Œuvres, Paris, 1811, in -8, t. IV
2. Palissot de Montenoy, l'auteur des Philosophes (cf. p. 236), homme
d'esprit, qui eut plusieurs intentions littéraires originales, et n'eut pas assez de génie pour les réaliser dans des chefs-d'œuvre.
ECOUCHARD-LEBRUN.
co:
froid, un critique injuste et dur; Racine, un poète fade et monotone; Molière, un comique en charge et fait pour le peuple: Biaise Pascal, un pieux radoteur; Rousseau*, un écrivain sans grâces, sans invention, sans génie; La Fontaine, un bonhomme sans finesse; et que le vieux Coi^ Ufille, assez bon pour son temps, sert tout au plus de marclitpied à l'illustre M. de Voltaire. S'il ajoute à cela que malgré la satire, Quinault fut un poète par excellence, Perrault un véritable homme de goût, digne d'être encyclopédiste; qu'Eugénie* et le Fils naturel^ sont des œuvres d'un genre plus vrai, plus philosophique que \e Misanthrope et le Tartufe ; que le célèbre Beverley * est la meilleure critique de ce mauvais Joueur de Regnard ; qu'il est trop bourgeois de rire à la comédie, trop ennuyeux de pleurer à la tragédie; trop vulgaire d'être philosophe et intelligible»; qu'au reste il est indubitable qu'on raisonnait à peine il y a cinquante ans, et qu'on ne s'est même avisé de bien écrire en prose que depuis ce siècle lumineux, le siècle des chefsd'œuvre! que les discours de Thomas® ont comme on sait anéanti Bossuet, Duclos ' écHpsé La Bruyère, et Bélisaire*, mis Télémaque en poudre ; que surtout il n'est ni salut, ni bon sens hors de l'Encyclopédie; voilà l'homme du jour, l'homme dont on rafl'ole. Il est à l'unisson de tous les esprits; il est l'oracle des Caillettes et des Grandissons»; c'est l'Aristarque des boudoirs et des petits soupers. A ses préceptes divins s'il daigne joindre l'exemple; s'il esquisse en se jouant quelques opéras-comiques moraux, quelques farces nationales, quelques parades philosophiques, les pensions le cherchent, l'Académie lui est ouverte, il est déclaré grand homme. Ce n'est point là, dira-t-on, de ces