‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 156 sur 558 · VAnti'Machiavel, qui fut imprimé cette même année · texte numérisé non relu

VAnti'Machiavel, qui fut imprimé cette même année

L Lettres de ÈI»^« de Graffigiiy, etc., publiées par Eug. Asse.

(Charpentier, iD-12 1879).

lit les Lettres d'une Péruvienne et Cénie : elle touchait au port. La chute de la Fille d'Aristide fut pour elle un coup mortel.

Écrivain sensible et médiocre, Mme de Graftigny ne nous intéresse que parce qu'elle s'arrêta quelque temps à Cirey en 1758 et 1759, lorsqu'elle se rendait à Paris. Elle n'a pas d'esprit; elle est bavarde, et vulgaire, et a potinière » ; c'est ce qu'on appelait en ce temps-là une caillette.

Ses lettres de Cirey -sont celles qu'écrirait une femme de chambre qui conterait tout ce qui se passe chez ses maîtres. C'est par là qu'elles sont curieuses. Elle nous font pénétrer dans l'intimité de Voltaire, et nous le font voir en déshabillé, dans la vie fiévreuse de Cirey, passant d'une tragédie, au Siècle de Louis XIV et du Siècle à des expériences physiques, jouant la comédie avec fureur, causeur étincelant, le plus aimable et le plus irritable des hommes, tout pétri d'amour-propre, capricieux et boudeur comme un enfant, malade imaginaire, démentant enfin tous les jugements par les continuelles métamorphoses de sa nature complexe et mobile.

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