‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 210 sur 558 · CHEZ MADAME D'EPINAY · texte numérisé non relu

CHEZ MADAME D'EPINAY

 Màbejioisellb Yolland.

15 septembre 1760.

C'était hier la fête de la Chevrette*. Je crains la cohue. J'avais résolu d'aller à Paris passer la journée ; mais M. Grimm et Mme d'Épinay m'arrêtèrent. Lorsque je vois les yeux de mes amis se couvrir et leurs visages s'allonger, il n'y a répugnance qui tienne et l'on fait de moi ce qu'on veut.

Dès le samedi au soir, les marchands forains s'étaient établis dans l'avenue, sous de grandes toiles tendues d'arbre en arbre. Le matin, les habitans des environs s'y étaient rassemblés; on entendait des violons; l'après-midi on jouait, on buvait, on chantait, on dansait, c'était une foule mêlée déjeunes paysannes proprement accoutrées, et de grandes dames de la ville avec du rouge et des mouches, la canne de roseau à la main, le chapeau de paille sur la tête et l'écuyer sous le bras. Sur les dix heures les hommes du château étaient montés en calèche, et s'en étaient allés dans la plaine. A midi M. de Villeneuve' arriva.

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