Scipion Maffei (1676-1755), de
■ 'jne, épigraphiste distingué, et ur de la Mérope italienne.
t. Voltaire est sincère. Il fut lèellement attaché à ses anciens maîtres, Tournemine, d'Olivet, Poréc : au reste, ses opinions philosophiques s'accommodaient mieux de la douceur politique des Pères Jésuites que de la sévérité intempérante des Jansénistes.
'. Le comte de Casius (IB92-
1765), antiquaire et artiste, fut plus qu'un amateur de beaux-arts et un protecteur des artistes. Il fut vraiment le précurseur de Winckelmann et prépara les voies à David,
L Bouchardon (1698-1762) fut un grand ami de Caylus. Artiste savant et correct, bon dessinateur et connaissant l'antique, il est froid, et manque le grand en courant après l'esorit et le joli.
Il y a bien du génie dans son idée de l'Amour qui fait un arc de la massue d'Hercule*; mais alors cet Amour sera bien grand; il sera nécessairement dans l'attitude d'un garçon charpentier; il faudra que la massue et lui soient à peu près de même hauteur. Car Hercule avait, dit-on, neuf pieds de hauteur, et sa massue environ six. Si le sculpteur observe cesdimensions, comment reconnaîtrons-nous l'Amour enfant, tel qu'on doit toujours le figurer? Pensez-vous que l'Amour faisant tomber des copeaux à ses pieds à coups de ciseau soit un objet bien agréable? De plus, en voyant une partie de cet arc qui sort de la massue, devinera-t-on que c'est l'arc de l'Amour? L'épéeaux pieds dira-t-eUe que c'est l'épée de Mars? et pourquoi de Mars plutôt que d'Hercule? Il y a longtemps qu'on a peint l'Amour jouant avec les armes de Mars, et cela est en effet pittoresque ; mais j'ai peur que la pensée de Bouchardon ne soit qu'ingénieuse. Il en est, ce me semble, de la sculpture et de la peinture comme de la musique; elles n'expriment point l'esprit. Un madrigal ingénieux ne peut être rendu par un musicien ; et une allégorie fine, et qui n'est que pour l'esprit, ne peut être exprimée ni par le sculpteur ni par le peintre. Il faut, je crois, pour rendre une pensée fine, que cette pensée soit animée de quelque passion ; qu'elle soit caractérisée d'une manière non équivoque, et surtout que l'expression de cette pensée soit aussi gracieuse à l'œil que l'idée est riante pour l'esprit. Sans cela on dira : « Un sculpteur a voulu caractériser l'Amour, et il a fait l'Amour sculpteur ». Si un pâtissier devenait peintre, il peindrait l'Amour tirant de son four des petits pâtés. Ce serait à mes yeux un mérite, si cela était gracieux, mais la seule idée des calus que l'exercice de la sculpture donne souvent aux mains peut défigurer l'amant de Psyché. Enfin ma grande objection est que, si M. Bouchardon peut faire de son marbre deux figures, il est fort triste qu'une grande vilaine massue ou une petite massue sans proportion gâte son ouvrage. J'ai peut-