DES HOMMES
A Monsieur ue Voltaire*.
Paris, le 10 septembre 1755.
C'est à moi, monsieur, de vous remercier à tous égards. En vous offrant l'ébauche de mes tristes rêveries, je n'ai point cru vous l'aire un présent digne de vous, mais m'acquitter d'un devoir et vous rendre un hommage que nous vous devons tous comme à notre chef. Sensible, d'ailleurs, à l'honneur que vous laites à ma patrie *, je partage la reconnaissance de mes concitoyens, et j'espère qu'elle ne fera qu'augmenter encore, lorsqu'ils auront profité des instructions que vous pouvez leur donner. Embellissez l'asile que vous avez choisi; éclairez un peuple digne de vos leçons, et vous qui savez si bien peindre les vertus et la liberté, apprenez-nous à les chérir dans nos murs comme dans vos écrits. Tout ce qui vous approche doit apprendre de vous le chemin de la gloire.
1. Voyez la lettre de Voltaire à laquelle celle-ci répond, p. 152. A cet échange de politesse, à cette courtoisie dans la discussion suceécU plus tard une inimitié déclarée
qui se traduisit des deux C(ïlés en violentes attaques.