Cr. p. 403, n. 3. jeunesse qu'il évoque, et la i)ein
3. « Un paysage, disait Amiel, liiic des mœurs deccitc population est UQ état d'âme. digne de l'âge d'or.
de vingt ans, je les trouve beaucoup vieillis. On regrette le bon temps d'autrefois; je crois bien : nous attribuons aux choses tout le changement qui s'est fait en nous ; et lorsque le plaisir nous quitte, nous croyons qu'il n'est plus nulle part. D'autres voient les choses comme nous les avons vues, et les verront comme nous les voyons aujourd'hui. Mais ce sont des descriptions que vous me demandez, non des réflexions, et les miennes m'entraînent comme un vieux enfant qui regrette encore ses anciens jeux. Les diverses impressions que ce pays a faites sur moi à dilférens âges me font conclure que nos relations se rapportent toujours plus à nous qu'aux choses, et que, comme nous décrivons bien plus ce que nous sentons que ce qui est, il faudrait savoir comment était afl'ecté l'auteur d'un voyage eu l'écrivant, pour juger de combien ses peintures sont audeçà ou au-delà du vrai. Sur ce principe, ne vous étonnez j/as de voir devenir aride et froid, sous ma plume, un pajs jadis si verdoyant, si riant, à mon gré. Vous sentirez trop sèment dans ma lettre en quel temps de ma vie et en quelle saison de l'année elle a été écrite.