‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 502 sur 547 · Èduqués : cf. 445, n · texte numérisé non relu

Èduqués : cf. 445, n

5. VlançoJis : grands corps d'arbres qu'on refend à la scie. (Lillré.)

LE roMri: de Mirabeau

risquer ses enfants à cette hasardeuse loterie? — J'aime tout à fait aussi le souUnemenl de» reins par un corpt... Je te prie d'examiner si les petits chats, chiiMis et antres animaux sont soutenus par des corps de corde ou de haleine, comme tu l'entendras. Eh hien ! par ma foi, je n'en il point vu de bossus; et nos belles dames qui, en vérité, liment ordinairement beaucoup mieux leurs petits chiens pie leurs enfans, ne manqueraient pas d'emmailloter eux-là, comme on fait de ceux-ci. si l'expérience n'avait j)iouvé qu'ils se trouvaient mieux de la liberté.... Voilà une et deux trop grosses balourdises pour que j'aie pu te les passer; je te lais pfrâcede bien d'autres; mais franchement lu n'as pas le sens commun: mais pas... pas l'ombre... à piHi près autant déraison; d'ailleurs, beaucoup d'^ni^i/ ion • t d'esprit, que puisse le ciel le conserver pour ton ingrate patj'ie! Sur le tout, madame, lis M. de BulTon» qui en sais Ml moins autant que toi et les autres ; lis le grand Rousseau tu entends bien que ce n'est pas du faiseur de vers que je parle), lis son magnifique poém« d'Emile*, cet admirable

1. Mirabeau adinirail beaucoup lîuflon : a M. (le Uullon e>t !« plus (.'rand homme de son siôrift et de hien d'autres : c'est le seul que les Aiiîlais nous envient, et ils s'y < onnaissont. Il s'est frayé ver» la uioire des routes nouvelles et sans iioinl»re, tout à fait inconnues aui I M.-irnset aux modernes. Je l'étudié

iiaque jour, je l'admire, je le n'v vi-re. » (A Sophie, l" déc. 1778.)

2. » As-tu bien le front, écrivaitil Iel8dércmbrel778, de comparer nionsiyloà celui de Rousseau, l'un des plus grands écrivains qu iful jamais, dont l'éloquence toujours eulraiiiantp, toujours appuyée de la plus ingénieuse dialectique est guiilée par un goùl si eiquis cl n'exclut jamais la correction la plus sévère?.. 11 y a des chose*

I' Iriii-

rabU'^; !>i)ie iiiagiqur; rai^un pro* fonde ; vérités neuves : observalioa parfaite. Sai»-tu que tu parle* d'tU des cbefs-d'wuvro de ce »iècle?...

Il eut la sagesse de ne m montrer qu'après trente *n< d'étude; aussi chacun de ses écrits fut uu grand pas vers la gloire... Voltaire, qui plus qun tout nutrn peul-élre, nié« rila l'admiration et le mépris de ses semblables, fut au thé.-ilre un génie de premier ordre, dans tous ses vers un ^mud poète, dans l'Iiistoire de l'homme un phénomène; ruais dans les ouvragen historiques cl philosophiques il n'a le plus souvent été qu'un bel esprit ; tandis que Roiuseau, digne de tous no»

ouvrage, où se trouvent tant de vérités neuves. Laisse les fous, les envieux, les bégueules hommes et femmes, et les sots s'en moquer et dire que c'est un homme à système. D est trop vrai que vu notre dépravation, tout ce qu'il propose n'est pas faisable, et en vérité, il n'y a pas là de quoi nous vanter; mais la partie de son ouvrage qui traite de l'éducation physique et de celle du premier âge, n'est point dans ce cas, et c'est là où tu trouveras les vrais principes*.

a. — • A BOIRE AU ROI. •

A Sophie.

15 novembre 1779.

Quelqu'un de ma connaissance me contait un jour qu'ayant un rapport à faire à Versailles, il était couché chez un baigneur*, et dormait d'un profond sommeil, lorsque tout à coup il s'entend éveiller par une voix très sonore, qui se mit à crier : k boire au roi. Mon homme prête l'oreille. L'instant d'après : A boire au roi, d'un ton plus grave; puis un peu plus fort; puis les mots traînés. Enfin cette voix s'élève, crie encore plus haut, tousse, crache, s'égosille, et toujours : A boire au roi. Mon ami (suppose que ce soit moi), ne pouvant comprendre ce que cela veut dire, je fais sonner ma montre. « Deux heures et demie du matin.... Que diable!... A cette heure-ci.... A boire au roi. Le grand couvert» est fini il y a longtemps. 9u'est-ce que cela veutdire? » Je frappe du poing contre la cloison. Chez ces baigneurs, les chanibres ne sont séparées

fespocts par ses mœurs, son noble cl indexible coura;;je, cl la nature (!<•. ses travaux osl le dieu de l'éloquence, l'apôlre de la v(;rlu, nous l'a loyjours l'ail adorer, et ne prostitue jamais s<;s talens sublimes ni k la satire ni à 1m tlatlcriev »

1. Kn effet, |)rcs(jue loiis ces principi;s soiil ailinis aujoind'liui.

2. A\i wii» et au wni» sièele, on logeait (liez les baigneurs cnnunc on va à l'hôtel aujourd'luii.

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