‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 417 sur 558 · UNE AUDIENCE DE CATHERINE IM · texte numérisé non relu

UNE AUDIENCE DE CATHERINE IM

Au KÊME.

44 février 1791.

... Le cœur commençait à me battre, en songeant à l'importance de cette entrevue. M. de SoubofT^ ouvrit les portes de l'appartement où était l'impératrice, traversa cet appartement et disparut. L'impératrice, en négligé, s'inclina, s'assit sur un petit divan, et me fit signe de m'asseoir sur une chaise qui était placée à côté. Elle posa ma lettre ^ sur une table devant elle, et plaça ses lunettes dessus. Son air et son maintien étaient graves, et le devinrent toujours davantage. Ce n'était pas un entretien familier comme je l'aurais voulu, mais une conversation politique entre une grande souveraine et un apprenti ambassadeur. « Le roi, me dit-elle, se plaint et n'est pas content de moi. — Je demande pardon à Votre Majesté ; le roi ignore la démarche que j'ai faite : il n'y a que la confiance sans bornes. — Vous 9vez bien fait. Monsieur, je vous remercie. Je vous parlerai à cœur ouvert. Vingt-huit ans de règne n'ont pas laissé croire, je pense, que je manque à ma parole; je n'y manquerai jamais. (Sa Majesté mit à cela une expression rare.)

gardes, gagna la faveur de Catherine II, qui le fit prince et grand

1. Après la paix i>rovisoire de Verela (15 août 1790), qui mettait fin à la guerre entre la Russie et la Suède, Stedingk fut envoyé comme ambassadeur extraordinaire à Pétersbourg pour régler définitivement les frontières des deux États.

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