LOUIS XIV ET SON SIECLE
A MILORD HeRVEY*, GA.RDE DES SCEAUX d' ANGLETERRE
le fais compliment, à votre nation, milord, sur la prise de Porto-Bello^, et sur votre place de garde des sceaux. Vous voilà fixé en Angleterre : c'est une raison pour moi d'y voyager encore. Je vous répons bien que, si certain procès est gagné^, vous verrez arriver à Londres une petite compagnie choisie de Newtoniens* à qui le pouvoir de votre attraction, et celui de milady Hervey, feront passer la mer. Ne jugez point, je vous prie, de mon Essai sur le siècle de Louis XIV par les deux chapitres imprimés en Hollande avec tant de fautes qui rendent mon ouvrage inintelligible s. Si la traduction anglaise est faite sur cette copie informe, le traducteur est digne de faire une version de l Apocalypse; mais surtout soyez un peu moins fâché contre moi de ce que j'appelle le siècle dernier le siècle de Louis \IV. Je sais bien que Louis XIV n'a pas eu l'honneur d'être le maitre ni le bienfaiteur d'un Boyle^jd'un Newton , d'un Halley', d'un Addison, d'un Dryden ; mais dans le siècle qu'on nomme
Louis XIV, paraissait en tète du Recueil des pièces fvgiltves en prose et en vers, pur M. de V"'*, s. l. (Paris), 1740 (1739), iu-8*. On sait que ce volume fut supprimé par un arrêt du Conseil du i dé- , ceiiibrel739-» (Bengesco, Vollaire, Bibliographie de ses œuvres, t. I, p. 341.) La lettre à milord Hervey fut écrite et publiée pour faire honte au gouvernement de sa ri^'upur.
6. Moland donne Rayle. Il faut un nom d'étranger : Boyle évidemment (chimiste anglais, 1()16-1G91). Je n'ai pas vu l'édition originale de lu Lcttre(1740), mais l'édition Wallhcr (Dresde, 1748) donne bien Boyle.