‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 476 sur 558 · Ce sens du mot n'est pasdonné dans Littré · texte numérisé non relu

Ce sens du mot n'est pasdonné dans Littré

nerais pas la préférence à cinq ou six mille étrangers qui m'ont appris les cinq ou six mille manières d'écrire une félicitât ion* un encouragement, un éloge et une offre d'amitié? Toi que je n'ai pas peur de perdre, je puis te négliger, et c'est ce que je fais bravement tous les courriers. Mais comment conserver tous mes nouveaux amisî Oualre secrétaires n'y sufliraient pas, sans compter l'ami Goëzman*, qui vient de régaler le public d'une longi.e requête dans laquelle non seulement il ne nie pas d'avoir fait un faux baptismal, mais il prétend en faire l'apologie. Cela me remet le cœur à la plume; car depuis quelque temps, me dorlotant sur mon blâme, j'avais même un peu laissé dormir le procès; j'avais même été jusqu'à refuser respectueusement du feu roi la réhabilitation de ton ami, en le suppliant de ne récompenser mes services que par la grâce de me permettre de solliciter sa justice dans une requête en cassation».

Les choses en étaient là quand le diable, qui berce ma vie, m'a enlevé mon protecteur et mon maître*. Revenu de toutes les fausses impressions qu'on lui avait données de moi, il m'avait promis justice et bienveillance : tout est fondu; et de sept cent quatre-vingts lieues faites en six semaines pour son service, il ne me reste que les jambes enflées et la bourse aplatie. Un autre s'en pendrait : mais comme cette ressource ne me manquera pas, je la garde pour la fin; et en attendant que je dise mon dernier mot là-dessus, je m'occupe à voir lequel, du diable ou de moi, mettra le plus d'obstination, lui à me faire choir, o( moi à me ramasser : c'est à quoi j'emploie ma tête carrée. Mais à ton tour, dis-moi, cœur pointu, ce que tu penserais de moi si, ayant mis dans cette tête de prouver à Louis XVI

1. Voyez les Mémoires de Beauman hais, sur celle affaire où Goezman conseiller au Parlement Maiipeou, l'accusait d'avoir tenté de le corrompre. Beaumarchais, /'/dm^ par arrêt du Parlemeul, élait allé aussitôt en Angleterre avec une mis-

sion secrète de Louis XV. Il s'agissait d'empêcher la publication d'un libelle injurieux de M" du Barry.

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