I. A PROPOS D'HÉRACLIUS
A Monsieur le duc de Richelieu.
Paris, avril 1735.
J'ai été à Aben-Saïd*. La folie du parterre pour cette pièce ne peut être comparée qu'à celle du parterre de l'Opéra pour Mlle Le Breton. Pour moi, je crois que c'est une charité du public pour l'auteur, cela va faire éclore toutes les mauvaises pièces qui n'osaient se montrer au grand jour; je suis fâchée de vous dire qu'il y a beaucoup d'incidens, mais presque autant d'intérê.ts différens. Assurément Héraclius n'est point dans ce goût-là. Je n'ai jamais trouvé Corneille si sublime; il a étonné mon âme : le sentiment de l'admiration est si rarement excité qu'il me semble que c'est un de ceux qui me fait le plus grand plaisir*. Je ne
1. Méchante tragédie de l'ahbé Leblanc, l'auteur des Lettres sur les Anglais.