Ce n'est pas ce qu'i' avait fait à l'Ermitage
lupleest utile aux hommes, je puis leur faire encore ce bien-là; mais c'est le seul, et je suis bien déterminé à ne vivre plus que pour moi et pour mes amis, en très petit nbre, mais éprouvés, et qui me suffisent : encore auis-je pu m'en passer, quoique ayant un cœur aimant et ti'iidre, pour qui des attachemens sont de vrais besoins; Miiis ces besoins m'ont souvent coûté si cher, que j'ai appris uie suffire à moi-même, et je me suis conservé l'âme -ez saine pour le pouvoir. Jamais sentiment haineux, vieux, vindicatif, n'approcha de mon cœur. Le souvenir e mes amis donne à ma rêverie un charme que le souvenir de mes ennemis ne trouble point. Je suis tout entier ini je suis, et point où sont ceux qui me persécutent. Leur haine, quand elle n'agit pas, ne trouble qu'eux, et je la leur laisse pour toute vengeance. Je ne suis pas parfaitement lioureux, parce qu'il n'y a rien de parfait ici-bas, surtout le Ihiiiheur; mais j'en suis aussi près que je puisse l'être dans 1 . t exil. Peu de chose de plus comblerait mes vœux; moins
• le maux corporels, un climat plus doux, un ciel plus pur, 1111 air plus serein, surtout des cœurs plus ouverts, où, (jiiand le mien s'épanche, il sentît que c'est dans un autre. J ai ce bonheur en ce moment, et vous voyez que j'en protile : mais je ne l'ai pas tout à fait impunément; votre lettre me laissera des souvenirs qui ne s'effaceront pas, et qui me rendront parfois moins tranquille. Je n'aime pas les ]iays arides, et la Provence* m'attire peu; mais cette terre <i 1 Angoumois, qui n'est pas encore en rapport, et où l'on peut
• trouver quelquefois la nature, me donnera souvent des ^lets qui ne seront pas tous pour elle. Bonjour, monsieur
I marquis. Je hais les formules, et je vous prie de m'en ilispenser. Je vous salue très humblement et de tout mou co-'ur.