‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 10 sur 131 · RÉGIMENT · texte numérisé non relu

RÉGIMENT

Touchant le départ de la province de ces hommes de guerre.

Dijon, le 8 décembre 1657.

Monsieur ,

Ayant reçu la lettre de M. Le Tellier portant qu'il vous avait envoyé en celte province pour prendre à Is-sur-Tille des gens qui y sont pour le régiment d'infanterie de Salm et les conduire

à Soissons où le corps du répriment doit hiverner, en sorte que Li Bourgogne n'aura qu'à leur fournir l'étape dans les lieux de leur passade , je vous fais ces lignes pour vous prier de me mander le sujet du retardement que vous apportez à l'exécution de Tordre qui vous a été mis en main , et en cas qu'il porte un plus long séjour de m'en donner connaissance, ne pouvant laisser plus longtemps des troupes dans la province sans me le représenter et faire exécuter le nouvel ordre que je sais qu'elles ont d'en sortir. Je vous prie donc de m'éclaircir sur ce point et de croire qu'en votre particulier je serai très aise de vous faire connaître que je suis , Monsieur, votre etc.

BRULART

LE COMTE D'HARCOITRT A BRULART

Félicitations sur raccouchement de M»« Bnilard.

Pa^uy, le 4 décembre 1657.

MONSIEim ,

J'envoie ce gentilhomme vous témoigner la joie que j'ai de

l'heureux accouchement de Madame votre femme. Je veux croire

qu'elle fera comme la mienne qui ayant commencé par une

fille a fait ensuite cinq garçons. Je vous en souhaite autant que

vous en désirez et vous prie de croire que personne ne saurait

prendre plus de part que je fais à tout ce qui vous touche, ni

être avec plus de passion et de sincérité que je suis. Monsieur,

votre etc.

HARCOURT

XXTI

BRULARD AU COMTE D'HARCOURT

Réponse à la précédente.

Dijon, le 5 décembre 1657.

Monsieur ,

J'aurais autant souhaité un fils pour avoir la gloire de vous le dédier, que pour la satisfaction ordinaire que s'en peut proposer un père. L'honneur que vous me faites en cette rencontre attire de moi de nouveaux vœux pouj' votre personne , la reconnaissance même me l'ordonne et je ne peux donc jamais être qu'avec toute la chaleur et toute la sincérité imaginable, Monsieur, votre etc.

BRULART

XXTII

LE COMTE D'HARCOURT A BRULART

Vacance de Tabbaye de Saint- Seine; il est accusé à tort d'y prétendre

poiir sa famille.

Pagny, le 16 décembre 1657.

Monsieur ,

J'apprends que l'on fîdt courir un bruit que j'ai dessein d'avoir l'abbaye de Saint-Seine pour un de mes enfants , ce qui me surprend d'autant plus qu'en même temps on me mande que Monsieur votre frère y a des prétentions. Jugez si cette considération ne me ferait pas perdre toutes celles que j'aurais pu y avoir, si j'en avais jamais eu la pensée. C'e.st ce qui fait que je m'en explique avec vous pour vous prier de vous informer d'où peut provenir cette fausse nouvelle qui ne part assurément que de nos ennemis. Je crois que vous trouverez bon que je vous ouvre

ifiiiM mon i'iifur t'omrof voas le rierez faire franclftnii^nt- aa\ i9ffH'^\otir- où il ^ 'ai; ira d'^* voii< témoien^r ar^^r <v«iiibi«>n d^ |k:i«- -ion f\ <lt' IhitijH»'' jp ^ui«. M<»ii«i#*iir, Totre elr.

HAROiCRT.

xxvni

HRILART AU COMTE D'HAttCllURT.

Mo?ssiErR .

J<f vou« dois de grandes i-ecoimaissances de rhonnenr que vou"» me faites par votre df^rnière lettre de me donner de si beaux têm/iiiçnaues de vos bonnes grâces. Je vous dirai qne j'ai été treh îïiirfiris de la fausse nouvelle qu'on a débitée qne je pensais à Ui ehohe dont vous me faites Tbonneur de m'écrire et qu'après ou avoir clierelié les auteurs, il m'a été impossible de rien déé ouvrir. En effet , les nouvelles sans fondement se trouvent d'ordinaire ("anj* oritrin^. J'aurais soubaité, Monsieur, pour bien des raiwifiK, que le bmit que vous me maudez qu'on a fait courir qae vou»- y songiez se fût trouvé véritable , et qu'en même temps il t*ui ét<'' quelque cliose de la pensée qu'on vous a écrite que j'y avai« p^iur mon frère, parce que j'aurais eu par là une occasion favorable de vous témoigner le respect que j'ai pour vos intérêts, dont je n'aurîiis pas manqué de vous donner des preuves bien effectives en cette rencontre. Mais vous me prévenez si généreusement que je ne puis recourir qu'aux armes des faibles, qui est d'opposer la gratitude à toutes les bontés que vous avez pour moi et de vous assurer que je suis parfaitement, Monsieur,

votn* etc.

BRULART

LE ROI A BRULART

Secondes lettres de jussion pour Tenregistrement de Fédit d'avril 1656^ concernant la vente des bois du Domaine en Bourgogne.

27 décembre 1657.

Monsieur Brulart,

Envoyant à ma cour de Parlement les lettres de seèonde jussion que j*ai fait expédier pour lever les difficultés qu'elle apporte à Tenregistrement pur et simple de mon édit du mois d'avril 1656, pour la vente des bois en notre province de Bourgogne jusqu'à la somme de 150,000 livres, je vous ai voulu faire cette lettre pour vous dire de tenir la main audit enregistrement, vous employant de sorte que mon intention soit accomplie. Et sur ce, je prierai Dieu qu'il vous ait, Monsieur Brulart, en sa sainte garde.

Ecrit à Paris, le 27 décembre 1657. Signé : Louis. Et plus bas : Phelypeaux.

FOUOUET A BRULART.

Envoi d'un délégué pour presser l'enregistrement du même édit; motifs présumés des oppositions k cet enregistrement.

Paris f le 8 janTÎer 1658.

Monsieur,

Nous renvoyons le sieur Prounois solliciter l'enregistrement de l'édit pour l'aliénation de 150,000 livres des bois de Bourgofçne, avec la jussion et les lettres de cachet nécessaires. Sur ce témoignage qu'on me rend tous les jours de votre zèle au service du Roi et même en cette afTaire particulière, je ne doute

— appoint que vous n'apportiez tout ce qui dépendra de vous pour la terminer heureusement et en diligence. J'ai voulu pourtant vous en supplier comme d'une chose importante pour les intérêts de Sa Majesté qui a fait état de cette partie et qui a besoin du secours qu'elle en attend.

On a fait plainte au Conseil que le syndic du pays et quelques uns des députés de la province prennent de faux prétextes pour empêcher l'exécution de l'édit à dessein de se mettre à couvert eux-mêmes des malversations dont ils craip^nent d'être recherchés. C'est à quoi, Monsieur, j'espère que vous vous opposerez de tout votre pouvoir. Outre l'intérêt public , je vous en serai obligé en mon particulier. Je vous supplie de le croire et que je serai toujours avec la même passion. Monsieur, votre etc.

FOUOUET.

LE COMTE D'HAHCOURT A BRULART

Il recommande ses deux fils aux conseils de Brolart.

Pa|fn\, le 7 janvier 16:>S.

Envoyant mes deux fils aînés à la Cour, je leur ai ordonné, en passant à Dijon , de vous aller assurer de leurs services et de vous supplier de leur donner vos bons avis et vos bons conseils pour la conduite qu'ils auront à tenir et à la Cour et dans toutes les bonnes compagnies où ils auront le bonheur d'entrer. Comme vous me faites l'honneur de m aimer, j'espère que vous aurez cette bonté et pour le père et pour les enfants. Je vous en conjure, et de croire que nous vous en demeurerons également obligés. Je suis. Monsieur, votre etc.

HARCOURT

BRULART AU COMTE D'HARCOURT

Réponse à la précédente.

Dijon, le 11 janyier 1658.

Monsieur ,

J*ai reçu ces deux jours ici une des plus grandes joies que je pouvais ressentir. Je crois que vous connaissez bien que j'entends parler de l'honneur que j'ai eu de voir Messieurs vos fils et de ma satisfaction d'avoir ét6 témoin des affections publiques que tout le monde do. cette viUe leur a témoignées avoir pour votre sang. Je leur dois de singulières reconnaissances de toutes les bontés qu'ils ont eues pour moi en cette rencontre; mais je ne saurais assez reconnaître la grâce qu'il vous a plu me faire de m'écrire d'un si agréable et si obligeant style sur leur sujet. S'il me restait après cela encore quelque chose de moi-même à vous offrir, je ne manquerais pas de vous prier de le recevoir; mais vous me possédez tout entier et je ne vous peux plus donner que ce qui est déjà à vous. Faites-moi donc , s'il vous plaît, l'honneur de me croire absolument. Monsieur, votre etc.

•BRULART

BRULARD AU CARDLXAL.

Lettre de condoléances au sujet de la mort de son neveu le duc de Candale.

Dijon, le 13 janYÎer 1658.

Monseigneur ,

Encore que la grandeur de votre génie vous élève autant pardessus les sentiments ordinaires des hommes , que Votre Eminence les surpasse dans leurs conditions, l'amour du sang est

une cbaine «i naturelle et qui attartie s fortement à loot ce qni le foorhe , qoe je ne penx donter que Votre EmineDce n'en ait ressenti de doolooreux eflet« dams la perte qu'elle Tient de faire. Hle me permettra. §11 Ini plaît . de rassurer en cette rencontre qne . loi étant attar-hé an point que je le suis . j'ai en tonte la doolenr de cette mort qne pent re<i:§<?ntir celui de tons les hommes qni est absolument à tous.

Je demande la erà^e à Votre Eminence de trouTer bon que je lui renoureDe ici me5 Tœox et qne je la supplie de croire quTl n'y a point de fidélité à ses intérêts comparable à ceDe qu'aura toujours pour tous . Monseisnenr, Totre etc.

BRULART

BRl-LART A FOUQUET.

ReaerdaeDU touchant le droit aanoe) acc«dé ao Parieaeit.

M055TErR ,

Vous aTez commencé d'écouter si faTorabiement la prière que M. de la Mannierie tous a faite de ma part , touchant le droit annuel { pour ce Parlement, qu'il est bieu juste que ma reconnaissance marche du même pas que la grâce que j'ai reçue de TOUS en cette rencontre. J'aurais souhaité que la Compagnie tout entière qui tou« en doit être obligée se fût mise eu état d'obtenir elle-même ce bienfait «ans aucune médiation ; mais tous sarez, Mon«ieur, que les grands Corps, pour être difficiles à

'il l^, droit annuel, autrement dit PnuUtte. était celui que les oflSciers de jnMii'j! é'Uûfni oh]i(ifi de payer au Roi p«>ur conserver la disposition de leurs cbargef k U^uri» b/rritiers en faveur des personnes que ceux-ci désigneraient ptmr «fi f^ra |Kiunrueé. Il était jrénéralement du soixantième denier du prix ai: U Khurue ell«^iiéme.

mouvoir, ne font guère de choses d'eux-mêmes et que dans leur propre intérêt cette pesanteur gâte quelquefois leurs affaires. Je ne vois aucune raison que celle-h\ et que Tincertitude de révènement de la prière qu'il aurait pu faire qui l'ait empêché de demander ce que vous me permettez présentement d'espérer pour lui, vous assurant, Monsieur, qu'il conseive toujours c^ même amour et cette même fidélité pour le Roi qui l'ont fait distinguer de tous les autres Parlements dans les derniers troubles, n lui a fait l'honneur de lui en écrire plusieurs fois son ressentiment en des termes si particuliers et il lui a promis si positivement de lui en donner des marques , que , comme c'est ici la première occasion où Sa Majesté l'a pu faire, cette Compagnie Fa aussi considéré comme la récompense qu'il pouvait lui donner de ses services. Cependant, Monsieur, s'il y a quelque chose à ménager en cette affaire où mon ministère puisse être utile, je vous supplie de croire que je ne passe pas moins en affection ceux qui la composent que mon rang est élevé par-dessus le leur, que je recevrai avec respect et discrétion les ordres qu'il vous plaira de me prescrire et que je les exécuterai avec toute la sincérité imaginable , souhaitant avec ardeur de me procurer l'avantage d'être avoué de vous, votre etc.

BRULART

BRULART A LA VRILLIÈRE

Plainte contre le duc d'Epernon au sujet d'une ordonnance, émanée de lui, qui prohibe l'tnlréc, dans la province, de» fers de la Franche-Comté.

Dijon, le 23 janvier 1658.

Une ordonnance qu'on vient d'imprimer sous le nom de M. d'Epernon , portant défense d'amener et laisser entrer dans le duché aucuns fers qui se fabriquent dans la Comté en Bour-

gogne, m'oblige de vous avertir de cette nouveauté, laquelle n'a jamais été pratiquée par les gouverneurs qui Tout précédé. En eflfet, il n'appartient qu'au Roi d'empêcher la traite foraine; il n'y a que lui qui puisse aller contre la neutralité des deux provinces, lui qui permet aux Français et aux Comtois de jouir du bien qu'ils ont dans l'une et dans l'autre, et lui seul peut interdire le commerce à ses sujets.

Vous jugerez bien , Monsieur, que cette affaire est d'une très haute importance, parce que, si M. d'Epemon peut empêcher l'entrée du fer, il aura le même pouvoir sur toutes choses venant des pays étrangers. Ce que je ne crois pas que le Roi souffre jamais aux gouverneurs des provinces , à moins qu'il voulût leur abandonner la douane qui est un droit royal le plus beau et le plus ancien du royaume. Les Comtois mêmes auront raison de se plaindre de cette contravention. Je m'acquitte de ce que je dois en vous en donnant avis. Si vous jugez que je doive encore en écrire ailleurs, je le ferai avec tout le zèle que je dois avoir pour les intérêts du Roi et du public.

Permettez-moi , Monsieur, qu'au renouvellement de cette année je vous fasse des protestations nouvelles de mes respects, et que je vous assure que personne au monde n'est tant que jo suis, Monsieur, votre etc.

BBULART.

XXXTI

LE CARDINAL A BRULART

AccQsé de réception de la lettre touchant la mort du duc de Candale.

Vincennes, le 24 jauvier 1658.

La part que vous prenez à mon affliction pour le funeste accident qui est arrivé à mon neveu n'ajoute rien à l'assurance que j'avais déjà de votre amitié. Néanmoins, comme c'en est une

preuve très obligeante, je ne puis que vous en remercier comme

je fais avec tout le ressentiment possible, vous priant de croire

qu'il n'y à personne qui s'intéresse aussi plus que moi aux

choses qui vous touchent, étant véritablement. Monsieur,

votre etc.

Le Cardinal MAZARLN.

XXXTII

BRULART A LE ÏELLIER.

Plainte contre les entreprises de M. d'Amanzé , lieutenant de Roi en Bourgogne , sur les prérogatives du Premier Président; les lieutenants de Roi ne peuvent prétendre an commandement de la province^ hors du territoire de leur lieutenance.

Dijon, le 3 féTrier 1658.

Monsieur ,

L'entreprise que M. d'Amaiizé, l'un des lieutenants de Roi de Bourgogne fait sur ma charge, m'oblige de vous en demander justice. Vous savez , Monsieur, que lorsque le gouverneur est absent de la provmce et qu'un lieutenant de Roi l'est aussi de son département, c'est à moi seul, primativement à tous autres, dV donner des ordres, parce que la fonction des lieutenants de Roi est tellement Umitée dans l'étendue de leur lieutenance, qu'ils ne sont pas seulement reconnus dans le département des autres, et que pour lors on a toujours reconnu ceux qui m'ont précédé en ma charge comme étant également par toute la province dans leur ressort. Néanmoins, M. d'Amanzé s'est avisé, depuis un mois, de donner les ordres en absence de MM. d'Uxelles et d'Entragues, dans les départements du Ghalonuais et du Méconnais , moi étant dans la capitale de la province. Ses prédécesseurs n'ont jamais prétendu à ce droit, et si un lieutenant de Roi présent pouvait faire la charge des absents, vous voyez bien. Monsieur, que je serais éternellement sans fonction; à cause qu'y en ayant un nombre considérable en ce pays, il ne se pourrait qu'il n'y en eût toujours quelqu'un sur les lieux. Je vous

demande donc la grâce de me conserver cet avantage de ma charge que vous m'avez promis qa'on ue diminuerait pas en ma personne, et d'avoir la'bonté'de faire agréer à Son Eminence que je sois remis dans la possession que j'ai trouvée étalnie sans aucune contradiction de la part des lieutenants de Roi. Je crois que vous ne doutez pas du chagiin que j'ai eu de voir cette entreprise dont je me pouvais ventçor en quelque façon en faisant connaître à toute la province que M. dWmanzé n'était qu'une personne privée hors l'étendue de son département; mais ma satisfaction n'est pas moins grande de recourir à votre justice que de me la faire moi-même. Je vous en demande encore des marques en croyant que personne n'a tant de respect et d'attachement pour vous que , Monsieur, votre etc.

BRULART

• BRULART AU CARDINAL

Ittine sujet que la précédente.

Diioa, le S février 1658.

MONSHGNEUR,

C'est avec regret que je porte mes plaintes à Votre Eminence de l'entreprise que M. d'Amanzé, l'un des lieutenants de Roi en Bourgogne, fait sur ma charge. Le soin quevous prenez de régler les choses où le service dn Roi peut être intéressé me fait adresser directement à vous, comme il a plu à Votre Eminence me l'ordonner. La protection qu'elle m'a départie jusqu'ici me fait espérer qu'elle me la continuera en cette rencontre où il y a heu de me faire ressentir des eflets de sa justice. Vous m'avez déjà fait la grâce, Monseigneur, de me maintenir dans le droit qui de tout temps est attaché à ma charge, de conmiander en l'absence du gouverneur dans le département de celui ou de ceux des heutenants de Roi qui sont aussi al>seuts. Je Tai ainsi exécuté dans le Dijomiais, le Chalonnais et le Maçonnais quand

M. d'Epemon n'a pas été dans la province et que les lieutenants

do Roi de ces lieuxrlà en ont été dehors. J'v ai donné Tordre

aux troupes, mandé des gentilghommes, accommodé leurs querelies et pourvu aux choses qui regardaient le service de Sa Majesté, sans que les lieutenants de Roi qui se sont trouvés dans la province y aient trouvé à redire, ce qu'ils n'avaient garde de faire puisqu'ils n'ont jamais prétendu exercer la charge des absents et qu'ils savent bien qn'en ce cas c'est à moi de commander dans leur département,

Néanmoins , M. d'Amanzé , lieutenant de Roi du Dijonnais, aussi nouveau dans les honneurs que dans sa charge , s'est depuis un mois, de son «autorité privée, émancipé de faire la mienne ; il a donné des ordres aux troupes qui ont passé dans le Maçonnais et dans le Ghalonnais dont les lieutenants de Roi sont absents, et fait d'autres choses dans ces départements qu'il n'appartenait qu'à moi seul de faire. Je pouvais, Monseigneur, considérer ces ordres comme émanés d'une per^nne privée et sans pouvoir hors l'étendue de sa lieutenanee ; mais parce que tout mon but est de plaire à Votre Eminence et que j'ai cru qu'elle trouverait meilleur que je lui demandasse justice de ce nouveau lieutenant de Roi qui m'a dépossédé d'un droit important qu'aucun de ses prédécesseurs , gens infiniment au-dessus de lui , n'ont jamais prétendu , je n'ai pas eu de peine de faire céder mon impatience à l'extrême respect que j'ai pour Votre Eminence. Je la supplie donc qu'étant à elle sans réserve, elle me fasse la grâce de me conserver dans les avantages et prérogatives de la charge qu'il lui a plu me donner. Permettez-moi, Monseigneur, d'espérer qu'étant en voti'e protection, on ne commencera pas, sous votre ministère, <le violer en ma personne les anciens ordres et accoutumés, et d'al)attre une charge. dont la fonction légitime ne peut être trop élevée puisqu'elle dépend du Roi sans milieu aussi bien que de Votre Eminence dont je serai toute ma vie avec toutes les soumissions imaginables , Monsei- ^eur, le etc.

BRULART

l XL. j'cunur» ho. >■■ im' chu »qc fiessM.

J'«i ra tout ^^ <n*r rvo-i ra'îîTfrz **?nt T-jfx-hint Vfjtre différend av*;/; M. d'Aukaiiz^. «^imm*^ je n*.- docî-? p»a5 qn»* tous nayez #?nvoy^ un mémoire de vfts rai^n* à M. de La Vrillière, j attendrai qu'il en paHe dan< le Ojnseil. et tou? pouvez être assuré quf, la justice vous y «era conservée tout entière: cependant je demeure. Monteur, votre etc.

Le i::ardinâl MAZARIN.

BRLLAHT A LA VRILLIÈRE.

1iù%oï 4' DO mémoire coocernini la mène alEûre.

Uijva, le !• ferrier \*b».

Venant (U* n'cevoir de Sou Emiiu'nee une très obligeante K'tlre Hur le difR'iend (jue j'ai aver M. d'Amanzé, et me faisant riioriiM'fir de uw. mander de vous envover le mc^moire de mes raiHoriM fiour lui i*n parler au (>onseil on il m'assure qu'on me «•onserv^Ta une justire tout entière , j<î prends la liberté de vous adresser rett** fiiêce dont je vous demande excuse, croyant que vous ur la trouverez pas avec tout l'ordre et toute la recherche «fu*ellr» <levrait avoir pour vous <>tre présentée; mais, n'ayant eu «pie deux hrunvn ]iour y travailler, je me suis seulement attaché à vous l'airr connaître mes raisons. Permettez-moi d'espérer votre prolt'ition eu c(îtte rencontre qui est importante à ITion-

neur de ma charge et à celles des autres lieutenants de Roi qui no doivent pas souflfrir que M . d* Amanzé donne les ordres dans leur département quand ils en sont éloignés , puisqu'ils ne prétendent pas faire de même dans le sien.

J'espère donc que vous réprimerez cette entreprise comme étant nouvelle et de fâcheuse suite et que vous m'aiderez à conserver les avantages d'une charge où vous avez grande part par le secours que vous m'avez prêté pour y parvenir. C'est ce dont j'aurai toute ma vie une parfaite reconnaissance, voulant être à jamais , Monsieur, votre etc.

BRULARÏ.

BRULART AU COMTE D'HARCOURT

n le félicite sur la réception de ses fils à la Cour. — A Lyon, les Corps ont refasé d'assister an service funèbre célébré pour la mort du duc de Candale.

Dijou, le 5 février M 658.

Monsieur ,

Je ne saurais vous être autant acquis que je le suis sans recevoir une joie très sensible de la réception que le Roi a faite à Messieurs vos fils et de la nouvelle qu'on m'a mandée que les affaires se disposent si bien que, pour peu que vous y contribuiez, elles tourneront tout à fait à votre avantage. Je m'intéresse si fort en ce qui vous touche , que je ne puis m'empêcher de vous supplier de tout mon cœur de vous servir de cette conjoncture et de faire voir que , quand vous voulez faire la cour, vous n'y réussissez pas moins bien qu'à toutes les autres choses dans lesquelles votre conduite vous a justement acquis la réputation d'un véritable héros. Il y a plaisir de triompher partout, et j'espère dans peu de temps que la mauvaise fortune cédera à celle qui vous est due et pour laquelle vous n'êtes pas seule-

ne^maïf cm ^bk sciEZTqnis-3i»neiiiêàtee]iirlAsailede Is |àii:f bï^Ik «5 ÎL pinf jlrcîcrt rif au monde.

Un ordmair^ ql Kil . iibtl àf: I^asf ôfvbhi 1a mort de IL de Candak . & pa«^ acunir^liiL irl en jHistf' pour aBw dbereher M. de Siûiiï-Martizi. Lj h upqêtcsnvt qull le trou?«m à cette kenre. M. de M^^ocrpr^ il & ««câ: iiar ini gne ms oiidf ont ^oofai qn il se soi: jiû^if t-dït -p: çl x te l j& Goor. H me prie de tous fmrt sarcôr m'ï. es: ai: ^^ir^fc à* x srair p»^ été àeptâs qudqne temps en eîa* àe s* àaimf!: l^iamn'nr àt tou^ ecjîre.

On me maaMit Of Ljiie eut J iiiiitt- àt la fioqncitte n'a pu obtenir d^ *Ikirps «pirtrs j^ en STUC îzisiamaDeiil priés d'assister an sierrire qn: j a ^«le fù jonr M. de Candale, non pins de M. J'airbt'T^KjBf ûr faire ik '.•«r«n:Œk^ fS qnil s'es^ contenté de dire nue meftf^ i«&sf*e. Jf t>:i1£f deananà^ pardon de toqs faire «ne si kffltçoe >!:;rp : St I -«çitc^ 5^ xtcre haaïe el Tons supplie de conàde^er çrVIie thïsi à* ctÔL qci es^ sans reserfe. Monsieur, Toti>? etr-

BRTLART.

XUI LE a>3fTE DHJlRCtiniT A BRULART

rtpxy, I» : ierner l*S»

Je suis très persuade que jvi»rsonne n"a pins de joie que vous d^ la bonne réception que m**5 enfants ont eue de Leurs Majesté* et de Son Emin«>nce. Aussi je tous conjura de croire que TOUS n'avez point d'amis qui vous bonorent et estiment plus que k font le p»fre et les enfants. U est vrai . du nh>îns M. le duc de frtdft<- et mes amis me Je mandent, qu aucun n*a jamais été si bien Wîçn dn Boi oi tant caresse quVux , et même qu#» Sa Majesté ne

m'a pas oublié dans les paroles qu'elle leur a dites. La Reine leur demanda des nouvelles de ma femme et M. le Cardinal les embrassa. Il est certain que tout ce bon traitement vient de Son Eminence. Je Ten ai remerciée et lui ai ouvert mon cœur avec ma franchise ordinaire pour lui faire toucher au doigt qu'il ne tiendra qu'à elle que je ne sois autant son serviteur que jamais ; mais que je ne le veux pas être à demi , ni la tromper comme beaucoup d'autres. J'ai prié M. le duc de Guise de l'en assurer et que je ne veux point de négociations avec Son Eminence ; mais que si elle souhaite que je demeure persuadé qu'elle veut m'aimer, elle ait la bonté de faire directement pour moi ce qu'elle m'a promis. J'ai pris cette résolution parce que je sais de quelle façon je me suis mal trouvé de celles qui se sont faites par le passé , ne doutant point qu'il ne m'en arrive encore de même de celles que je ferais et qu'elles n'auraient effet qu'autant que Son Eminence le voudrait de son côté quand je l'aurais exécuté du mien.

Le sieur Bidaud, que je vous envoie exprès, vous dira mes sentiments ; je vous supplie de me mander les vôtres, vous obligerez extrêmement, Monsieur, votre etc.

HARCOURT

BRULART AU COMTE D'HARCOURT

Affaires de la Maison d'Harcoart.

Le 18 février 1658.

MONSIEUB ,

M'étant trouvé dans l'impossibilité de me donner l'honneur de vous écrire lors du départ de M. Bidaud , je le priai de vous protester de mes respects et de ma reconnaissance de vos bontés, attendant que je le pusse par ma plume, qui est ce que je fais présentement.

Le bruit continae fort grand à la Cour de raccommodement de vos afFairf^ , et on y croit que le gouvernement d'Auvergne valant mieux que le vôtre d'Alsace , c'est le moyen de vous satbfaire. Je croU que vous avez bien prévu , dès lors de la mort de M. de Gandale, qu'on ne manquerait pas d'en parler et que cette proposition ne vous étant pas agréable , vous aurez mis ordre à ce que vos amis à la Cour en disent d'abord votre sentiment pour ne la pas laisser engager plus avant. J'ai impatience de savoir de quelle encre Son Emineuce vous aura écrit. C'est beaucoup que les choses prennent une bonne disposition , puisqu'il faut toujours passer par là pour passer plus avant. J'ai appris avec joie que Messieurs vos fib avaient merveilleusement réussi au bal de chez M. le Chancelier; assurément ces princes sont aimables et méritent infiniment. Je suis si attaché à ce qui vous touche, que le bien que j'apprends d'eux me charme; aussi ne peut-on être plus que je suis , Monsieur, votre etc.

BRULART

BRULART AU CHANCEUER.

Nouvelle entreprise de M. d'Amanzé; il veut avoir le premier rang dans les

honnears publics.

Dijon, le 24 février 1658.

Monseigneur ,

Ce Pai'lement , qui est sous votre protection , vous la demande en une atiaire dont M. d'Amanzé l'un des lieutenants de Roi en cette province, fera peut-ôti*e parler contre lui au Conseil. C'est au sujet d'un prie-Dieu qu'il fit dresser auprès du grand-autel, où il se plaça en présence de cette Compagnie lors des obsèques de M. de Caudale. Cette place a toujours été considérée pour être celle du Roi ; les gouverneurs mêmes ne l'ont jamais occupée.

et M. le duc du Maine, qui l'était de Bourgogne , ayant voulu autrefois s'y placer, le Parlement, qui était en corps, aima mieux se retirer que de voir cette entreprise sans la pouvoir empêcher, n a fait à Tégard de M. d'Amanzé tout ce qui lui a été possible pour le détourner de son dessein. Il lui fit même l'honneur de l'envoyer inviter de venir à la Compagnie pour marcher et siéger après le Président qui la présiderait; mais, ayant reçu cette civilité avec mépris, elle fut obligée d'y pourvoir par l'autorité qu'elle a sur lui en qualité de chevalier d'honneur ; elle lui fit donc défense d'occuper cette place comme n'appartenant qu'au .Roi seul. Cela n'empêcha pas la continuation de son injure , et , non content de s'y mettre au conspect du Parlement après les défenses signifiées , il alla encore à l'offrande depuis ce petit trône, immédiatement après celui qui présidait, et rompit par ce moyen cette cérémonie , personne du Parlement, de la chambre des Comptes ni des autres Corps n'ayant voulu s'y présenter après ce désordre. Les Chambres s'étant assemblées le lendemain pour pourvoir sur son entreprise et sur sa désobéissanc*^, on s'est contenté d'arrêter que, lorsqu'il viendra au Palais, il lui serait dit qu'il n'a pu ni dû prendre en présence de la Cour i'O prie-Dieu qui n'appartient qu'au Roi.

On pouvait. Monseigneur, passer plus avant, étant membre du Corps et sujet à l'obéissance , et nous nous persuadons que, si vous blâmerez quelque chose en ceci , ce n'est que la modération dont on a usé. Ce Parlement a jugé à propos de vous faire savoir ce qui s'est passé en cette occasion, et je satisfais à ses senthnents en vous suppliant de le protéger si on l'attaque et de croire qu'il est si plein de respect pour votre personne que je me tiens très heureux par cette raison de me voh* à sa tête, étant plus que tout le reste d<»s honmies, Monseigneur, votre etc.

BRULART

BRULART A LA VRILLIÈRE

Sur le même snjet.

Dijon, le 24 février 1658.

Je suis obligé de vous avertir d'un petit différend qui est arrivé entre le Parlement et M. d'Amanzé , au sujet d'un prie- Dieu que celui-ci fit élever auprès du grand autel dîois l'église de la Sainte-Chapelle où le Parlement se trouva mercredi dernier pour les obsèques de M. de Caudale. La Compagnie , qui sut son dessein, l'envoya inviter auparavant d'entrer au Palais et de marcher et siéger avec elle comme tous ses prédécesseurs ont fuit, c'est-à-dire après celui qui la présiderait. Mais, ayant son dessein dans l'esprit , il refusa l'invitation et donna ordre en même temps qu'on lui dressât le prie-Dieu qu'il envoya garder. Le Parlement ne pouvant souffrir cette entreprise qu'il n'a jamais dissimulée quand les gouverneurs l'ont voulu faire , lui fit dire encore que cette place appartenait au Roi seul et qu'il ne l'y souffrirait pas. Toutes ces précautions s'étant trouvées inutiles par le mépris qu'il faisait de ses délibérations , il forma arrêt par lequel défenses lui furent faites de l'occuper. L'obéissance qu'il doit en qualité de chevalier de la Cour, quand sa charge de lieutenant de Roi lui donnerait d'autres prérogatives, ne lui fit pas considérer ce commandement avec plus de respect, et se moquant de ce qui était ordonné , il ne se contenta pas de prendre cette place, il alla encore depuis là à l 'offrande immédiatement après le Président qui présidait la Compagnie, ce qui empêcha tout le reste du Parlement et tous les autres Corps de continuer cette cérémonie. Le lendemain, les chambres s'étant assemblées sur son entreprise d'avoir pris une place qui n'appartient qu'au Roi seul et sur le mépris de ses arrêts, on se contenta d'ordonner que, lorsqu'il viendrait à la Compagnie, il lui serait dit par moi qu'il n'avait pu ni dû prendre cette place

et que la Cour lui faisait itératives défenses de la plus occuper ni de tomber en pareille désobéissance.

Je crois que , dans le fond , vous trouverez ce procédé dans l'ordre, puisqu'il s'agissait de conserver au Roi une place que le Parlement ne voulut pas autrefois laisser occuper à M. du Maine, gouverneur de la province, aimant mieux se retirer comme il fît que de Ty souûrir. M. d'Amanzé en devait user comme ceux qui l'ont précédé , et il est aisé de voir par cette prétention nouvelle qu'il cherchait querelle. Dans la form^ cette affaire a été traitée par discipline , conmie étant officier d'une Compagnie qui a autorité sur lui, conmie sur l'un de ses membres qu'elle pouvait punir avec sévérité, si elle avait voulu. Néanmoins elle en a usé si modérément , que je ne sais pas si vous ne la jugerez point en reste. Ce n'est pas à dire qu'on en parie peut-être au Conseil d'une autre façon; mais je vous puis assurer que c'est ici la vérité.

La Compagnie vous prie, s'il se parle de ce démêlé, de faire on fondement certain sur ce que je vous en viens de dire et de lui donner en cette rencontre des marques de votre bienveillance. Elle a tous les sentiments pour vous que vous pouvez désirer d'un Corps qui vous est obligé, persuadé, en mon particulier, que vous connaissez à quel point je vous suis acquis, ne

pouvant être plus que je suis votre etc.

BRULART

BRULART AU CARDINAL

il deoojMle an bénéâce pour an de set frères, en cas de mort de l'abbé de Castille.

Dijon, le 3 aun fSM.

M0NS£IG!fErR,

La grâce que vous m'avez faite d'agréer que je me donnasse à Votre Eminence, me fait espérer qu'elle aura la bonté d'écouter la prière très humble que je lui fais en faveur d'un de mes

Page 1