‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 21 sur 131 · LE CARDINAL A · texte numérisé non relu

LE CARDINAL A

MONSIEPR ,

J'ai reçu les troiïi lettres que voJ crire des 13 et âO janvier. Je vous A parait encore si mal sutisfait de la u que je n'oaerais me ha^-arder & \ Chambre de Bresse, et ainâi il eut s] ditions que vous proposez. Ouandfl employer en cette aftaiie avec siJ^ cœur, niais quant à prissent il n'y a tience.

Je ne voua puis pas bien expU M. d'Amanzé (I), mai!> Je vous pu] vez aucun préjudice à craindre à en repos.

L'action du sieur Millotet av.

Dijon, a été fort improuvi^e. ] qu'une personne de cf carartèrefl Chambres contre une afi'aire du 1 sieurs années an vu et su du P^ saires même de la Compagnie !

Koi y remédiera de lu bonne s peu les expéditions qui seront néd

(I) BruUrt avût exprimé im Cardinnl 1) de U. d'AmaïuA fUs, en quolitË d<> lieul«d de »0Q père, ne detiul un obstacle a le (ituUre absent, daua le cummBudeiueJ

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passer la joie de deçà, où il sait bien qn'on est ravi d'apprendre de si grandes et de si importantes nouveUes. Le Parlement lui a député depuis quatre jours deux conseillers qu'il a envoyés sur sa route pour le saluer à son retour de la Cour. Il n'entend ni ne veut entendre parler d'aucune affaire que sa déclaration ne soit vérifiée ; aussi nos députés n'ont-ils point d'autres ordres que de lui faire compliment. Je ne sais pas encore celui qu'il plaira à Votre Eminence me donner pour régler ma conduite en ce qui est de la poursuite de la suppression de la Chambre de Bresse. Le Parlement n'a fait jusqu'ici aucune prière pour cela qu'à Votre Eminence à qui seul il a demandé cette grâce; mais comme vous savez, Monseigneur, qu'une affaire de cette importance ne se poursuit d'ordinaire qu'avec la participation du gouverneur de la province , et que le nôtre doit être ici dans cinq semaines, je supplie instamment Votre Eminence de me faire la grâce de me dire comme il lui plaira que j'en use en mon particulier, prévoyant que la Compagnie aura peine de se dispenser de demander secours à ce prince pour le succès de cette affaire, singulièrement en une conjoncture où on se persuade que Votre Eminence ne lui refusera pas le repos des deux provinces qui viennent d'être commises à son gouvernement. C'est sur quoi je me conduirai de la manière qu'il vous plaira de me prescrire.... Je finis cette lettre en vous assurant que je serai toute ma vie avec un extrême respect. Monseigneur, de Votre Eminence , le etc.

BRULART

BRULART A FOUQUET

Plainte contre le président des Barres.

Dijon, le 18 février 1660.

Monsieur ,

Je me plains à vous de Temportement de M. des Barres, président en ce Parlement, qui, dans l'assemblée des Chambres que je viens présentement de donner pour procéder à la réception d'un conseiller, m'a attaqué ouvertement et persomiellement sur Tafiaire des francs-fiefs, disant que j'empêchais que la Compagnie ne rendit justice et ne pourvût sur les réquisitions du sienr Millotet avocat général qui a demandé plusieurs fois l'assemblée pour délibérer sur l'appellation qu'il a mterjetée de toutes ies taxes, et pour députer deux commissaires qui examineraient tous les abus et malversations qui se commettent en cette Commission. Je lui ai répliqué que l'on était assemblé pour autre chose dont il fallait sortir avant que de parler d'autres affaires. Là-dessus il s'est emporté et a dit qu'il fallait commencer par l'affaire des francs-fiefs ; que je me voulais attribuer toute l'autorité et qu'il était insupportable que le Parlement passât à mon mot ; que cela lui était honteux et ne devait pas être souffert , et qu'enfin il fallait délibérer sur ces réquisitions qui regardaient le bien public, et laisser là cette réception. J'ai reparti que l'ordi'e des Parlements n'était pas, qu'un autre que celui qui présidait, eût droit de rien mettre en délibération, et que cet ordre était leur grandeur et non pas leur abaissement, comme il le voulait faire croire ; que ce serait à lui de parler lorsque je lui demanderais son avis , qu'eu tout cas l'on ne faisait pas les choses avec cette hauteur dont il parlait, et qu'il suffisait que je lui dise que nous étions assemblés pour une autre

affaire que celle qall proposait. Et ayant dit en même temps an n^portenr de parler de la requête da récipiendaire, et celui-ci commencé de le faire, il Ta interrompu plusieurs fois, disant qnH fallait opiner sur l'autre affaire, que je faisais injure au Parlement et préjudice à la province d'en user comme je faisais et qu*il ne fallait pas souffrir que je fusse ainsi maître des affaires. Quelques-uns commençant sur cela de gronder et de parler tous ensemble , et lui de dire qull fallait du moins demeurer d'accord d'un jour certain pour assembler les Chambres pour délibérer sur les réquisitions du sieur Millotet, j'ai seulement répondu que les affaires se feraient successivement; et après avoir bien laissé crier ce président et murmurer plusieurs autres de cette cabale, j'ai enfin fait parler de la réception de cet officier et couler le temps sans que l'on ait rien fait autre chose. Mais ce président, qui jouit d'une pension extraordinaire, n'en est pas moins fâcheux ni incommode, et comme c'est un esprit le plus chaud et le plus évaporé qui ait jamais été en une Compagnie, je suis fort embarrassé de quelle manière me conduire avec lui; car de lui répliquer c'est allumer le feu davantage et s'attirer des injures qm demeurent sans être réparées et portent coup dans les autres affaires qui se présentent ensuite ; et de ne dire mot il y a aussi de l'inconvénient, en ce que beaucoup de gens se laissent émouvoir, qui, étant unis, font après du bruit et bien de la peine à l'apaiser. Mais je recours à vous, Monsieur, qui avez l'autorité en main pour y apporter l'ordre nécessaire, pour punir ceux qui outragent les serviteurs et bons officiers do Roi , comme le fait le sieur Millotet de concert avec ce Président qui, se prévalant de l'impunité de l'injure qui leur a été faite par cet avocat général, en laquelle le Roi est très intéressé, commence de brouiller avec quelques autres qui le font parler, et de faire un parti dans le Parlement, dont les suites ne sauraient être que dangereuses dans toutes les affaires qui se présenteront. Je m'en décharge, s'il vous plaît, en vous donnant avis de l'état des choses, et qu'il me sera impossible d'empêcher que la Compagnie ne délibère bientôt sur les francs-fiefs. Il ne

me reste, Monsieur, que de vous assurer que je recevrai tout

ce qui viendra de vous avec les respects et soumissions que

je vous ai protesté de vive voix, et que je suis. Monsieur, votre etc.

BRDLART.

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