DE PAR LE ROI
Exil de BraUrt.
Sa Majesté étant mal satisfaite de la conduite du sieur Brulart, Premier Président en la Cour de Pariement de Dijon, lequel est présentement en cette ville, Sa Majesté ordonne au siour de Saiutot maître des cérémonies de faire de sa part commandement audit sieur Bruiart de partir incontinent et sans délai de cette ville , et d'aller incessamment et droit en celle de Perpiaman en Roussillon, et d'y demeurer jusqu'à nouvel ordre.
Fait à Lyon le 20* de décembre 1638. Signé : LOUIS. Et plus bas : Le Teluer, et scellé.
Je certifie que le présent extrait a été tiré sur l'orignal. Signé : Saiîitot.
BRLLARD AU CARDINAL.
Il recourt à sa justice.
Perpigaan, le 25 janvier 1659.
Monseigneur ,
La plus grande disgrâce qui me puisse jamais arriver serait de voir changer les bons sentiments que Votre Ëminence m*a témoigné avoir pour moi. J'ai été si soucieux de continuer de vous donner des marques de cette vérité, que je n'ai point eu de plus fortes impatiences, depuis mon malheur, que d*obéir sans relâche aux ordres du Roi en me rendant en cette ville où je suis depuis sept jours. Mais présentement. Monseigneur, que j*y ai satisfait exactement, j'emploie mon temps, que j*ai dédié tout
entiei' au sorvico do Sa Majesté et à celui de Votre Ëminence, à pluiiidn' mon iufoituno de ne vous avoir pu faire voir par le ronipto (le ui08 actions des vérités importantes concernant les choses qui se sont laissées eu Bounçof^e, et que Votre Eminence aurait ti\>uvées certainement fort différentes de ce qu'on lui 0 donné A ontcndn\ C'est ce malheur qui a fait accuser ma conduite , et qui en mon esprit a fait toute ma faute que j'ai tâché dVxpN»r |mr la promptitude de mon obéissance. Mais j'ose espérer 4|ue Votiv Kniinence« <|ui est toujours juste et toujours génér<Hi»o , ne rt^fusera |wis d ouïr un jour un de ses plus assurés «erviteui*!* en sa pleine justiticatîon« et que si l'état des choses ne >»outlrt» pas iMicor^* que je retourne à lexercice de ma charge, elle \\w lUMiuettra à |Vt*;!îeut . i^ar une première grài e , de me in»UiH»r en lUmni^^ie dau:> une de mes maisons de campagne, pour \ vivn» pouotuoUemeut suivant les ordres qu'elle me donnera « eu attendant que^ par une dernière, j'aie la liberté de servir le Uoi à la tèlo du l\ur)eaieat« comme j'ai fait jusqu'à pré- M»nt» avec tUlelite. i. est U très humble prière que fait à Votre Kuùuence . av^n- soumtssi\m et siaet?rité • celui de tous les hommes* qui cHl aus.M tWtemeut. Mons^içueur. de Votre Emmence, \t etc.
BRCXART.
• •«Il
IK CVRWXAl A BRrLVRT-
>KvX!^¥;<i
J ;ii \u ^^^ x^w \vu< ji\»>4 v^s la v<tJi««? c^ « «rw de IVrpiciMtt e< ;v xvsis c\*a!C^ <r*kV i-^f cv ^u: :ite? r**ïCir«ie <« noa par- ^nfcj«rc >Ia&< ji«A t^stv- ^vas :r*.»«\»?cr»< bi>tt «(a^ > tu*? dfe* fran-
cheroent qu'il serait à souhaiter, pour le bien de votre Compagnie et pour Tavantage des affaires de Sa Majesté, que vous eussiez toujours fait paraître les mêmes sentiments que vous me t«^moignoz par votre lettre. Je serai ravi de contribuer à votre soulagement lorsque je le pourrai faire ; mais les choses n'étant pas encore en cet état-là , je ne puis que souhaiter qu'elles y soient bientôt^ et vous assurer qu'alors je ne perdrai pas un moment de temps à vous faire voir par les eflfets que je suis , Monsieur, votre etc.
Le Cardinal MAZARIN.
LXXXIT BRULART A LE TELLIER
n demande qu'on adoucisse son exil.
Perpignan, le 25 juiTÎer 1659.
Monsieur ,
Sur l'assurance qui m'a été donnée par M. le Premier Président de Grenoble que vous aiu^ez la bonté de vouloir ra'aider à obtenir ma grâce de Son Eminence, je commence par les justes remerciments que je vous dois de vos bons offices dans mon malheur, et à vous dire , Monsieur, que j'arrivai ici le 20 de ce mois, n'ayant pu m'y rendre plus tôt à cause de la misère de Perpignan, qui est telle qu'un de mes gens que j'y avais envoyé devant n'y ayant trouvé que quatre vilaines murailles qu'il a fallu reblanchir, je fus contraint malgré moi de séjourner quelques jours à Narbonne pour y faire faire absolument tous les meubles nécessaires à un ménage. L'obéissance a donc été tout mon souci depuis mon départ de Lyon , et je l'ai préférée au .«^oin et aux pensées mêmes de travailler à mon retour, étant bien aise de faire voir par ma conduite à tout le monde que je n'ai pas moins de soumission envers le Roi dans ma disgrâce,
0fm fm WÊBnUïïf'. d'^mpreaieaMBl «t de fidéfité dans boh em] povr Mn ftfiTTyt^t. Je «ais bien aosBÎ que c'est là la |ilas belle foie pour me fîiçDak-r dans ma L-harze cfiie je ne dois qu'à loi et â la prolef'tioii de Son Emineoce, et comme je n'ai jamais eu d'antreii sentiments et qoe j'en ai toajoors donné des marques ptthiiqnes, j'ai raison d'espérer que cette rérité ne doit pas être longtemps cacbée. Mal« parce que l'état de^ affaires répugne peot-^tre encore à mon entier rétablissement . je tous supplie. Monsieur, en attendant la fin de ma mauTaise fortune , d'intercéder pour moi auprès de Son Eminence et de lui faire trouver bon que je me retire à 1^ Borde ou à Sombemon, qui sont deux terres que j'ai en Bonrgo^e. Je consentirai plutôt , après avoir fait près de deux cents lieues, d'avoir encore l'une de ces maisons pour exil ou , si l'on veut , pour pnson, et de n'y vi>TC que suivant la loi qui mp sera donnée. Je vous le demande même par grâce, et à Son Eminence à qui j en fais la prière par la lettre que je mets en votre paquet, après la bonté que vous avez eu d'eu agréer Tadresse ; mais je ne vous en saurais offrir que des ressentiments jusqu'à ce que vous m'ayez mis en état de pouvoir vous en donner des marques , et que je suis , Monsieur, votre etc.
BHULART.
LXXZT
LE TELLIER A BRULART
Réponse à la précédente.
Paris, le 7 féTrier 1659.
MONSIETJH ,
J'ai rendu en main propre de Son Eminence la lettre qu'il vous n plu de m'adrosser pour ce sujet, et vous ne devez point douter que je n'observe soigneusement ce qui se passera dans
toutes les choses qui vous touchent pour profiter des occasions qui s'oflfriront de contribuer à votre satisfaction , n'y ayant rien on quoi je souhaite plus de réussir, puisqu'il s'agit de vous témoigner que véritablement je suis, Monsieur, votre etc.
LE TELLIER
BRULART A VILLEROY
n lollicite le reconvrement de sa liberté.
Perpignan, le !•' vaut 1659.
Monsieur,
Ce n'est pas assez que j'aie une parfaite reconnaissance des bons et signalés offices que vous me faites la grâce de me rendre à tout moment, il est encore juste que je vous donne des assurances de ma gratitude, et qu'apprenant l'excès de voire bonté pour moi je tâche de m'en rendre aucunement digne par la protestation que je vous fais (jue rien ne m'est si sensible ni si glorieux que l'honneur d'avoir paît eu vos bonnes grâces. L'attache que j'ai à m'en continuer la possession me fait aussi, en vous remerciant de la protection <|ue vous donnez à mes intérêts, vous supplier de ne vous point lasser d'obliger une personne qui ne souhaite le recouvrement de sa liberté que pour vous en faire hommage et pour l'employer tout entière à vous faire connaître que je suis tout ce qu'on peut être , Monsieur,
votre etc.
BRULART
LXZXVII
imULART A ROSE, n demande à être eiiTOTé à Lanl.
Perpignan, le t** mon ICM.
Monsieur »
L'un des plus grands bonheurs que je pouvais avoir dans ma disgrâce , c'était d'être honoré de votre bienveillance. J'en ai aussi ressenti de si puissants effets par la continuation des bons offices que vous me rendez auprès de Son Ëminence, qoe je ne doute point que je ne vous doive déjà l'adoucissement qui commence de paraître en ma faveur. Et comme je n'ai pas moins à cœur de vous en témoigner ma gratitude que de voir la fin de ma mauvaise fortune , je ne saurais aussi désirer mon rétablissement que je ne fasse en même temps des vœux de me pouvoir acquitter d*une partie des obUgations que je vous ai.
J'espère , Monsieur, que Son Ëminence me fera la grâce de changer mon exil de Perpignan, et de me renvoyer à Laval, au pays du Maine , qui (;st encore plus éloigné de Dijon que le Roussillon , et je vous supplie de m'être favorable dans la poursuite de cette grâce à laquelle je ne penserais point si je croyais qu'elle fût en quelque façon nuisible aux affaires du Roi. Je vous demande encore instamment celle de croire que vous ne sauriez obliger personue qui vous soit avoc plus de ressentiment que je suis. Monsieur, votre etï».
BRULART
LXZXTIII
LE ROI A BRULART
n raatorise d'aller à Pézéoas.
5 mars i659.
Monsieur Brulart,
Ayant su que vous êtes tombé malade à Perpignan, j'ai bien voulu vous faire cette lettre pour vous dire que je trouve bon que vous alliez dudit Perpignan à Pézénas en Languedoc, pour y recouvrer votre santé, à condition d'y demeurer jusqu'à nouvel ordre de moi, et la présente n'étant pour autre fin, je prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur Brulart, en sa sainte garde.
Ecrit à Paris le 5« de mars 4659. Si^è : LOUIS. Et plus bas : Le Teluer.
LE TELLIER A BRULART
Il lui donne avis de cette autorisation.
Paris, le 7 mars 1659.
Monsieur ,
Quoique vous n'ayez point k\\\ de mes nouvelles depuis les derniers ordinaires , je n'ai pas pour cela mis en oubli la grâce que vous demandiez de pouvoir aller en quelque ville du Languedoc , à cause de votre indisposition à laquelle vous croyez que Tair de Perpignan est contraire , puisqu'il est vrai de dire que j'en ai parlé plusiem*s fois dans cet intervalle, et qu'enfin le Roi a trouvé bon de vous permettre de vous retirer à Pézénas. J'en ai fait mettre Tordre entre les mains de Madame de Bi^seuil, et je ne doute point que vous ne le receviez par ce même ordi-
— un —
liajr*^ J« MiuimiU iii<fti Ion , MuuMPUf . df ponroir pcmtrilnie
Œ TELUEH
ZC
HHf J.AHT ^ fci ^^lAKHt DE CHATEAlIllEGNArLT i
Sotivenm d'aniHir dm Texil.
j»' VMiif floJH <ft â votiv mnlfon tautde rnssentiiiMaïf de la fDic<* qiir v#Hih rii'.'ivi'/ faifif du preiidn* pari à ma mauTaifte fortanf. i\ur voijf ifH' ninyt*'A jiIijk d'irn|»ali<*n<v* de voos donner des mar- *|IJ*•^ ili* mil vivi» vt*niuïiiÛHsim('(» qu<» je nVn re^sen* delà durer flf iiMMi <«\il. MiiiH, Monsinur, eu Tétat on je suis, jV ne saurais i|Mf* voiiH iliM'IiiriM' li'H obligations que je vous ai, sans pouvoir m Vil ai'i|iiillfr. Itrcrvex du moins la sinoérîté de mon cœur l'oiiuiM* lit moiiimit'. (|ui n cours parmi les exilés, et faites-moi la wrai'H iToln' peisiiiMlt^ que je serai toujours absolument à vou>.
Il > a nI loiiMiomps ^\\w je n'ai im\u des nouvelles de la santé ili^ iiotn» avoral nêiu^ral ipie j'en suis en grande inquiétude. J«^ vuui îiupplie lie rniire que jai Thonneur d'être parfaitement d»^ (ou*' le>i lieux» Monsieur» le t^te.