‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 198 sur 558 · Avocats généraux au Parlement de Paris · texte numérisé non relu

Avocats généraux au Parlement de Paris

7. C'est faux. Palissot eut l'adresse de mettre toujours Voltaire à part et de le combler d'éloges en toute occasion. Voltaire, qui n'était pas

à craindre, à venger l'honneur des gens de lettres outragfes. Vous en avez un moyen bien sûr et bien facile; c'est de retirer des mains des comédiens votre pièce qu'on répète actuellement % et de leur déclarer que vous ne voulez pas être joué sur le théâtre où l'on vient de mettre de pareilles infamies. Tous les gens de lettres vous en sauront gré, et vous regarderont comme leur digne chef. Si vous daignez m'en croire, vous suivrez ee conseil. Je suis sur les heux, et mieux à portée que vous de juger de l'effet que cette démarche produira.

J'ignore absolument quel sera le sort de V Encyclopédie-. J'ai donné presque entièrement aux libraires ma partie mathématique, à l'exception des deux dernières lettres; du reste, je ne me mêle et ne me mêlerai de rien. On grave actuellement les planches qu'apparemment la Sorbonne et le parlement ne condamneront pas, et dont on aura un volume celte année.

Voilà, mon cher philosophe, le triste état de la philosophie, que milord Shaftesbury^ appellerait bien aujourd'hui poor lady. Vous voyez combien elle est malade; elle n'a de recours qu'en vous; elle attend avec impatience et avec confiance ce que vous voudrez bien faire >our elle. Je vous embrasse de tout mon cœur.

Page 1