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LETTIIES DU DIX-HUITIËME SIÈCLE.
leur vie; en un mot, que la vue d'un monument considérable peut inspirer à un jeune homme le profond respect, l'admiration et le désir de ressembler à celui qu'il représente. Votre Majesté sait l'effet que fit à César la vue de la statue d'Alexandre. Mais quand on verra la statue de Voltaire, elle donnera envie de relire ses ouvrages, mais non pas d'en faire; elle n'en inspirera pas même le regret*. Cette statue ne peut pas être placée à l'Académie française, ce serait une offense pour ses prédécesseurs, ses contemporams, et ses successeurs; il en serait de môme, pour la Comédie française ; on ne la mettra pas sur le Pont-Neuf, à côté de Henri IV, ni dans une place publique; on ne sait donc pas où on la mettra, mais comme cela ne sera pas fait de longtemps, on aura le temps d'y penser.
STANISL\S-AUGUSTE PONMOWSKI'
Les lettres du roi de Fologne sont, à tous égards, plus intéres" santess que celles de Mme Geoflrin. Elles sont fort bien écrites, d'un style simple, rapide et léger. Stanislas-Auguste mérite d'avoir place parmi les étrangers qui ont le mieux parlé notre langue : il a l'esprit tout français.
Et puis ces lettres le relèvent, ce pauvre roi, pour qui l'histoire a été souvent bien sévère. C'était un charmant cavalier que ce ^eune seigneur polonais, qui arrivait en France à vingt et un ans; il avait toutes les grâces de la figure et de l'esprit, infiniment d'élégance, de savoir et de goût, et parfois certaines échappées originales où la vivacité slave reparaissait à travers la politcssse française. Tout le monde <"ut séduit, et surtout Mme Geoffrin.
Quand Catherine le fit élire au trône de Pologne en 17G4, elle croyait trouver un instrument docile dans cet ancien ami, sur qui elle avait gardé un si fort ascendant, dans cet aimable homme, à