Il l'appelle amsi par ironie
L'évêque de Mirepoix, Boyer (1675-
1755), était l'ancien précepteur tlu Dauphin.
4. Le P. Thoulier, abbé d'Olivet (1682-1768), ancien jésuite, grammairien et traducteur savant, mais d'un goût un peu étroit, était de l'Académie depuis 1723.
5. Le comte de Besluchcf- Rioumine, était chancelier d'Elisabeth de Russie. — Bartenstein (1690-1766) fut vicc-chahceller d'Autriche et de Bohême.
TOLTAIRE.
elle appauvrira notre langue, et je propose à Votre Majesté de l'enrichir. Il n'y a que le génie qui soit assez riche pour faire de telles entreprises. Le purisme est toujours pauvre.
Mais voici un autre cas : il s'agit ici de prose.
Votre Majesté se souvient d'un certain Anti-Machiavel^, dont on a fait une vingtaine d'éditions. Une de ces éditions est tombée entre les mains du roi à la cour de qui on est*. Il y a deux endroits où l'on rend une justice un peu sévère au roi de Suède ^, et où le monarque dont j'ai l'honneur de vous parler est traité un peu légèrement. 11 y est infiniment sensible, et d'autant plus qu'il sent bien que le coup part d'une main trop respectable et faite pour peser les hommes. Vous vous en tirerez. Sire, comme vous voudrez, parce que les héros ont toujours beau jeu ; mais moi, qui ne suis qu'un pauvre diable, j'essuie tout l'orage ; et l'orage a été assez fort.
Autre aflTaire. Il a plu à mon cher Isaac Onitz*, fort aimable chambellan de Votre Majesté, et que j'aime de tout mon cœur, d'imprimer que j'étais très-mal dans votre cour. Je ne sais pas trop sur quoi fondé, mais la chose est moulée, et je le pardonne de tout mon cœur à un homme que je regarde comme le meilleur enfant du monde. Mais, Sire, si le maître de la chapelle du pape avait imprimé que je ne suis pas bien auprès du pape, je demanderais des agnus et des bénédictions à Sa Sainteté. Votre Majesté m'a daigné donner des pilules qui m'ont fait beaucoup de bien ; c'est un grand point; mais si elle daigne m'envoyer une demi-aune de ruban noir, cela me servirait mieux qu'un scapulaire. Le roi auprès de qui je suis ne peut m'empêcher de courir vous remercier. Personne ne pourra me retenir. Ce n'est pas assurément que j'aie besoin d'être mené en laisse par vos faveurs : et «e vous jure que j'irai bien me
\. On sait que cette réfutation du î^rince, écrite par Frédéric avant son avènement au trône, fut éditée en Hollande par les soins de Voltaire.