‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 56 sur 558 · Il s'agit du chevalier de MiraliMu : cf. p.57, n · texte numérisé non relu

Il s'agit du chevalier de MiraliMu : cf. p.57, n

2. Lessouveairs de Vauvenargues ne sont pas ici tout à fait exacts.

César, alors préteur, et le tribun Métellus, sous le prétexte des menées dangereuses de Calilina, voulaient faire rappeler à Rome Pompée et son armée, aCn de le mettre

ù la tète des oiïaires. O fut le tribun Hinucius Thennus, ami de Caton, qui mit la main sur la bouche de Métellus pour l'empèclier de lire son projet de loi. En celte même occasion, Caton fut exposé Ji une grêle de pierres (Plut., Vie de Caton d'Vtiqne). — Rousseau, enfant, s'enivrait aussi d« Plutarque

hauteur, d'élévation, de passion et de courage, qu'il m'était bien impossible de les lire de sang-froid; je mêlais ces trois lectures, et j'en étais si ému, que je ne contenais plus ce qu'elles mettaient en moi; j'étouffais, je quittais mes livres, et je sortais comme un homme en fureur, pour faire plusieurs fois le tour d'une assez longue terrasse* en courant de toute ma force jusqu'à ce que la lassitude mît fm à la convulsion.

C'est là ce qui m'a donné cet air de philosophie, qu'on dit que je conserve encore, car je devins stoïcien de la meilleure foi du monde, mais stoïcien à lier; j'aurais voulu qu'il m'arrivàt quelque infortune remarquable, pour déciiirer mes entrailles, comme ce fou de Caton, qui fut si fidèle à sa secte. Je fus deux ans comme cela, et puis je dis à mon tour, comme Bru tus : 0 vertu! tu 71 es qu'un fantôme! Cependant cet aimable stoïcien, que sa constante vertu, son génie, son humanité, son inflexible courage me rendaient infiniment cher, m'a fait verser bien des larmes sur la faiblesse de sa mort : c'est une extrême pitié de voir tant de vertu, tant de force et de grandeur d'âme vaincues, en un moment, par le plus léger revers, au milieu de tant de ressources et de tant de faveurs de la fortune.

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