D'où partent les trains de bois noué et les bateaux
o. Chariot long et couvert, k tpiatre roues.
i. Où sa f«mm« était inntallé».
BEAUMARCHAÎS. 591
vais lit, où je dors comme une soupe, quatre chaises de pétille, une table de chêne, une grande cheminée sans parement ni tablette; mais je vois de ma fenêtre*, ert l'écrivant, toutes les varennes*, ou prairies du vallon que j'habite, remphes d'hommes robustes et basanés, qui coupent et voiturent du fourrage avec des attelées* de bœufs; une multitude de femmes et de filles, le râteau sur l'épaule ou dans la main, poussent dans l'air, en travaillant, des chants aigus que j'entends de ma table; à travers les arbres, dans le lointain, je vois le cours tortueux de l'Indre et un château antique, flanqué de tourelles, qui appartient à ma voisine, Mme de Roncée. Le tout est couronné des cimes chenues d'arbres qui se multiplient à perte de vue jusqu'à la crête des hauteurs qui nous environnent, de sorte qu'elles forment un grand encadrement sphérique à l'horizon qu'elles bornent de toutes parts. Ce tableau n'est pas sans charmes. Du bon gros pain, une nourriture plus que modeste, du vin exécrable composent mes repas. En vérité, si j'osais te souhaiter le mal de manquer de tout dans un pays perdu, je regretterais bien fort de ne pas t'avoir à mes côtés. Adieu, mon amie. Si tu trouves que mon détail puisse amuser nos bons parens et amis, je te laisse la maîtresse d'en faire lecture un soir entre vous; tu les embrasseras bien tous par là-dessus, et bonsoir, je vais me coucher. Et mon fils, mon fils! comment se porte-t-il? Je ris, quand je pense que je travaille pour lui.