‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 497 sur 547 · FIERTE ET INDEPENDANCE A Monsieur Odogiiahty de Latour · texte numérisé non relu

FIERTE ET INDEPENDANCE A Monsieur Odogiiahty de Latour

Pnris, 7 novembre 1806.

Vous avez l)ien l'aison; il m'est Tort indill'érent que les hommes du jour me lassent passer pour un imbécile. C'est me rendi'e mon rôle facile à jouer, si j'étais homme à en jouer un. Je ne ferai aucuns frais ni pour soutenir, ni pour détruire celte belle réputation. Je trouve cela trop commode pour y rien changer.

Oue voulez-vous, mon ami? il n'y a point de fruit qui n'ait soji ver, point de fleur qui n'ait sa chenille, point de plaisir qui n'ait sa douleur : notre bonheur n'est qu'un mallicm- plus ou moins consolé.

Ma lierté naturelle est assez satisfaite de quelques non bien fermes que j'ai prononcés dans ma vieV Mais j'entends qu'on se plaint, qu'on gémit, qu'on m'accuse. On me vou-

1. Il refusa sous le (]onsulal. la place "le sénalour, cl sous l'onipiro la lJ;^iou d'iionnour. 11 repoussa sans t'iacas mais avec une inllexiblc, fermelé tontes les avances de Bonaparte, et les faveurs de Napoléon. « Je suis calliulicjuc.

poêle, républicain et solitaire, di-

sait-il : voilà les éléments qui me conipos(!nl et qui ne peuvent s'arrauf^er avec les lioniiiies en société et avec les places. » Son i-épublicanisme coitendant s'accommodait de la monarchie légitime : il accepta de Louis XVIII la Légiou d'honneur, et une pension.

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