‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 495 sur 547 · Saint liruno se retira au dé · texte numérisé non relu

Saint liruno se retira au dé

sert (ie la riiartreuse en 108i : mais lo monastère ne fut constj'uit qu'en

ouas. esi

dans sa cellule ; j'ai reçu toutes les honnêtetés possibles du général et du coadjuteur; tout m*a fait un plaisir profond et calme. Les agitations humaines ne montent pas là ; les femmes n'en approchent point ; c'est le contentement céleste qui est visiblement empreint sur les visages de ces religieux. Le monde n'a pas d'idée de cette paix, c'est une autre terre, une autre nature. On la sent, on ne la détinit pas cette paix qui vous gagne. J'ai tu le rire et l'ingénuité <l»' l'enfance sur les lèvres du vieillard; la gravité et le recueit lemenl de l'âme dans les traits de la jeunesse. J'ai eu ma cellule, où j'ai couché deux nuits; et c'est avec regret, c'est en embrassant deux fois de suite le coadjuteur, qui est un rehgieux admirable par ses vertus et par tout son extérieur, que je me suis éloigné de cette maison de paix où Jean-Jacques a été avec l'abbé Rozier, apportant avec eux des moissons de plantes, qu'ils avaient faites en route sur les montagnes.

Je vous assure, mon cher ami, que toutes ces idées de fortune, de succès, de plaisirs, tout ce tumulte de la vie, tout ce tapage qui est dans nos yeux, nos oreilles, notre imagination, restent à l'entrée de ce désert; et que notre âme nous ramène alors k la nature et k son auteur. Pourquoi n'avais-je pas là ce chartreux du monde, ce cher Thomas? C'est avec bien du plaisir que je vais occuper à OulUns*, le logement où il m'appelle, et me dédommager ainsi des heures douloureuses passées avec la fièvre, il est |bien temps que mon âme se repose; elle a fatigué iii«>i» corps, etc., etc.

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