‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 507 sur 547 · PRÉVISIONS ET IDÉES POLITIQUES · texte numérisé non relu

PRÉVISIONS ET IDÉES POLITIQUES

A MoHsiEt'B Lkvradlt*.

16 août 1788.

Il n'est plus possible de douter que les États généraui u ront lieu : qui paierait le 1" mai 1 789, je tous le demande

1. Il la tenait du marquis, qui so TiHontiaissait plus d'imagiuatioii que (le jugement.

2. Par une ciraiige faute de goût, Jîirabeau terminait celle lettre pathétique par un sonnet italien. Le marquis se contenta pour toute ré-

ponse d'un sec accusé de réropuoa adressé à H. Lenoir qui lui ava:t tiansmis la lettre.

5. I.a réunion des K(.-ils avait été promise par une diVlaialion du roi, du 18 décembre 1787. Mirib-au.qni songeait à se faire élire député,

U est arrivé au gouvernement ce que je lui ai tant prédit*: Si vous ne let voulez pas à pied, ils viendront à cheval; en essayant de les reculer, jls en ont hâté l'époque, jusqu'à la précipitation, et certes, on s'en apercevra. Que feront-ils? Certainement beaucoup de sottises ; mais qu'importe ? les nations ont, comme les enfans, leurs tranchées, leun maux de dents, leurs vagissemens ; elles se forment de même.

Les premiers États généraux seront tumultuaires, ils iront trop loin peut-être; les seconds assureront leur marche; les troisièmes achèveront la constitution. Ne nous défendons pas du besoin d'en créer une tout entière ; que tout soit juste aujourd'hui, tout sera légal demain. Surtout gardons-nous de l'érudition, dédaignons ce qui s'est faitv cherchons ce qu'il faut faire*, et n'entreprenons pas trop. Le consentement national à l'impôt et aux emprunts, la liberté civile, les assemblées périodiques : voilà les trois points capitaux qui doivent reposer sur une déclaratior précise des droits nationaux; le reste viendra assez.

Quant à mes vues particulières, je vous le dirai nettement; guerre aux privilégiés et aux privilèges, voilà ma devise. Les privilèges sont utiles contre les rois; mais ils sont détestables contre les nations, et jamais la nôtre n'aura d'esprit public, tant qu'elle n'en sera pas délivrée ; voilà pourquoi nous devons rester, et pourquoi je serai personnellement, moi, très monarchique. Eh! de bonne foi, que serait une république composée de toutes les aristocraties qui nous rongent? le foyer de la plus active tyrannie.

Vous r apprendre! assez par la guerre intestine qui dévorera les États généraux, surtout si le gouvernement s'obstine à ne pas les vouloir nombreux. Huit cents per>

av.'iit reçu d'Alsace quelques propositions. M. Lovrault était libraire à Strasbourg.

1. Mirabeau avait i)ris une jtart active aux discussioiis politiques qui précédèrent la réuuiou des

Etals généraux. Il avait vivement combattu Nccker.

2. Funeste théorie, qui renonce à tenir compte du passé d'un peuple et de?- leçons de l'iiistoirc. On eu a vu depuis les couséqueuce».

mes) et au-dessous de ce nombre, il n'y a point de représentation suffisante de la nation française) se mènent plus aisément que trois cents; cinq ou six personnes détermineront toujours le troupeau quelque gros qu'il soit. S'il est petil, des rixes particulières auront plus d'iniluence; si nombreux, ce sera le talent» ; et sans corrompre (ceux que l'on peutcorrom|)re ne valent jamais d'être corrompus), le gouvernement peut et doit s'assurer ces cinq on -i\ hommes.

C'est une vue très profonde et très saine, que la dilVériiice caractéristique de la révolution qui se préj)are et de celles qui l'ont précédée. Je suis entièrement de votre opinion.*... Ce serait reculer l)arbarenient notre A;,'e que de recourir à des révolutions violentes; l'instruction, gr.lce à '* inprimerie, suffit pour opérer toutes celles que se doit

-pèce humaine*; et, de cette manière seule, les nations perdront rion de leurs acquisitions.

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