‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 13 sur 131 · BRULART A BRETEUIL · texte numérisé non relu

BRULART A BRETEUIL

Même sujet ; le relard du cooseil du Roi à statuer suspend ie travail

des commissaires.

Dijon, le 7 août 16^8.

Monsieur ,

Il y 0 plus de deux mois que j'eus l'honneur de vous mander que ce Parlement aurait ordonné qu'un arrêt du Conseil dont la date est en blanc dans la commission que vous m'avez adressée; pour la vérification des impositions de cette province, sera représenté et cependant qu'elle demeurerait au greffe de la Cour. Je n ai pas appris que le Conseil ait rien fait depuis pour lever cet obstacle, et cependant je viens d'en recevoir un nouvel arrêt du 6 juin dernier qui porte en substance la même chose que le premier, sans pourvoh* néanmoins sur la rétention qui en est faite au içreffe. Les commissaires ont donc toujours les mahis liées comme auparavant, et, à moins que l'autorité du Roi rende facile l'exécution de sa volonté en cette affaire, vous ne devez pas en espérer grand secours, puisque le Parlement incline aux remontrances et sollicitations des officiers de la chambre des Comptes et à celles des élus des Etats qui s'y opposent ouvertement et disent que c'est un moyen pour venir à l'établissement des élections en Bourfçogne (1).

Je dois vous donner avis que la vacation commence àaxks quinze jours et que si vous n'envoyez rien qui l'empêche de

(1) Jiiridiolion eu matière d*impôts.

trav#»rw;r le« <-ommLs«aire< dao« Texerutioii dtf^ leur commission, ik auront ^rand^ pf'ine dV traTailler avant la Saint-Martin ,i . O na m'en «««ra jamais uni' de donner mon temps tout entier et ma vie même pour le service dr Sa Majesté. Je n'ai plus rien à ajouter à ce« vérités que l'assuranre etc.

BRULA RT

Lxvn

BRILART A LA VRILLIÈRK.

Oitrepriflef da doc d'Epernoo sur Im honoeurfl publics et les libertés amnicipiles.

U Borde, le IV leplenbre I6M.

Monsieur .

Eu vous rendant compte de l'exécution des ordres du Roi touctiant le 7e Deum d«' (iravelines et de Mortare, auquel il voulait que ce Parlement assistât, je suis obligé de vous avertir de ce qui s'est passé en cette occasion.

M. d'Epemon m 'ayant fait prier de remettre la cérémonie à dimanche dernier et cfu'il se trouverait au Palais, je fis résoudre qu'elle ne se ferait qu(î ce jour-là. Il s'y rendit en habit de couleur quand la Compapn^ie fut assemblée, ce qu'elle n'avait jamais vu. Je fus bien plus étonné quand on m'avertit qu'il avait fait mettre à ^é^lise, devant son siège qui est immédiatement après le mien, son tapis sur celui du Roi qui couvre le devant de tous les sièges de Messieurs du Parlement. Cette nouveauté înouie jusqu'alors me surprit. Je lui envoyai dire que les princes du sang qui avaient été gouverneui's ne l'avaient jamais prétendu, marchant avec la Compagnie , et que je le priais ou de le faire ôter, ou de trouver l>on que j'en fisse mettre un devant mon

(1; \jfi M août de la intime aimée il y enl arr^t du Conseil qwi uiit mi Itniii? à ces retards.

siège, m*étant trop rude de voir que lui qui, en cette occasion, ne marchait et ne siégeait qu'après moi , il eût néanmoins une marque d'honneur que je ne prenais pas moi-même. 11 ii'^ voulut point accepter cet expédient et aima mieux dire qu'il était incommodé et ne pouvait assister au Te Deum\ il sortit en même txîmps du Palais et s'en alla en sa maison. Je menai aussitôt la Compagnie à l'église où son tapis n'était plus, son aumônier l'ayant ôté sans nouvel ordre dans le moment qu'il vit qu'on en préparait un pour moi , ce qui marque assez le dessein prémédité. La cérémonie se fit ensuite avec la pompe ordinaire, et j'ai cru, Monsieur, vous devoir marquer ceci comme une chose importante qui peut avoir de la suite.

Je n'ai garde d'oublier de vous avertir en même temps d'une action que M. d'Epernon a faite à Montbard , qui fait présentement parler toute la province et qui aurait déjà éclaté au Parlement s'il n'avait pas été en vacation. Cette ville a été fort en désordre depuis quatre mois et ses divisions nous obligèrent d'envoyer deux conunissaires du Parlement, il y a bien deux mois, pour apaiser une sédition qui y était et faire le procès aux coupables. Nous commîmes ainsi ces Messieurs ensuite de la requête qui nous fut présentée par les habitants pour assister à l'élection du maire qui se devait faire. Elle fut faite avec tout l'ordre possible, sans brigues ni mouvements, et tous les suffrages furent donnés à un nommé Blaisot qui prêta serment publiquement et fut mis sur-le-champ en possession de la magistrature. M. d'Epernon, qui souhaitait que cette place fût remplie par le nommé Fanon, quoique dans l'horreur et dans l'aversion de ces peuples, n'a pu se résoudre de reconnaître l'élection de Blaisot. Il en a poursuivi la cassation au Conseil , qu'il a obtenue sous des prétextes qui sont hoi's de cette affaire , régulière en toutes ses circonstances. C'est par cette raison qu'il a été obhgé de faire exécuter l'arrêt sans le faire voir ni enregistrer, de manière qu'on voit ce maire , choisi par toute la ville et dont l'élection avait calmé tous les troubles, aujourd'hui dépossédé sans aucun sujet ni motif. Non content de ce procédé qui alarme toute la pro-

vince par la crainte de la perte de sa totale liberté , il a établi Fanon maire sans aucune forme , et a fait prendre prisonnier Blaisot son prédécesseur, pour avoir seulement accepté contre son gré la mairie ; l'a fait conduire dans Auxonne place frontière, à vingt-deux lieues de Montbard, et a fait passer ce malheureux captif à la face du Parlement, à travers la ville de Dijon. Vous ne pouvez croire , Monsieur, combien est grand l'éclat et le bniitdc cette action. J'ai été obligé de vous la faire connaître pour en informer Son Eminence , aussi bien que de ce qui s'est passé au Te Detim, et de vous prier de savoir si elle ne trouvera pas bon que je fasse mon devoir en ces occasions , pour empêcher le cours d'une conduite qui pourrait produire de fâcheux effets si elle n'était aiTêtée. Il est important que Son Eminence soit pleinement informée de ces mécontentements publics , et comme je ne me peux mieux adresser qu'à vous qui prenez grand soin des affaires du lloi en ce pays, je m'assure que vous entretiendrez volontiers M. le Cardinal de celles-ci qui regardent le service de Sa Majesté, et que vous me ferez savoir ses intentions.

Une me reste, Monsieur, qu'à vous demander la continuation de l'honneur de vos bonnes grâces, et de me croire, Monsieur,

votre etc.

BRULART

'LE COMTE D'HARCOURT A BRULART

Enlèvemeoi du bailli de Pagny par des soldats d'Auzonne.

Pagny, le 3 octobre 1658.

Monsieur ,

Je crois que le fils du sieur Bretagne bailli de ce Heu vous aura dit comme son père avait été enlevé par des soldats do la garnison d' Auxonne, ce qu'ayant appris aussi j'ai envoyé aus-

«itôt quatre de mes gentilshommes après, lesquels Tayant renrontré à la vup d'Anxomie l'ont ôtê des mains do ceux qui le conduiraient, quoique beaucoup plus en nombre, et Tout ramené iii, après les avoir poussés et désarmés en partit*. Comme ledit si»Mir Bretagne est un de mes oiliciers et que j ai atfection particulière pour lui, j'ai cm en devoir user do cette fa^'on et vous avertir do tout ce qui en est arrivé comme à une personne de qui j'estime l'amitié au deniier point, et à laquelle je suis avec toute la passion imaginable. Monsieur, votre etc.

H.\HCOUHT.

BRULART AU COMTE DHAKCOURÏ

Réponse à la précédente.

M Boide, le 3 octobre 1658.

Monsieur,

U n y a personne qui ne doive approuver ce que vous avez fait, et je ne sais pas comment on se pourra justifier de Tentreprise d'avoir fait arrêter un do vos oiliciers et domestiques , et de ravoir passé à la vue do votre maison, vous y étant. Quand d'ailleurs je considère le sujet de cet emprisonnement, je trouve que la justice en est offensée. Je vous suis obligé, Monsieur, de l'avis que vous m'en avez donné , qui passera plus loin par ma plume ; elle sera fidèle à faire connaître la vérité à ceux à qui j'en suis comptai)le. Je crois que vous forez bien de votre part d'en instruire vos amis de la Cour afin qu'ils fassent leur devoir. f>ux do la province n'y manqueront pas cortainoment. Pour moi , Monsieur, je suis tout à vous et ferai toutes choses imaginables pour vous faire connaître que je suis sans réserve , Monsieur, voire (*tc.

BRULART

BRrURT A LK ^MÏJJÈME,

Espuilètk

M, /l'Epemon , rrontinnant dans Ii» de^s^in è^ mi^tti^ dans le t-hhU^.mi d'AfiYOnne l^« maîre^d^ la proTiiK< qui ont été élus an pTi'lnAif'f, de renx pour qm îi avait affertion , fît prendre le 3 de ce moln un nommé Bretagne, qui araît été rhoîM par les hAhitanlA d^ Bellegarde poor être leur maire durant la présente « i%nfu*. Mni<* romme r-et homme e«t officier de M. le comte d'Harfourf , et que 1e<« fioldaii qui le conduisaient le passèrent à la vue de fVi^ny, ce prince y étant, il commanda à quatre de ses ^entilsliomnies de TaJIer tirer des mains de ceux qui le tenaient. Ils y rounirent ;i toute bride, et ayant joint ces soldats qui étnient cinq en nombre, commandés par un sergent de la garnison, ils les poussèrent et les désarmèrent, et ils leor enlevèrent le prisonnier qu'ils ramenèrent dans Paguv où il est présentemeiil. ^^\ ne doute nullement que cette affaire n'ait des suites, et fomnie elle pst considérable, j'ai cm vous en devoir informer. Toutes ces captures troulilent fort la province et personne ne saurait s'imaginer que laCour approuve cette conduite. Je crainr? qu'à la fin elle ne nous jrlte dans la nécessité de parler; mais le Roi peut prév(»nir Ions res tlésordres en faisant ^ivrc chacun comme il doit. Je vous supplie. Monsieur, de croire qu » j*ai pour vous tous les respects imaginables , et que je suis san«î réserve votre etc.

BRULART

LXZI

BRULART AU CARDINAL

Suite de la même affaire.

La Borde, le 5 octobre i65S.

Monseigneur ,

Je ne saurais avoi/ plus de joie que de voir Votre Eminence acquérir du bien eu reltc province , puisqpi'elle a eu agréable que j'y prisse le soin de ses intérêts ; ce que je fais avec autant de plaisir que si c'était pour les miens propres , n'étant fcuère moins à elle qu'à moi-même. Je viens de faire prendre possession en son nom de Tabbaye de Saint-Bénigne. Je soubaiterais qu'il lui plut de tourner un peu ses pensées de deçà, où elle a présentement vingt mille livres de rente, et qu'elle voulût y en avoir davantage ; cela serait si facile à faire qu'elle n'aurait qu'à le trouver bon. Je n'oserais toutefois lui rien dire de particulier là-dessus que je ne sacbe si elle l'aurait agréable, et je me contenterai de lui protester présentement que j(î suis à elle sans résr'rve.

Je dois avertir Votre Kminence que M. d'Epernon lit prendre prisonnier, le 2 de ce mois , un nommé Bretrtjçne ancien domestique de M. le comte d'Hnrcourt, et ù présent sou bailli de Pagny, où il demeurait depuis quelque temps auprès de la pei'sonne de ce prince. Le sujet de cet emprisonnement n'était qu'à cause qu'il avait été élu maire de Bellegarde pour la présente année, au préjudice d'un autre que pointait M. d'Epernon. Il fut arrêté par un sergent et cinq soldats d'Auxonne, qui le prirent à une lieue de Pagny et le passèrent à la vue du château où était M. le comte d'Harcourt. Celui-ci commanda aussitôt à quatre de ses gentilshommes de monter à cheval et de faire en sorte de retirer Bretagne. Ils poussèrent donc aux soldats qui tirent ferme d'abord , mais ils furent renversés et en partie dé-

flariné8, (»t le prisonnier repris sans mort ni blessé et ramené ilnns Pagny.

Vdilà , Mons(*if;çuciir, le r(^cit au vrai de ce qui s'est passé en iM»tti» orcwision, et Votre Ëminence y peut faire un fondement certain, io no sais si elle aura appris que M. d'Harcourt et M. d'Epernnn tMaiont tléji\ trt's mal avant cette dernière brouillerie qui poul avoir des suites les plus fâcheuses pour la province ; ce serait de voir la continuation de ces captures qui deviennent fréquentes et qui troublent et renversent la liberté d*élire des maiivs i»l olHciers de ville, qui est le plus ancien droit et le moins (louuua^iMible pouvoir qu*aient jamais eu les peuples. Il est diftlcile dVorin* le secn^t de toutes ces choses, mais il est très iin|H)iiant d y jHiurvoir et tK*s facile de conserver tous les-cœurs «tous le plus auiruste et le plus aimal)le ministère qu'on ait encoiv ootuiii.

Je demande ;\ Votn' Kminenee la continuation de sa protectum et \le îio souvenir que je suL<! à elle. C'est, Monseigneur, de \A»liv Kuùueuoe. le trèshumWe etc.

BRULART

Lxxn

IK RiH A BRULART.

l.L M iisuviî <M t<(5S.

\\aui ivxoiu vî.* m aclv.*iniuor -u ma province de Bourgogne \{<\\\^ U lin du ï^tvxt^i!! îtu>i>. ot .* •ritrer le lendemain de la fête \lel^ t\»K-.x.uut !» •iM»\>..r.!v P'L i»»rxi^.nt pour lui faire eulendre lau^ioui . V U.v-v > viNu .^ *uvtt •'■.'*» -u^rvi'V »?t le bien de mes su- |oi ■ ilo i.*vh» ' -low^î, . . . .r^ I MLulif» ''oui* de **.i<5enibler in- MMaukcut l»om ^»'i .'ib.^ v \ou> ..IIS cette lettr».' pom» vous dirv*

de tenir la main à ce que mon intention soit accomplie , von» assurant que vous ferez chose qui me sera très agréable. Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait, Moasieur Brulart, en sa sainte garde.

Ecrit à Paris ce i5« jour d'octobre 1658. Signé : LOUIS. Et plus bas : Puelypeaux.

LA VRILLIÈRE A BRULAUT.

Même sujet.

Paris, le 15 octobre 1658.

Monsieur ,

Ce mot n'est que pour accompagner les dépêches ci -jointes

que le Roi vous fait et à Messieurs de votre Compagnie , pour

leur donner avis du voyage que Sa Majtîsté va faire en peu de

jours en Bourgogne , et leur ordonner de s'assembler en Corps

pour entrer le lendemain de la fête de la Toussaint prochaine au

Palais où Sa Majesté se rendra pour leur faire entendre ses

intentions. Je vous supplie, Monsieur, d'apporter pour Taccom-

plissement de ses ordi'cs toute la diligence possible , et de me

croire toujours, Monsieur, votre etc.

LA VRILLIÈRE

BRULA RT A LA VRILLIÈRE

Réponse k la précédente; il se plaint de n*ètre pas instruit du sujet

de cette solennité.

Dijon, le 20 octobre 1658.

Monsieur ,

Aussitôt votre pa(|uet reçu, j'ai fait assembler le petit nombre d«» Messieurs du Parlement <ini étaient à Dijon pour résoudre, ••r»inrnc on a fait de inaïuler les autres de se rendi'c ici sur la fin

de f ette semaine, en attendant L'arrivée da Roi et son entrée au Pariement. Cet honneur e«t srand poor loi . mais particulièrement ponr moi qni doû« parler. Je ne laL«<e pas d'avoir un sensible déplaisir de n'être pas avt>rtî . du moinâ en zros, de quoi il s*agit et de me voir par là diins la n»^?essitê d'être surpris. Je m'imagine qu'on ne souhaite pas que personne parie . puisque je ne suis point averti du «ujet. J'attendrai de vo-^ nouvelles làdossus avee impationep, me réjouissant par avanee de l'honneur que j*nnrai de vous renouveler de vive voix r.issuranre que j»* suis et s(»rai toujours. Monsieur, votre etc.

BRITART.

LXXT

BRrîART A LE TELUER.

Omplc-rcDdo de rafT4ire «ii frcffier es chef J0I7 et des dispositioi»

do ParleoKBt.

Dîji», k ii noTfiebrc fftSS.

MONSIEl H .

Je me donne rUonncur df» vous envoyer un extrait en forme du registre du Parlement contenaîit ee qui > y passa le vendredi 22 dti courant contre le greffier i*n ohef 1 . 1/atfaire a été traité** comme pailiculière et par disciplina*, «ans que la Compagnie ait prétendu délibérer sur renregistrem»^nt des édits. Vous verrez mieux pîu- cr; lidèle récit la conduite du cénéral et du particulier que je ne vous le pourrais expliquer. Je me contenterai seulement de vous dire, Monsieur, que je n'ai pas voulu me rendre partie de ce greffier, de crainte d'êrhautfer des esprits que je travaille tous les jours à adoucir pour le hi«*n du service du Roi.

(Ij Voir, pour «rouiiallre ce qui ^e pas?a à ceUo otoasioii. noire Hî^loirr fin Parlement de Bourgogne, l. Il,chap. X.

On s'est imagina qu il y arait id qa^lqn^ BaBT«ii»^st paras la populace ; mais le procar^or çTndir à^ la TiDe m'a miç ^m main les procès-verbaux de ses patronîlkts . qiû m'apfreiiiKflt qu'il a tout trouvé dan^ ud srand calm^. J'ai vu M. d'EjperiMHi là-dessus, à qui j'ai dit que \^ Pari^m^^ joindraîl 54d aatûrîtr à la sienne pour faire qu'^lqu** rbo?* dVy^lat. s'iJ k- ju^^aîtâ propos; mais il m'a assuré que tout était f^ bc^D état ^ quU n'v avait rien à craindre.

Encore qu'il y ait eu quelque froideur ^ntr^ M. 1^ ChancWier et moi à cause d'un refus qu'il croyait qu'oo avait fait de laisser entrer un maître des requêt*— qu"D avait envoy»- au Pariement, re dont il doit être désabus»'- : 'y n'ai pas lais*^ de l»* v<Mr are^ assiduité et de l'informer d^* fout ce qui s^ pa^^saît soit au Parlement ou aux Etats, afin de '^voir d^ lui, de moment à antr^, les moyens pour servir le Roi en l'un #*t en l'autre lieu. Je lui dis même il y a quelques juurs la n'-colntion où je voyais le Parlement d'onlouner des remontranr*** sur le-^ édit« et de prier le Roi d'en airréer la ^urséance, et que je faisais mes efforts pour éloigner cette proposition. Et enfin, ne pouvant plus l'éviter, je lui fis dire hier matin qu'assurément l'arrêt -^e rendrait Taprèsdinée, s'il n'y pourvoyait. En effet, la chose fut conclue et passa tout d'une voix , à la mienne près, avec une autre qiû était de se contenter des remontrances.

L'affaire des Etats ne prend pas un lion chemin: ce n'est pas qu'elle ne puisse s'accommoder, mais ils ne s'avancent pas davantage qu'ils ne voient espérance que vous vous relâchiez de votre côté , et s'il y avait moyen que vous fissiez quelque chose pour eux , je ci-ois certainement qu'ils prendraient pensée de passer encore par delà le million. L'aversion qu'ils témoignent (m vertement avoir contre quelques-uns qui font des propositions pour la Cour gâte et détniit la plupart des choses qu'ils proposent, et je m'imagine que celles qu'on rebute avec hauteur seraient plus considérées si la personne du proposant était moins odieuse....

Voilà le compte des choses qui sont de ma connaissance, dont

je n'entretiens pas Son Eminenre si amplement que vous , me remettant au récit que je crois que vous lui en ferez. Je vous demande pardon de la liberté que je prends de mettre la lettre dans votre paquet, et en même temps la grâce de me croire, Monsieur, votre etc.

BRULART

BRULART AU CARDINAL

Même sujet ; il ne peut servir le Roi qiren restant uni à sa Compagnie.

l)ij«m, le 26 novembre Id.Hs.

Monseigneur ,

Je n'oserais importuner Votre Eminence de la lecture de tout ce qui s'est passé ici dans les aflfaii*cs du Roi depuis son départ. Je crois que M. Le Tellier, à qui j'en mande le détail, prendra la peine de vous (îu informer. Gepeudaut, Monseigneur, comme je me trouve ici dans de fâcheux eml>arras et que je sais que Votre Eminence trouve bon qu'en me proposant toujours le service du Roi pour but je conserve aussi quelque crédit pour le servir plus utilement, je supplie très humblement Votre Eminence d'interpréter toujours ma conduite suivant l'assurance que je lui en donne et l'espérance qu'elle m'a déjà fait la grâce d'en concevoir, ne pouvant jamais être qu'avec toute la passion et toute la fidélité imagiuable , Monseigncîur, de Votre Eminence, le etc.

BRULART

BRULART A Ï.E TELUER.

Même sujet j il explique sa conduite et les difficultés quMI rencontre de la part

du Parlement.

Dijon, le 3 décembre i6HS.

MONSIEUB ,

Je vous rendis pai* la dernière poste un compte fidèle et exact de Tétat de toutes choses. Les juges du greffier en chef se sont aujourdliui assemblés pour députer au Roi ensuite de la lettre du cachet, afin de lui rendre raison des motifs de leur arrêt. Ces Messieurs n'ont point voulu que les parents et alliés de ce greffier, du nombre desquels je suis , opinassent sur Texécution dt» Tordre de Sa Majesté, parce que cette affaire, disent-iLs, est particulière et qu*il ne serait pas juste d'obliger ceux qui n'ont pas été juges de députer pour soutenir l'arrêt rendu contre leur parent. Je n'ai donc pu assister à cette délibération, quoique j'aie fait mes efforts pour ne point quitter ma place, s'agissant (le faire exécuter la volonté du Roi. Ils ont enfin délil)éré qu'il serait satisfait à l'ordre de Sa Majesté porté par la lettre du cachet, et cependant que deux conseillers iraient au plus tôt à Lyon se rendre auprès de sa personne, ce dont vous devez être averti par les syndics du Parlement.

J'.ivais voulu obliger Messieurs du Parlement de vous donner a\is de leur délibération sur les édits portant qu'il serait fait d(\«î remontrances au Roi , afin que vous leur pussiez faire savoir ses intentions là- dessus, et qu'ils ne fussent pas accusés d'avoir voulu arrêter l'exécution des édits, sans s'être seulement mis en étit d'eu représenter les raisons; mais je ne l'ai pu obtenir, et je suis honteux de vous dire que je n'ai été suivi que d'une perscmne. Je vous dirai à ce propos, Monsieur, que je me trouve ici dans le plus mauvais poste qui se puisse imaginer. Les esjirits sont si éloignés par le bruit de ces nouveautés, que je ne

^(aurais in'a«$iirer sur mes meillpurs aiuis ni mes plos proche-^ parents pour soutenir les propositions que je fais. Vous serez 4'ncore plus étonné quand vous saurf?z qu'ils ont dit« eu députant ces deux conseillers, que c'était à condition qu'ils ne pourraient entendre aucune proposition coucemant les affaires publiques , ni négociation. On le voulait même insérer dans la délibération, et, s'ils ne l'ont pas fait, c'est parce qu'ils ont tous dit et convenu que, députant seulement sur la lettre du cachet qui est une affaire particulière , les pouvoirs des députés ne s'étendaient qu'à faire entendre les motifs de l'arrêt. Je suis fâché d'être oblipé de vous dire ce détail et de vous faire connaître qu'en l'état présent des choses il n'y a personne qui puisse s'opposer au torrent. Ils disent que la province est perdue, mais que du moins ils n'y consentiront pas par leurs suffrages. Je leur fais voir le contraire , je leur propose des remèdes , ils répondent par colère et par désespoir. Je serais bien heureux si vous me vouliez donner quelques i-èj^Ies pour ma conduite , afin d'agir suivant vos ordres et de ne laisser pas à mes ennemis le plaisir de m'imputcr tout ce que le Parlement fait de désagréable , quand je suis dans le dernier déplaisir de voir qu'il ne s'aide pas comme il le pourrait.

Je prends la liberté de vou^écrire toutes ces choses en secret et de vous demander le secours de vos lumières dans des affaires si embarrassées, puisqu'il me sera très aisé de conformer mes fidèles sentiments à ceux que vous m'iuspirerez. Je suis. Monsieur, votre etc.

BRUL.\RT

LE ROI A BRULART

11 le mande à Lyoo.

7 tléceuibre 1659.

Monsieur Brulart,

Ajaut ordonné à ma Cour de Parlement de Dijon de députer vers moi un président et quatre conseillers pour mt.' rendre compte de ce qui s'est passé en Tarrét par elle donné contre M. Joly de Cutigny, greffier en chef, je ne doute pas que madite Cour n'y ait satisfait et que lesdits députés ne soient en chemin pour me venir trouver. Mais comme je désire être informé par votre bouche de quelques particularités concernant cette affaire, je vous fais cette lettre pour vous dire qu'incontinent après l'avoir reçue vous ayez à partir pour vous rendn» mçessammenl auprès de moi ; et me promettant que vous ne manquerez d'accomplh* ce qui est en cela de mon intention , je ne vous en ferai la présente plus expresse ni plus longue, que pour prier Dieu qu'il vous ait, Monsieur Brulart, en sa sainte garde.

Ecrit à Lyon le T> jour de décembre 1658. Signé : LOUIS. Et plus bas : Le Teluer.

LA VRILUÈRE a brulart.

Eavoi de Tordre du Roi.

Lyon, le 7 décembre I6ud.

Monsieur ,

Je vous adresse, par ordre du Roi, la lettre qu'il vous a écrite pour vous dire de le venir trouver et lui rendre compte de ce qui s'est passé en votre Compagnie , à quoi je ne doute pas ,

— Si —

Monsieur, que vous no défériez avec tout le respect et l'obéissance (lue vous devez aux ordres de Sa Majesté, et vous supplie

de croire que s'il se présente occasion de vous rendre service, je vous témoignerai que je vous honore particulièrement et que je suis toujours, Monsieur, votre etc.

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