‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 500 sur 547 · Mémoires de Mirabeau, etc., cf · texte numérisé non relu

Mémoires de Mirabeau, etc., cf

p, 520, n. 1. — I.ettre.i originales de Mirabeau écrites du donjon de Yincennes pendant les années 1777-1780 (ce sont les fameuses lettres à Sophie), Paris, 1792, i vol.

in-8. — Correspondance de Mirabena et du comte de la Marck, Piiîis, 1834, 3 vol. in-8. — Corres-

pondance avec Cerutli, 1790, in-8.

— iMtres de Mirabeau à un et se.t amis en Allemagne (Ift majoi Mauvilloii). Brunswick, 1792, ithS.

—Lettres de Mirabeau à ChamforL Paris, 17%, in S. — Lettres médites de Mirabeau, Mémoire» «• extraits de Mémoires écrits ep 1781-1783, Paris, 1806, m-8.

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fait en peu de temps 160 000 francs de dettes : le marquis le fait interdire. Un certain M. de Villeneuve-Moaus insulte sa sœur el lui refuse toute réparation. Mirabeau lui administre une con*ection publique : là-dessus son père le fait incarcérer au château i'if, de là» il est transféré au fort de Joui, près de Pontarlier. On connaît la forte passion qu'il conçut pour Mme de Monnier; «on évasion, leur fuite en lloliande, où la police française ne tarda pas i les découvrir. Ils sont arrêtés, ramenés en France : Sopliie est jetée dans un couvent, et Mirabeau va passer trois ans et demi au donjon de Vincennes, jusqu'à c(3 que son implacable père, de qui seul dépend sa liberté, consente à l'en faire sortir. C'est pendant cette longue détention, qu'au milieu de lectures et de travaux de toute sorte, il écrit ces fameuses lettres à Sophie, incroyable mélange de déclamations passionnées, où l'amour déborde parmi la philosophie, la politique, la morale, où tout Mirabeau se découvre, avec ce qu'il a de plus grand et de plus bas dans sa nature, avec sa fougue de tempérament et son immoralité foncière, mais aussi avec ses généreuses aspirations, sa prodigieuse universalité de connaissances, son ampleur de conception sur tous les sujets, et l'éclat de sa forme oratoire. C'est du Rousseau, si l'on veut, mais du Rousseau plus trouble, plus débraillé, plus tumultueux et plus vibrant, toutefois aussi plus sensé et plus pratique.

Puis on voit Mirabeau, sinon réconcilié avec son père, du moins lui imposant l'idée de sa supériorité, le contraignant à l'admiration, presque à l'affection, tandis que le bailU, qui a fini par partager les préventions de son aine, se refuse obstinément à revoir ce neveu dont il avait si longtemps été le défenseur.

Mirabeau n'est pas excusable : mais on ne saurait pourtant oublier que les fureurs de son père le poussèrent toujours à aggraver ses fautes et i en commettre de nouvelles. Quand on songe surtout & ce qu'était au fond cette brillante société du Kvui* siè«le, on voit que Mirabeau se perdit pour jamais dans l'opinion pubhque, par des actes qui, chez les autres, étaient traités de peccadiles. Mais sa fougue, sa violence rendiren' monstrueux ce que la légèreté sceptique faisait excuser en beaucoup de gens, et ses contemporains se refusèrent à lui compter comme circonstance atténuante la passion, qui le jetait hors des bienséances et des conventions sociales; d'autre part l'acharné^ ment du marqms à le poursuivre et à dénoncer toutes ses fautes I III donna quelque chose d'énorme aux yeux d'une société qui par-

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donnait tout hors le scandale. Mirabeau Tut moins jugé sur s.-< actes — Richelieu, Lauzun et cent autres ont fait pis — que sur les invectives forcenées de son père : nul père en aucun temps n'a ainsi dénoncé son flls à l'ezéa'ation et au mépris du public. On sait comment Mirabeau, par de retentissants plaidoyers dans ses propres causes, par des ouvrages politiques et de vives polémiques sur des qijestions de finance et d'intérêt public, s'acquit une réputation d'homme d'État et d'orateur, et tou.' discrédité qu'il était encore et presque noté d'infamie, put prétendre à jouer un rôle dans les grands événements (jui allaient se produire. Ce fut le dernier crève-cœur du marquis mourant, 7ue de voir, ce fils revendiquer une place, sa place, parmi les présentants de la Provence : qu'il y eilt un Mirabeau aux Étals ^ iiéraux, et que ce ne filt point l'Ami des Hommet.

Désormais la vie de Mirabeau appartient tout entière à l'hisioire de France Mais ses lettres à Cerutti, à Mauvillon, celles surtout qu'il écrit à La Marck, nous aident â mieux juger l'homnie d'État et l'homme. On voit quel malheur ce fut pour la France comme pour lui, qu'il eût à lutter contre ce funeste passé qui, au milieu de sa gloire, l'empêchait d'obtenir l'estime et de faire croire à sa probité. On voit ce qu'il y eut en lui d'idées juste» et sages, de passion sincère et désintéressée du bien public Même dans ce marché qu'il fit avec la cour, il ne se vendit pas. Il s'efTorça, avec autant de loyauté que de juste sentiment de la situation politique, de sauver la monarchie pour établir la liberté. Rien ne l'honore plus que ces lettres au comte de la Narck, et ces billets tiévreui, que lui arrachait l'impatience de voir à l.t cour et dans l'assemblée, auprès de la reine et autour de La Fayette, toute sorte de divisions, de défiances, de maladresses, de mesquines passions, d'espérances pur'iiles et tJ«^traiiites pli^:iI!.||lilllt's, pn la 1 y scr ses efforts et rendre inutiles son dcvoueiii -renie.

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