JEAN-BAPTISTE DE BOYER
Fils d'un procureur général du parlement d'Aix, il fut destiné à la magistrature. Mais il n'avait pas la gravité de caractère qui convient à cet état. On l'expédia à Constantinople à la suite d'un ambassadeur de France, pour le dépayser. 11 fut plus tard capitaine au répiment de Richelieu, mais sa santé l'obligea à quitter le service. En 1741, il vint à Berlin, son esprit aimable, son érudition vaste, son incrédulité hardie, qui ne l'empêchait pas d'être assez superstitieux, plurent au roi, qui le lit chambellan, directeur des belles-lettres dans son Académie, et pendant un moment directeur des spectacles à Berlin. D'Argens fut toujours de ces fameux soupers qu'a célébrés Voltaire. Il y eut entre le roi et lui une réelle et vive amitié, que manifeste l'active correspondance qu'ils entretinrent pendant b guerre de Sept Ans : pendant ces années d'elTorts et d'angoisses, D'Argens fut le plus intime confident de Frédéric. Cependant ils se brouillèrent enfin : D'Argens était souvent malade, le roi n'y voyait que de la paresse; il voulait l'avoir toujours auprès de lui pour tirer parti et jouir de son