‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 526 sur 547 · UNE SEANCE DES JACOBINS · texte numérisé non relu

UNE SEANCE DES JACOBINS

Ad même.

H juillet 1 iyi, ue l'.iris.

On vit ici dix ans en vingt-quatre heures; les événement et les affections s'entremêlent et se succèdent avec une singulière rapidité; jamais d'aussi grands intérêts n'avaient occupé les esprits, on s'élève à leur hauteur, l'opinion s'éclaire et se forme au milieu des orages, et prépare enfin le règne de la justice. Les comités, résolus, comme je crois vous l'avoir marqué, de mettre le Roi hort de cause dans l'examen du fait de son évasion, et ne cherchant que le moment de faire adopter cette résolution à l'Assamblée, Crès disposée à l'accueillir, avaient encore lâché hier, aux Jacobins, le vieux royaliste Préfeln, chez qui l'opiniâtreté de préjugés invétérés, jointe à un caractère naturellement

i . Pliilippe-É^'nlilé. — l.e rhi(> édition, fondé à Versaillps <•» 17S«», fui cDsiiiic transféré à Paris, cl deviiil la ^tcie'tc des amis de la Constitution; mais on prii l'habitude de l'appeler club des Jacobins, parce que ses membres se réunissaient dans l'aucion coûtent des Jacoi)ins, rue Sainlflonoré. L'opinion la plus avancée y régnait, A la nouvelle de la fuite du roi, un grand enthousiasme

avait d'abord soulevé lêiTXiroInns :

. On y --■'■ ' " —

Iranspoi i

terre, éj"

ment de vivre Ulii-e ou d-i lu.'unr. •

(M**RolondhL'emljarnis commença

après i'.'n ! • - ' roi.

». Roi -'i)«, ami de

Brissotrt . tut secrétaire

du ministre de U Ju&Uce après le 10 août, et député de la Couveiition.

LETTRES nu DIX-HUITIÈMB SIÈCLE.

énergique, produisent une constance et une fermeté qui aéraient héroïques, si elles étaient employées pour la bonne cause. Il a tenu la tribune si longtemps qu'on a cru voir avec indignation le dessein de faire perdre la séance en tumulte, et d'ôter aux autres orateurs le moyen de parler. Entin, Brissot* a paru; Brissot que des jaloux etTaustérité de ses principes n'ont fait écouter quelquefois qu'avec défaveur aux Jacobins, où d'ailleurs il va rarement; Brissot a entrepris de prouver les vices de la doctrine des royalistes sur l'inviolabilité', mais après avoir établi préliminairement que les patriotes monarchistes et républicains ne diP feraient point au fond, que tous voulaient également la constitution, dont les bases sont républicaines et les formes représentatives; il a fait voir ensuite que même en admettant V inviolabilité, telle qu'elle est décrétée, elle n'est point applicable dans ce cas-ci ; il s'est appuyé de l'exemple des Anglais que nos adversaires avaient voulu citer, et il a bien orouvé que le Roi pouvait être juge. La seconde partie de son discours a été employée à établir qu'il devait l'être; il a passé en revue toute l'Europe pour démontrer que la crainte des puissances étrangères ne devait point nous arrêter dans ce que la justice et la raison exigeaient de nous à cet égard. D a traité ces grandes questions avec tous les moyens du savoir et d'un grand talent, avec toute la force de la raison, l'empire du sentiment, l'autorité de la vertu ; ce n'était plus un simple orateur, c'était un homme libre, défendant la cause du genre humain avec la majesté, la noblesse et la supériorité du génie même delà Liberté. Il a convaincu les esprits, électrisé les âmes, commandé ce qu'il a voulu ; ce n'étaient pas des applaudissemens, c'étaient des cris, des transports; trois fois l'Assemblée eu-

1. Bnsbol de WarviUe(!75i-1793), disfiplf» (le J.J. Floiissrau, so lit nieliTRàln HasUlle p<jur lu hanlies-se de st's opinions, visiU l'Ani^leterre el l'Améhqne, et l'ut nommé en 1789 membre de la Commune;

il sir;;.-n à l'Asscinhlt'e lenislalive et à la Convention. Il lit une jjuerre achanu-c à la Montagne.

2. Ce lut lui qui rcdi}jon au Clwmp de M»r8 la pétition pour la décUiauue du roi.

■ADiVE BOLAJTB. f?1

^- s'est levée tout entière, les bm étendiif, let d»-

• n l'^ir. dans un enthoosiâfiDe umpriinafalê. Périsse

ie a resseatk oo partagé ces ^ods moa

l>ourraît encore repreodre des fers! Xai^

baiiiaii être. On a arrêté que le discours serajl bu-

du nota de la Société, àet eaeatfUum eaioyés â

r5 membres de rAssfriiiée natÛMialo, à ioutcs les

is de Paris, â tons les bataillons, â toas les àéfu^

rnens et aux sociétés affiliées : on avait ajouté â Umles

s municipajités de l'empire; la longueur du tirage a em-

ché, ou plutôt une petite tourbe s*est sertie de ce pré-

xte pour circonscrire, s'il lui était possible, un succès

il fait son désespoir et qui n'a pas d'eiemple.

I>es comités sont déconcertéf. 8î TAisemblée eorrompoe

! ave cette opinion, elle se perd eBe-méme; ee qm, isolé-

iiit, ne serait pas un grand mal, puisqu'elle se vaut plus

ii: mais ce qui nous jetterait infaillibieroeot dans des

lAtti. Je me suis bâtée de vous esquisser ce

la raison dont j'espère d'benreni cfliBlfl. Aujoui^

liin xiouh sommes occupés de celai de Voltaire* : puisse

.ne nation sensible, babituée maiotentiit à de sublimes

élans, éviter tous les pièges qui pourraient la faire retomber

dan^ ! • néant de l'esclavage! — Enfin, j'ai vu le feu de la

mer dans mon pays; il oe saurait s'éteindre;

événemens l'ont alimenté, les lumières de la

rit unies â l'inslinct du sentimest pour l'entre-

:;:mpnter; il faudra bien qu'il dévore Jusquaus

htes du despotisme et qu'il fasse crouler tous les trônes.

unirai de vivre quand il plaira â la nature, mon dernier

iffle sera encore le souille de la joie et de l'espéraoce

^■jiir les générations qui vont nousi

Oit ««=' Mol;j!i<l. n.'jntiM un

< iuut« qui tetulAt i-t' 'Ire la ruin* euUère &e i:

rt^ue de «■'.'

iOtérèt à celU fêle noble «t tou- ' reaàu» à la flrie.

t>7'-i LETTRES DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE.

— L'INVASION ET LES MASSACRES DE SEPTEMBRE ' Ad même.

% septembre, au iv (179iJ) [île l'ynsj.

Je vous ai écrit à Clerinont* avant de savoir que vous fussiez passé à Riom. Je vous disais que plus de 80 mille Prussiens sont entrés en France et que Longwy leur avait été indignement livré. Ils s'avancent à grands pas, Verdun est investi et ne peut tenir longtemps ; leur projet est d'avancer sur Paris, et ils peuvent l'exécuter. Je ne vous parlerai pas de toutes les mesures que nous prenons; mais nous avons beau ne pas dormir et déployer une activité plus qu'humaine, il est impossible de réparer en peu d'heures l'ellet de quatre années de trahison. Les ennemis ont l'avance sur nous, et nous ne pouvons nous sauver que par une sorte de miracle qu'il faut espérer pour le favoriser. Envoyez-nous des hommes tout armés, comme il en sortit autrefois de la terre, et faites-les courir à grands pas. Ce qui désespère, c'est la lâcheté des municipalités; Clermont (en Argonne) vient encore d'en donner un exemple qui anéantit. Ce qui entrave tout, c'est notre folle Commune; elle lutte avec le Corps législatif, elle dérange toutes les combinaisons du pouvoir exécutif; si cela continue, nous ne pouvons manquer de Unir bientôt et ce sera peutêtre par le peuple de Paris, plutôt encore que par les Prussiens.

Au moment où je vous parle, le carign d'alarme est tiré, la générale est battue, le tocsin a sonné; chacun a couru dans sa section; quels sont les ordres? l'ersonne n'en a donné. Mais, la (.'ommune a dit qu'il fallait se rassembler ce soir au Ghamp-de-Mars, et (luooO mille hommes devaient sortir demain de Paris, sans réfléchir qu'on ne peut seule-

1. M™* lîolaiid boiiill.'iil d'im)i:i- iii(|irisc la iikmi; iiiai.s j<; !-iiis cii

lieiice. « Jo iic ciiiiiis point les tîiih'r, (|UuikI on iiu inarclic pas

ejiiienii», écril-clle, parce que j'ai vile, IVrtiic, et ([non ne Iruppe

t'ait mou calcul ïur lu vie et que je punit juste et luil. •

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