‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 299 sur 558 · De Fielding (1707-1754). C« roman parut eu · texte numérisé non relu

De Fielding (1707-1754). C« roman parut eu

^ malgré toutes les fautes qu'ils lui font commettre, n'est-il pas estimable et aimable autant qu'on peut l'être? Enfin, quoi qu'il en soit, depuis vos romans, il m'est impossible d'en lire aucun des nôtres. A l'égard de notre théâtre, je ne m'éloigne pas de votre façon de penser; mais Athalie me paraît une très-belle pièce, et je trouve de grandes beautés dans Andromaque; le style de Racine a une élégance charmante, mais qui peut-être n'est sentie que par nous. 11 y a (les beautés dans Corneille qui ressemblent beaucoup (à ce que j'imagine) à plusieurs traits de votre Shakspeare. Il ne me faut pas des choses aussi fortes qu'à vous : le choc des grandes passions me causerait sans doute beaucoup d'émo tion, mais cela n'est pas nécessaire pour m'intéresser. Le jeu... (ce n'est point le mot propre, je n'en puis trouver d'autre) des intérêts, des goûts et des sentimens ordinaires, quand ils sont bien nuancés comme dans Richardson*, suffit pour m'occuper et me plaire infiniment. Voilà ce que j'ai pu débrouiller sur ce que je pense; vous n'en serez pas satisfait; mais songez à mon âge et à la faiblesse de mon génie.

A Madame la dcchesse de Cuoiseoi.

Paris, ce mardi 29 juillet ITGG.

Il est impossible d'être plus d'accord avec vous que je ne le suis sur les jugemens que vous portez sur Jean-Jacques*; son esprit est faux; l'éloquence qu'on ne peut lui refuser est fatigante, et lait sur l'esprit l'efTel qu'une musicjup pN'iiip de dissonances ferait sur les oreilles. C'est un Cornus»; il vous présente la vertu, vous croyez la tenir, vous la suivez

1. L'auteur de Clarisse Ilar- \ 3. M. H. Chantafoine me sui^.

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