voulait être envoyé en mission dans ce (lay», dont il était créancier |>our de fortes sommes depuis la guerre «le l'Indépendance, sans pouvoir se l'aire payer

6«ri LETTRES DU DIX-HUITIÉME SIÈCLE.

ECOUCHARD-LEBRDN*

Lebrun-Pindare,qu'oïk aui-aieinreux fait de surnommer Martial, puisqu'il joignait à l'humeur satirique l'art des adulations intéressées, est un assez méprisable personnage. Même quand il venge le bon sens et le bon goût, il faut qu'un sentiment personnel et bas anime sa verve. Il savait voir et rendre avec une implacable justesse les faiblesses, les sottises et les erreurs de ses ennemis. Or il en avait beaucoup, depuis La Harpe jusqu'à Fréron,dans toutes les écoles littéraires et dans tous les camps philosophiques. Parmi les lettres qu'il a laissées, un bon nombre sont adressées à Palissot, autre satirique, avec qui il était sûr de s'entendre. Les lettres qu'ils échangent sont d'une aigreur que rien ne tempère, d'un ton mécontent et malveillant que rarement adoucit un mot d'affection ou d'éloge pour quelqu'un ou quelque chose. L'humeur et la haine leur donnent quelquetbis de la clairvoyance et les mettent en verve, comme il est arrivé à Lebrun dans la lettre que je cite, où il a noté avec esprit quelques travers de la coterie encyclopédiste.

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