‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 321 sur 558 · Cf. plus loin, p · texte numérisé non relu

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en belle dame, cela lui a paru ridicule à envoyer. Il faut que je fasse un petit conte à Votre Majesté. Nous avions un libertin, bel esprit, nommé Desbarreaux*, qui, par parenthèse, a fait un beau sonnet quand il fut converti. Avant de l'être, il imagina de manger une omelette au lard un vendredi saint avec des libertins de ses amis. Pendant qu'ils mangeaient l'omelette, il survint un orage et un grand coup de tonnerre. Desbarreaux fut abasourdi; il ouvrit la fenêtre, et, en jetant l'omelette, il dit : Voilà bien du bruit pour une omelette au lard ! Or cela est devenu un proverbe chez nous. Et quand une chose ne répond pas à une chose, on dit : Voilà bien du bruit pour une omelette au lard ! Quand on verrait mon grand et beau portrait à votre cour, y tenant beaucoup de place, on dirait : Voilà bien du bruit pour une omelette au lard! Et je serais Vomelelte au lard. Nous avons encore un proverbe qui dit : Qu'il vaut mieux se dédire que de se détruire. Je me dédis donc, je ne peux pas me résoudre à me donner un aussi grand ridicule

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