APRES UNE DEFAITE
Au MÉHE.
Après la bataille de Kollin, 18 juin 1757
Les grenadiers impériaux sont une troupe admirable, ils défendaient une hauteur que ma meilleure infanterie n'a jamais pu emporter. Ferdinand' a atta(jué sept fois, mais inutilement. A la première, il s'est emparé d'une batterie qu'il n'a pu garder. Les ennemis avaient l'avantage d'une artillerie nombreuse et bien servie; elle fait honneur h Lichtenstein, qui en est directeur. La Prusse seule peut le lui disputer. J'avais trop peu d'infanterie. Toute ma cavalerie était présente, et a été oisive, à un coup de collier près, que j'ai donné avec mes gendarmes et quelques dragons. Ferdinand attaquait sans poudre, mais en revanche les ennemis n'ont pas épargné la leur. Ils avaient pour eux les hauteurs, des retranchemens et une artillerie prodigieuse. Plusieurs de mes régimens ont été fusillés. Henri a fait des merveilles'. Je tremble pour mes dignes frères; ils sont trop braves. La fortune m'a tourné le dos. Je devais m'y attendre; elle est femme, et je ne suis pas galant. Je devais prendre plus d'infanterie; vingt-trois bataillons ne suflisaient pas pour déloger soixante mille hommes d'un poste avantageux. Les succès, mon cher lord, donnent souvent une confiance nuisible; nous ferons mieux une autre fois. Que dites-vous de cette hgue qui n'a pour objet que le marquis de Brandebourg? Le Grand Électeur serait
1. Voici vraiment la lettre d'un grand homme. Frédéric qui assiépeait le prince Charles de Lorraine dans Prague alla avec trente mille nommes au-devant du maréchal Daun qui venait au secours de la
ville. Il fut vaincu, perdit la moitié de son armée et dut lever le siège.