Ce jugement sur le soldai français est à noter
que je puis, el tâche de ne rien donner de capital au hasard ».
Malgré cela, notre position est étabhe sur des principes solides. La prise de Namur nous fournit les moyens de porter la guerre au sein de la Hollande*, la campagne prochaine ; et si nous avions un échec, à quoi il faut toujours s'attendre, il ne serait pas d'une conséquence bien grande. La première place arrêtefrait assez nos ennemis pour nous donner le temps de nous reconnaître ; car vraisemblablement nous les défendrions un peu mieux qu'ils ne font ; et il faut qu'ils en prennent plusieurs avant de nous ramener d'où nous sommes partis; cela pourrait bien enfin les ennuyer. Votre Majesté trouvera peu de brillant dans cette méthode de faire la guerre, et je ne l'adopte pas dans tous les cas. La campagne prochaine me fournira peut-être les moyens d'assiéger encore une place ou deux pour assurer nos derrières, nos subsistances, nos convois ; et puis je crois qu'il sera à propos d'opérer par incursion. Pardonnez, Sire, si j'ose hasarder mes opinions devant un juge aussi éclairé que l'est Votre Majesté. J'en connais tout le danger ; mais vous avez ordonné, Sire, que je vous disse mes pensées et les raisons de ma conduite, que je soumets avec timidité à votre jugement.
1. Frédéric II loua ces idées du maréchal. Ses paroles sont remarquables : « Dans les premiers bouillons de la jeunesse, lorsqu'on ne suit que la vivacité d'une imagination qui n'est pas réglée par l'expérience, on sacrifie tout aux actions brillantes et aux choses singulières qui oat de l'éclat. A vingt ans, Boi-
leau estimait Voiture ; à trente an-, il lui préférait Horace. Dans les premières années que j'ai pris le commandement de mes troupes, j'étais pour les pointes, mais tant d'événemens que j'ai vus arriver, et auxquels j'ai eu part, m'en or.l désabusé. »