BRULART AU MÊME
Condoléances au snjet de la mort de Tavocat général Ouarré.
Pézénas, le 7 arril.
Monsieur ,
Mon attachement à vos intérêts et à ceux de votre maison persuade assez que je suis sensiblement touché de la perte que vous avez faite de M. l'avocat général; mais rien ne vous saurait bien faire connaître toute la douleur que j*en ressens, à moins que vous considériez l'étroite liaison d'amitié et d'alliance qui était entre nous deux. Le plaisir que j'ai eu de la posséder est donc maintenant changé en amertume cruelle et je suis certain que, quelqu'union qu'il y ait en votre maison, je ne le dois ni le peux céder à aucun d'eux en regret et en ressentiment de cette funeste mort. Je me satisfais en vous disant mon affliction, sachant que la vùtre ne peut être qu'extrême , quoique vous n'ayez pas manqué de temps pour vous y résoudre. Je vous prie, Monsieur, que l'amitié qui était entre lui et moi ne finisse point en sa pei'sonne. Vous pouvez de votre part en fortifier la vôtre à mon endroit , et je vous proteste que de mon côté vous vous apercevrez d'un nouveau zèle pour vos intérêts et d'une plus grande passion que jamais d'être toute ma vie. Monsieur,
votre etc.
BRULAHT.
BRULART A LE TELLIER
Il demande à transférer sa résidence dans le Maine.
Perpignan, le ît mare 1659.
MONSIECR ,
Il ne se peut rien de plus ajouter aux bons et continuels offices que vous me faites la grâce de me rendre qu'à la parfaite reconnaissance que j'en conserve». Je sais de quelle manière vous
m'avez procuré Pézénas et je suis si sensible à cette obligation que je ne voudrais pas à cette heure n'avoir point été exilé, puisque ce malheur m'a fait trouver en vous une utile et puissante protection, qui, étant suivie d'un ressentiment aussi entier qu'est le mien, ne saurait que m'ètre encore plus avantageux par TespérancG que vous ne refuserez pas de la continuer à un homme que vous avez si absolument acquis. Son Eminence , par sa réponse à la lettre que vous avez eu la bonté de lui rendre , me fait l'honneur de me témoigner de la bonne volonté, et elle cgoute que l'état des affaires ne permet pas que j'aille encore en Bourgogne. Je serais fâché, dans ma passion de procurer le bien de celles du Roi, de rien proposer qui leur fût nuisible; mais comme je crois que mon séjour à Laval, au pays du Maine, beaucoup plus loin de Dijon que n'est Pézénas ni même Perpignan, sera assez indifférent à la Cour dans la conjoncture présente , je prends la liberté , Monsieur, de vous importuner de cette nouvelle grâce que je demande aussi à Son Eminence, en la remerciant du changement de mon exil. Je peux espérer qu'elle ne me la refusera pas par votre intercession , et que ressentant de si grands regrets d'être exclu de servir utilement le Roi dans l'embarras où nous sommes , elle voudra bien , pour ma consolation, me permettre de songer, durant mon infortune, à mes aff'aires particulières et domestiques , en attendant que l'état des choses permette mon rétablissement pour me donner de nouveau et tout entier aux intérêts de Sa Majesté. C'est ce que je vous supplie instamment de faire valoir, et de croire qu'on ne peut être plus que je suis , Monsieur, votre etc.
BRULART
LE TELUER A BRULART.
Réponse à U précédente.
Paris, i« 10 atril 1659.
Monsieur ,
J*ai rendu en main propre de Son Eminence la lettre que vous m'avez adressée avec celle qu'il vous a plu de m'écrire le 22 du mois passé. Elle Ta lue en ma présence et il m'a semblé qu'elle était en bonne disposition pour ce que vous désirez. C'est ce que j'essaierai de cultiver par tous moyens; reposez-vous-en sur moi qui voudrais être propre à quelque chose de mieux pour vous témoigner que je suis , Monsieur , votre etc.
LE TELLIER
BRULART AU CARDINAL
Même sujet.
Perpi|rnaii, le Si mars 1659.
Monseigneur ,
Les nouvelles grâces que j'ai reçues de Votre Eminence, tant par la lettre qu'elle m'a fait l'honneur de m'écrire que par le changement de mon exil , étant de nouveaux engagements de ma part envers elle, je m'imagine qu elle n'aura pas désagréable la liberté que je prends de lui en donner des assurances et de lui renouveler qu'il n'y a personne au monde qui lui soit plus acquis que je le suis. Ma relégation , Monseigneur, m'a été véritablement sensible par l'appréhension où j'étais que la couleur dont mes ennemis se sont servis ne me rendit méconnaissable à Votre Eminence; elle ne laissera pas de m'ètre extrêmement
dure tant que je me verrai hors d^élat de pouvoir servir Sa Mtijesté et elle. C'est un déplaisir que je ressens encore plus vivement à cette heure qu'il me semhh* que mes services ne seraient peut-être pas inutiles au Roi dans la conjonctiu'e des affaires de Bourgo^e. Mais ce regret ne diminue rien de ma soumission à ses ordres, et ne pouvant me signaler pour lui dans ma mauvaise fortune que par ma parfaite obéissance, je tâche du moins de la faire connaître partout par ma conduite très respectueuse et très soumise.
Je laisse à Votre Eminence de juger quand il sera temps que je paraisse. Cependant je cx)nserverai toujours dans mon cœur des sentiments véritablement fidèles dont elle recevra quand il Uîi plaira des marques plus éclatantes. Et comme ses grâces ne sauraient être épuisées, et que, parcelle qu'elle me vient défaire, je m'en vais à Pézénas achever de rétablir ma santé , je crois pouvoir espérer de la pure bonté de Votre Eminence qu'elle m'accordera (à présent que l'état des atfaires ne permet pas encore que j'aille en Bourgogne ) que je me retire en attendant au pays du Maine , éloigné de Dijon d(» plus de quarante heues que n'est Pézénas. J'aurai l'honneur, Monseigneur, d'y être votre vassal ot j'y vivrai avec les sentiments d'un homme qui vous doit fidélité et qui s'est donné à vous pour toute sa vie. C'est, Monseigneur, de Votre Eminence, le etc.
BRULART
LE CARDLNAL A BRULART.
Réponse à la précédente.
Parif. le 16 mai 1659.
Monsieur ,
J'ai reçu avec beaucoup de joie le remercîi^ent que vous me faites, parce que je conserve toujours beaucoup d'amitié pour votre personne, et qu'aussi je vous ai toujours cru de mes amis.
quoiqu'il se soit passé quelque chose en ces dernières occurrences que j'aurais fort souhaité qui ne fût pas arrivée. Mais comme le temps est un grand remède aux maux les plus fâcheux, je ne désespère pas qu'il ne me donne lieu de pouvoir adoucir les vôtres , et vous pouvez faire état que je m'y appliquerai de la bonne sorte, étant avec une estime aussi particulière que je suis, Monsieur, votre etc.
Le Cardinal MAZARIN.
LE KOI A imULART.
Il Tautorise à se rendre à Laval.
5 mai 1059.
Monsieur Bullart,
M'ayant été fait inst^mce de votre part pour changer votre séjour de ma ville de Pézénas en celle de Laval, au Maine, proche une terre qui vous appartient et où vos affaires pai'ticulières requièrent votre présence, je vous fais cette lettre pour vous dire que c'est chose que j'agrée volontiers et que vous pouvez vous mettre en chemin quand bon vous semblera pour aller en ladite ville de Laval, où étant vous y demeurerez jusqu'à ce que vous y receviez autre ordre de ma part. Cependant je prierai Dieu qu'il vous ait, Monsieur Brulart, en sa sainte garde.
Ecrit à Paris le 5' jour de mai 1659. Signé : LOUIS. Et plus bas : Phelypeaux.
xcni
BRULART AU CARDINAL
HemerciiDeoU de boq cluiDgemeot de résidence.
Peiéiiu, il' 19 mai 1659.
La nouvelle grâce que me vient de faire Votre Ëmiuenee , nie permettant d'aller au pays du Maine mettre quelque ordre à mes aifaires, ajoute tant aux obligations (jue je lui ai, que je ne me sens pas à présent moins obligé à elle de ma vie que de ma liberté. Votre Eminence a conservé l'une en me faisant respirer l'air de Pézénas, bien ditférent de celui du Roussillon , et elle vient de commencer de me rendre l'autre en m'acco]*dant de pouvoir aller en une de mes maisons. Permettez-moi encore. Monseigneur, de dire à Votre Eminence que, considérant ces grâces comme des effets de sa bonté, dont j'ai su d'ailleurs de bonne part qu'elle m'a honoré depuis mon malheur, je n'attends mon rétablissement et mon repos que d'elle-même, et par cette raison je n'ai pu me résoudre d'écouter ceux qui s'étaient offerts à moi pour se rendre mes intercesseurs auprès de Sa Majesté. Ce sentiment est si conforme à ce que je dois à Votre Eminence et à la protection qu'elle daigne me donner, que je la supplie instamment, en m'avouant toujours pour être à elle, d'être aussi persuadée qu'on ne saurait éti-e plus que je suis. Monseigneur, de Votre Eminence, le etc.
BRULART
BRULART AU CARDINAL
n demande à èlre eoteoda et qu'on examine sa conduite.
Uval, le 17 juiu 1659.
Monseigneur ,
Si j'ai eu de la joie d'avoir obtenu de Votre Emineiice la permission de venir de Pézénas en cette ville pour mettre ordre à mes affaires particulières, j'ai été encore plus sensible à celle de recevoir dans ma marche une de ses lettres du 16 du mois dernier, qui m'apprend, dans les termes les plus doux et les plus charmants du moude^ que Votre Ëminencc ne laisse pas, malgré mon malheur, de me croire toujours à elle et de me conserver même une part dans l'honneur de ses bonnes grâces. J'avoue, Monseigneur, que mon éloignement depuis cette heureuse nouvelle ne m'est plus aussi rude ni aussi fâcheux qu'il était; car vous ayant toujours considéré, et particulièrement depuis ma promotion à la charge de Premier Président , comme le but de tous les respects et de tous les services que je suis capable de rendre , je n'avais pu trouver de trêve à ma douleur dans la crainte que cette vérité , qui m'est si importante , ne vous eût encore été cachée. Mais je ne saurais jamais être entièrement consolé que celle de ma conduite ne soit connue de Votre Enjinence jusque dans les moindres circonstances. Mon rétabhssement même, quand il arrivera, ne me réjouira que modérément si je n'apprends pour lors que Votre Eminence aura su avec quelle vigueur j'ai porté les intérêts du service du Roi et avec quelle fermeté je me suis opposé hautement et en pleines assemblées des Chambres à de certaines délibérations que je dis, plusieurs fois dès lors et en ma place, qui attireraient une partie des mêmes disgrâces dont elles ont été suivies. Je suis trop amoureux. Monseigneur, de la fidélité que je dois au Roi pour ne la
mettre pas devant ma propre liberté , et celle-ci me serait sans doute à charge si je la pouvais posséder avec le moindre reproche.
Je sollicite aussi Votre Eminence, avant toutes choses, de vouloh* entrer dans la connaissance du détaU de mes actions ; tout y est si public que je m'assure qu'à la réserve de ceux qui, pour se laver de leurs fautes , n'ont pas trouvé d'autres moyens que de m'imputer presque tout ce qu'ils ont fait de mal, Votre Eminence trouvera en tous les autres ma conduite pleinement justifiée. Le Parlement , après cinq mois d'interdiction, vient de se ressentir de votre clémence. Il y a encore plus longtemps que je souffre en diverses provinces du royaume, et je supplie Votre Eminence , à présent qu'elle a reçu de continuelles preuves de ma soumission dans mon infortune , de vouloir jeter les yeux avec attention sur ma vie passée pour reconnaître si les sentiments où je suis ne sont pas les 'mêmes où j'ai toujours été, et si cette ardeur qui m'anime pour le service de Sa Majesté et pour le vôtre a jamais cessé de m'animer et de me conduire en toutes occasions. Je demande donc tout à Votre Eminence , en la suppliant de m'accorder cette grâce, parce que je suis certain qu'elle ne me la saurait faire que je n'en obtienne ensuite un rétablissement qui me sera par cette voie d'autant plus avantageux que. Votre Eminence ayant reconnu mon fidèle et inviolable attachement, je peux espérer qu'elle me jugera plus digne de sa puissante protection, et que vous croirez que personne ne peut être plus que je suis, Monseigneur, de Votre Eminence, le etc.
BRULART
BRULART A FOUQUET
n se plaint des termes de la déclaration du Roi qui ordonne le rétablissement
da Parlement.
Uval, le 19 juin 16S9.
Monsieur,
Encore que je ne jouisse pas de la grâce que le Roi a faite au Pariement de Dijon eu lui accordant son rétablissement , je ne laisse pas de me croire obligé de vous eu faire de très humbles remerciments comme d'une chose qui intéresse une Compagnie où j'ai la première place , et dont Tavantage , nonobstant que j'en sois excepté, m'est toujours en quelque façon communiqué. Je sais bien , Monsieur, qu'il y a encore beaucoup de choses à faire de sa part pour rentrer dans son premier exercice et faire efiieu^er cette flétrissure que je trouve marquée dans la déclaration qui lui vient d'être envoyée. Mais comme je ne saurais douter qu'elle ne s'aide de tout son pouvoir pour obtenir cette dernière grâce, j'ose vous prier. Monsieur, cela étant, de lui vouloir être favorable aussi bien qu'à moi dont les droites intentions vous peuvent être à présent mieux connues. Je suis certain au moins que vous n'en trouverez jamais d'autres en ma personne et je vous peux dire qu'elle est si remplie de respect pour vous, que je suis plus que je ne peux exprimer, Monsieiu*, votre etc.
BRULART
BRULART A LA VRILLIÈRE
Même sujet.
Laval, le 29 juin 1659.
Monsieur,
Les signalés offices que vous avez rendus au Pai*lement de Dijon dans son rétablissement que j'apprends qui lui vient d'être accordé, m'obligent en mon particulier de vous en rendre de très humbles grâces. Je sais bien, Monsieur, que j'en suis nommément excepté , et que cette même déclaration est remplie de plusieurs clauses un peu extraordinaires ; mais comme la bonté du Roi , dont nous avons tous ressenti des effets , est toujours la même et que chacun est dans les sentiments qu'il peut désirer , je trouve que c'est beaucoup que la Compagnie soit présentement en état d'agir et de pouvoir espérer par ses poursuites l'achèvement des grâces dont le chemin commence de lui être ouvert. Je me persuade, en ce qui est de moi, que ma conduite sera à la fin reconnue, et j'ai dès à présent cette satisfaction de voir par les lettres de Son Eminence qu'elle me conserve toujours beaucoup de part en ses bonnes grâces, qui sont deux choses que je considère plus que mon retour, suivant même que j'ai eu l'honneur de le lui écrire. Je m'imagine donc qu'il commence aussi d'y avoir pour cela quelques bonnes dispositions, et je me tlatte de croire que bientôt la Cour ne regardera plus mon exil comme une punition, mais qu'étant bien informée de ce que j'ai fait pour le service dans les dernières occasions , sa colère se changera en des témoignages de satisfaction. Vous y pouvez , Monsieur, beaucoup contribuer par la continuation de votre protection que je vous demande et que j'ose espérer après les marques que vous m'en avez déjà données ; c'est la prière que vous fait celui de tous les hommes qui est le plus, Monsieur, votre etc.
BRULAKT A LE ÏELLIER.
Il proteste de nouveau de sa rédstance , comme chef, aux actes reprochés
à sa Compagnie.
LaTal, le 29 juin 1659.
Monsieur ,
Je trouve partout de nouveaux sujets de remercîments. En partant de Pézénas je vous rendis des actions de grâces de la liberté que vous m'aviez procurée de me retirer en cette ville, et en y arrivant je vous en rends de nouvelles pour un sujet qui commence de réjouir la province de Bourgogne. Je parle, Monsieur, du rétablissement du Parlement où vous avez beaucoup contribué et duquel je n'ai guère moins de joie que si j'étais rappelé avec lui à l'exercice de ma charge. Ce n'est pas que je n'aie été surpris de lire les clauses qui sont dans la déclaration ; mais comme elles sont rudes et extraordinaires, je ne doute point que la Compagnie, qui est à présent en état d'agir, ne s'aide de son côté autant qu'elle pourra et que la bonté du Roi, qui ne saurait être que grande pour des sujets et officiers bien intentionnés, ne leur accorde enfin l'exercice de leurs charges sans leur laisser aucune marque de sa colère. C'est ce que je soubaite avec ane extrême passion; et, en ce qui me concerne, que le temps fasse bientôt ox)nnaltre que je ne pouvais faire que ce que j 'ai fait, et que je me suis même opposé de toutes mes forces à ces délibérations qui ont si fort déplu. Je vous en rendis compte dans le temps, et c'est une vérité qui ne saurait être toujours altérée, parce qu'il y a trop de témoins de ma conduite ; tout ce que je désire aussi le plus est qu'elle soit parfaitement connue , mon retour ne m'étant rien au prix de mon honneur et de mon devoir, dont les doutes me seraient pires que l'exil. Je vous supplie donc. Monsieur, en me continuant les grâces que vous m'avez
r^ TELUER A BRClART.
J^ crol« qn*!] 'rd înotile que je too? fa5f« de noaTefles protaitation« de Toa- «ervir dan5 ce qni tonche Totre retour à Dijon et Totre rétablissement dau? votre charge, me flattant assez pour croire que Ton.< éte« persuadé que je n omettrai rien pour l'une et Taotre fin de ce ^|ui dépendra de moi. à mesure que j'en aurai le nviyen et les occasions. En tout cas je tous proteste. Monsieur, d'y veiller anssi soigneusement que si c'était mon affaire propre et que cela n'empêchera pas que je ne contribue auflsi rie mon peu de pouvoir à tout ce qui regardera la satisfaction et les avantages de votre Compagnie , étant comme je suis avec une véritable passion , Monsieur, votre etc.
LE TELLIER
cm
FOUOUET A BRULART.
Il lai fait la même promesse.
Puis, le 23 juillet 1659.
Monsieur ,
Sans los continuels voyages qu'il m'a fallu faire depuis que la Cour est à Fontainebleau, j'aurais plus tôt répondu à la lettre cjii'il vous a plu de m'écrire; mats je n'ai pas laissé de témoigner
à plnsieurs de tos amis combien je serais aise de vous pouvoir rendre mes services. M. de La Vrillière , M. d'Autun et M. de Chalon m'en ont parlé entre autres avec toutes sortes d'affection, et vous ne devez point douter que votre considération et la leur ne puissent toutes choses sur moi. C'est ce que je tâcherai de vous confirmer par des effets aux premières occasions qui s'en présenteront, et que je suis véritablement, Monsieur, votre etc.
FOUQUET
BRULART AU CARDINAL
Remertiments de Taccaeil fiait aux dépotés do Parlement et des Etals^ venos près
de loi poor demander son rétablissement.
Laval, le 24 août 1659.
Monseigneur, i
La réponse qu'il a plu à Votre Eminence de l'aire en ma faveur aux députés du Parlement et à ceux des Etats de Bourgogne est une des plus grandes grâces que je pouvais espérer dans ma meilleure fortune, parce que toutes mes pensées ayant toujours été tournées à vous servir et à vous plaire. Votre Eminence ne pouvait rien dire de plus obligeant pour moi qu'en répondant aux uns et aux autres qu'elle m'honorait de son affection. Je vous en remercie aussi , Monseigneur, comme d'un bienfait que je tiens précieux et qui peut infiniment pour mon repos. Mais il n'y a pas moyen de rendre des grâces à Votre Eminence sans lui en demander de nouvelles. Elle me permit, il y a quatre mois , de venir en ce lieu pour mes affaires particulières ; je la supplie, à présent que je les ai achevées , d'avoir agréable que j'aiUe terminer à Paris celles que j'y ai de famille, qui y demandent ma présence il y a plus de deux années, et pour lesquelles je demandai congé à Votre Eminence il y a neuf mois à Dijon ,
vous aura été portée par une autre voie. Ce que je puis vous dire de ce qui me parait de vos affaires est que vous obtiendrez bientôt d'aller non-seulement à Paris , mais ailleurs où sans doute vous ne vous souhaitez pas moins. J'en aurai infiniment de la joie, puisque je fais profession d'être plus que personne, Monsieur, votre etc.
JJE TELUER.
CVUI
n le mande k Bordeaux.
27 Mptembre 1659.
Monsieur Brulart,
Je vous avais ci-devant permis d'aller à Laval, maintenant je vous fais cette lettre pour vous dire qu'aussitôt que vous l'aurez reçue vous ayez à en partir pour vous rendre incessamment à ma Cour et suite, où étant je vous ferai savoir mes intentions. Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait , Monsieur Brulart , en sa sainte garde.
Ecrit à Bordeaux le 27 septembre 1659. Signé: LOUIS. Et plus bas : Le Teluer.
BRULART AU CARDINAL
Il le remercie des effets de sa protection près du Roi.
Laval, le 12 octobre 1659.
Monseigneur,
La liberté de pouvoir approcher Votre Eminence ne m'est pas moins précieuse que celle de mon retour en l'exercice de ma charge et dans ma maison. Aussi , Monseigneur, ne ponvais-je
recevoir un ordre qui me donnât pins de joie que celui d'alleri la Cour, et si le mauvais état de ma santé, très affaiblie par une fièvre quarte qui me tourmente sans relâche depuis six semaines, m'a fait appréhender de ne pouvoir me rendre auprès de Votre Eminence , la joie et le passionné désir que j*ai d*aller recevoir ses commandements et de lui obéir avec soumission sont, ce me semble, capables de me donner des forces pour ce long voyage. Je m*en vais donc. Monseigneur, pour m'y disposer, tenter des remèdes extraordinaires auxquels je ne m'avais pu résoudre jusqu'à présent, afin de pouvoir me mettre en chemin dans huit ou dix jours et d'aller protester à Votre Eminence que personne au monde n'est tant que je suis , Monseigneur, de Votre Eminence, le etc.
BRULART
ex