‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 524 sur 547 · SCÈNES RÉVOLUTIONNAIRES · texte numérisé non relu

SCÈNES RÉVOLUTIONNAIRES

A Bancal, a Glkrmont.

24 juin 1791, de Paris.

... Hier, dans tous les groupes du Palais-Royal» et de la ville régnaient un même esprit et un même langage; profond mépris pour la personne du roi, embarras de son retour, dont on est bien aise p.irce qu'il rompt les mesures d'un traître et semble éloigner la guerre qui allait commencer, mais qui dérange les idées républicaines auxquelles on commençait à se livrer; désir de se passer du roi, peu de vnes sur la manière d'y parvenir; mélange de confiance dans l'Assemblée, d'attente que ses mesures seront excessivement modérées; sorte de résignation d'y souscrire, qui décèle le défaut des lumières, car l'énergie ne manque point, mais l'espoir des moyens d'arriver au but.

Dans l'après-midi, une foule de députations et des délacheniens de bataillons', tous les tribunaux, etc., ont été folennellernent à l'Assemblée prêter le nouveau serment de lidélilé à la Nation et à la Loi seulement; mais ce qui a été bien plus frappant, tout le faubourg Saint-Antoine* s'y est porté, au nombre de je ne sais combien de mille âmes; les hommes armés de piques, de bâtons, les femmes avec un air de fête, tous délilant en bon ordre rangés sur six de front, et occupant ainsi depuis la rue du faubourg jusqu'aux Tuileries, la musique nationale à leur tète; entrés dans l'Assemblée, par parties, ils y ont tous juré à leur manière, d'être fidèles à la nation; ils y ont crié : a Vive la loi! Vive la liberté!... Vivent les bons députés! que les autres prennent garde à eux !... Et la musique de jouer Ça ira, et les gens (In chanter le refrain, en envoyant au diable le roi et les aiislocrates.

1. I.c roi cl ^:i famille qui avaient socrélcniHiil quitté Paris dans la nuit venaient d'être arrrèté» à VarciiLos.

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