‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 503 sur 547 · Le ^M-and couvert avail lieu tous les dinianclies · texte numérisé non relu

Le ^M-and couvert avail lieu tous les dinianclies

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>\\ïe par des voliges jointives ; on s'entend comme si tout n'était qu'une chambre. Le voisin était celte voix. Il s'aperçut bientôt qu'il avait réveillé quelqu'un. 11 sort avec sa lumière, et du ton le plus empressé cogne à ma porte, (juo jesuis obligé d'ouvrir en chemise.... « Uélas! Monsieur, nitdit ce voisin, vous m'avez donc entendu? — (jui diable lu» TOUS entendrait pas, Monsieur? — Ah! Monsieur, que vous me faites de plaisir; je vous ai réveillé, je vous demande excuse : mais, avant de crier après moi, daignez m'entendre. — Eh! Monsieur, qu'avez-vous? que vous est-il arrivé?Je n'ai pas l'honneur de vous connaître.... (Je croyais que cet homme était fou.) — Monsieur, je viens d'acquérir cette semaine une charge chex le roi. Je suis commensal'. Mon cousin l'officier acheté la charge de grand-queux, mon neveu celle de hâteur', et on nous en offre une de tournebrochier. Mais, Monsieur, je sens bien que c'est moi qui ai la plus délicate de la famille, la plus difficile à exercer. Klle ne dépend pas seulement de ma bonne volonté, j'y ferai de mon mieux; mais songex donc, si l'on ne répond pas, si Ton n'apporte pas à boire an roi, que puis-je faire? ia n'ai pas par ma charge le droit d'apporter à boire*. C'est le gobelet-vin* qui remplit celle honorable fonction.... Il est

1. II y avait.dilM.Tainei/tnctVn i£t'^iintf,p.l'23cl,sijivanles).383olficiersUe bouclie cJans la maison du roi sous Louis XVI, « Lisez dans I Alrnanach les litiges des oKices, cl vous verrez <e développer devant • 'Misimcleicde Garjaiilua.lasolcnleliiérarchiedes cuisines, grands ciors de la bouche, mailres lolel, conlrôle^rs, contrôlcursves.coniinis, gentils-hommes paiiuliers, échauson-^ et tranchants, écuyers et huissiers de cuisine, chefs, aides et mailres-qiieux, entants de cuisine et galbpms ordinaires, coureurs de vins et hàteurs de rôts, potagers, verduricrs, lavandiers , pâtissiers , serdeauz ,

porte-tables, gar<les-vai*sclle, «onimier des hrocjies, maître d'hôtel de In table du premier maître d'Iiô»

tel, toute uno proc«»««ioii de dnj ampleseltsai".:

jCStlICUX Ot frl

rieuses, qui, il

autour des hnllcis, ollicienl av«c

ordre et conviction. •

i. Hàieur de rôt. — Le gratta' queux de France commindait s tous les oniciers de la cuisine.

5. II Tant quatre personne», à\\ M. Taiiie, pour servir, au roi un verre d'eau et de vin. •

i. Le service du gobelet comprenait le pain le vin, le fruit e* le linge pour la bouche du roi.

O'^i LETTRES DU DIX-HUmEMB SIÈCLE.

Trai que le gobelet-vin ne peut se mouvoir que sur l'ordre que je lui en donne.... J'ai bien l'action, je commande par mes provisions ^ ; mais le gobelet-vin a le pouvoir négatif. Il ne peut pas remuer, et la puissance active ne réside pas en ma personne. Si l'on ne m'obéit pas, si l'on ne m'entend pas, si l'on feint de ne m'a voir pas entendu, il faut que je, vende ma charge; ma légitime* y est, je n'ai que cela pour vivre, je ne puis la vendre qu'à perte; j'ai donné un pot-de-vin qui sera perdu; me voilà ruiné, et ce qui est bien pis, déshonoré aux yeux de ma famille. Je n'aurai pas ou le talent de remplir mes fonctions, tandis que mon parent le hâteur, mon cousin le grand-queux, exercent depuis quinze jours les leurs à la satisfaction de tout le monde, i'ai été tantôt au grand couvert; j'ai bien étudié le son de voix de mon vendeur, voilà mon diapason. J'ai bien le ton; mais j'entre dimanche, et croyez-vous, Monsieur, que d'ici-là je puisse apprendre, saisir, réussir, faire ce qu'il faut.... A boire au roi; c'est-il bien? Vous allez peutêtre souvent. Monsieur, au grand couvert faire votre cour ; ah ! daignez me le dire : A boire au roi; c'est-il assez haut?... » Enfin, vois-tu? cet homme se désespérait, s'égosillait, s'enrouait, était hors de lui-même. Je le calmai avec beaucoup de peine; je cherchai à lui expliquer que ces charges tenaient beaucoup plutôt à l'étiquette qu'à la nécessité inirinsèque de leur exercice; que des ministres avides ou embarrassés avaient imaginé dans des temps rliflîciles tous ces petits moyens pourse procurer de modiques ressonrces, et ([uon avait travaillé en finance jusqu'à létiquette ridicule (les cours; qu'il pouvait dormir tranquille, parce qu'à sa voix ou sans voix, le service du gobelet-pain ou du gobeletvin se ferait avec ou sans la concurrence' du commensalr rieur- juré-à boire au roi. « Comment, Monsieur, me répondit cet homme, vous croyez que cela se peut comme

1 i.es proi'txiùnH ôloienl Tordre royal !iulc<ri«iatil l'oClifiUMir d'un ol'llce à cii prCiidfe possession

i. La légitime est la portion

d'héritage qui revient dp droit à cfin/^ue onCaiil, «t que If» pareiiU ne |)0uvoiu. diminuer à leur gré.

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