‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 33 sur 131 · CAILLET A COLBERT · texte numérisé non relu

CAILLET A COLBERT

Même g^jet; il demande la récompense de ses soins pour assurer roblenlion

du vote.

Dijon, le 18 juin 1662.

Monsieur ,

Vous apprendrez, par la dépèche que vous fait M. le Prince, de quelle manière l'affaire du don gratuit de cette province a été menée, et comme elle a enfin réussi au contentement du Roi. Je ne me vanterai pas , Monsieur, d'avoir ménagé 1 esprit de quel-

qaes députés à qui, par ordre de Sou Altesse Sérénissime, j'ai parlé plusieurs fois , car tout le succès est du à ses soins , les ayant tournés avec tant de prudence et tant d'adi*esse , qu'elle les a fait venir au point que Sa Majesté désirait. Mais, Monsieui% vous me permettrez de vous dire que si vous avez dessein de ro'obliger, comme je n'en doute pas , puisque vous m'avez fait llKHineur de me le promettre, en voici une occasion très favorable en fusant connaître à Sa Majesté qu'on n'a peut-être pas été inutUe pour son service en cette rencontre. Vous savez, Monsieur, que la grâce que je demande n'est pas hors de raison, puisqu'elle a été accordée à tous mes prédécesseurs , et qu'il y en a à qui elle est feàie qui n'ont pas plus que moi les occasions de servir Sa Majesté , et qui ne le font peut-être pas non plus avec plus d'effet ni avec tant de zèle. Je vous demande pardon. Monsieur^ si je vous suis importun. Je m'en serais bien donné de garde si je me fusse aperçu que vous l'eussiez trouvé mauvais; mais, au contraire^ vous m'avez témoigné avec tant de bonté vouloir prendre soin de mes intérêts et les vouloir appuyer auprès du Roi^ qu'il ne pas ti'ouver étrange si j'en use si librement. Achevez donc^ Monsieur^ l'ouvrage que vous avez ébauché, et faites -moi la grâce de croire qu'on ne peut être avec plus de respect que je suis, Monsieur^ votre etc.

GAILLET.

BOUCHU A COLBERÏ.

Sur le même stiget.

Dijon, lo 18 juin i662.

Monsieur ,

Je me donnai rhonnem*do vous écrire par le dernier courrier que les Etats de cette province avaient été ouverts le maixli 13 de re mois. Ils ont continuellement délibéré sur les affaires du Roi^

et enfin, après plusieurs propositions et une peine extraordinaii'e^ M. le Prince les a obligés d'offrir aujourd'hui jusqu'à la somme d'un million cinquante mille livres qull a acceptée, outre les cinquante-trois mille livres de don gratuit ordinaire^ et Ja subsistance et exemption^ en sorte que ces trois parties ensemble composent la somme de deux, millions cent mille livres pour cette triennalité, et sept cent mille livres par chacun an. Je vous assure, Monsieur^ qu'il n'y avait que mondit seigneur le Prince seul capable de les porter à accorder à Sa Majesté cette somme ^ dans les misères qu'ils lui ont alléguées et desquelles cette province est rempUe. Il se doivent assembler pour aviser entre eux aux moyens de satisfaire, et ensuite je leur proposerai les abus qui s'y commettent et qui est l'une des causes de leur pauvreté. Mondit seigneur le Prince prendra lui-même connaissance de l'un et de l'autre, afin que d'eux-mêmes ils se disposent à s'acquitter envers le Roi et de se soulager.

Le 19 juiu.

Monseigneur le Prince m'a fait Thonneur de me faire voir une lettre que vous lui avez écrite pour obliger les élus des Etats au parfait paiement des sommes par eux dues à Sa Majesté, de Tannée 16G1. Son Altesse leur en a parlé fort pressément, mais elle n'en a pu avoir d'autre réponse que leur impuissance et misère, et quelque instance qu'il leur ait pu faire , il n'a rien obtenu , sinon qu'ils étaient prêts à payer cent mille francs au premier ordre que vous en enverrez; et pour le reste qu'ils n'étaient pas en état de le faire de quelque temps , ainsi que je me suis déjà donné l'honneur de vous l'écrire plusiem's fois; et je ne crois pas que vous en deviez faire état avant la moisson, c'est-à-dire de deux mois et plus. Comme je me suis trouvé quand mondit seigneur le Prince leur en a parlé, j'ai cru devoir vous en donner avis.

BOUCHU

BRULART A COLBERT

DésobéifSiDce et concossioiis imputées à un commis chargé de la confection da terrier da Roi. — Haine 'de Boocho envers le Parlement; le nom de cet intendant est mésestimé dans la province.

Dijon, le 2i juin iS6i.

Monsieur,

.... Messieurs les commissaires de la Chambre du terrier vous font leurs plaintes par cette lettre d'un arrêt surpris au Conseil par le nommé Boulanger, commis à la confection du terrier. Il contient des énonciations injurieuses à leur honneur et des défenses de le troubler dans sa commission. Cela est fort dur pour des gens qui, depuis qu'ils sont commissaires, ont fait leurs efforts pour obliger ce commis à exécuter la volonté du Roi en faisant son terrier avec les soins et l'exactitude qui sont requis dans un si grand travail. Mais tous leurs arrêts et règlements ont été sans exécution, et le terrier, qui doit être un ouvrage utile au service de Sa Majesté, à ses engagistes et aux voisins, est enfin devenu un sujet de plainte de ses concussions. Je veux croire qu'il s'en trouvera innocent; mais, assurément, il faut un homme d'une capacité au-dessus de la sienne pour un trayail de cette importance. Et à moins qu'on on commette un très habile en chaque bailliage pour y travailler en même temps sans relâche, nous n'enverrons jamais la fin, et ce qu'il y fera sera une chose imparfaite et inutile; de même que l'argent qui aura été tiré des peuples pour cet effet sera perdu.

L'on m'a donné avis que M. Bouchu, intendant de cette province, vous a dit et écrit plusieurs fois que le Parlement ferait un grand désordre dans la levée des tailles par les arrêts de défense qu'il dounait à tout moment de les payer et par les privilèges qu'il faisait. Je vous peux dire, Monsieur, qu'il ne peut vous avoir fait ces plaintes que par la haine qu'il a contre la Compagnie qu'il croit avoir obligée, comme toute la province,

à ue Testimer pas. Mais au fond, je vous garautis que depuis six ans, ou peu s*en faut, que j'y jrempiis la première place, je n*en ai pas donné un seul de cette façon, et que je mets au pis de m'en faire voir aucun. Je vous demande la grâce de me croire toujours avec grand respect, Monsieur, votre etc.

BRULART

BRULART A LA VRILLIÈRE

Usurpation des Comtoii sur la frontière de Bresse.

Dijon, le 21 juin 1662.

MONSIEUK ,

L'on me demande de Bresse ce qu'on y doit faire à

ces prochaines moissons à l'égard des terres qu'y usurpent les Ck)mtois. Vous vous souvenez que nous nous plaignons qu'ils y étendent la souveraineté du Roi d'Espagne, eu s'emparant do beaucoup de terres et de hois du pays de Bresse, et comme ils ne manqueront pas de vouloir recueillir les blés qu'ils ont semé dans ces lieux usurpés, il est important de savoir si le Roi continue de vouloir que ses sujets se maintiennent et y fassent la récolte, et qu'en cela ils rendent les Comtois plaignants comme vous m'avez fait autrefois l'honneur de me mander que c'était alors sa volonté, parce que, dans ce cas, on sera peut-être contraint d'opposer la force à la force

Je vous suppUe d'être toujours persuadé que je suis plus que personne du monde, Monsieur, votre etc.

BRULART

ce

LA VRILUÈRE A BRULART.

RépoDM à 11 précédente; insinictiong données par ordre du Roi.

Saint-G«nnam-en-Laye, le 4 juillet 166i.

Monsieur,

Ces jours passés je vous ai fait réponse touchant ce qui regarde le don gratuit de Bourgogne. Depuis, les lettres qu'il vous a plu m'écrire des 21 et 28 du mois dernier m'ont été rendues.

Je ne pouvais mieux informer le Roi de la demande qui vous a été faite de Bresse pour les terres que les Comtois y usurpent, qu'en lui en faisant lecture. Les moissons étant fort proches, Sa Majesté a trouvé que Tavis qui vous a été donné pour leur empêcher la récolte des blés qu'ils y ont semé est venu un peu trop tard. Néanmoins, comme M. le Prince est siu* les lieux, et qu'il est à propos de ne rien négliger, elle sera bien aise que vous confériez avec lui de ce qui se pourrait ménager sur ce sujet, et si en écrivant à M. le Premier Président de Dole on pouvait faire quelqu 'accommodement avantageux aux sujets du Roi, afin de lui procurer par avance ce bien-là. Mais si cette négociation ne réussit pas, l'on verra, entre ci et l'année prochaine, de pfëndre les expédients nécessaires pour s'opposer à la continuation de cette entreprise qui ne doit, ce me semble, être tolérée plus longtemps (i).

LA VRILLIÈRE

(1) La négociation désirée par le Roi avec le Parlement de Dole ne fut pas même tentée , Bnilart ayant fait entendre que le Président de cette Compagnie était sand pouvoirs de son souverain pour reconnaître les limites des deux provinces.

imULART A LA VRILUËRE.

KfhiW ilii règlemeot du Palaii; le Premier Printal 4èwe fiH y Mit tet

quelque! conceiiioDB k u

DiÎM. le i7 jpB IMl

Monsieur ,

. « . . . ApW^s avoir longtemps attendu de parier ao Pdrie-

iiMMit (loit n^glements qui s*y observent présentement, au prè-

juiiioo tio rnutoritt^ du Roi, qui les a cassés par arrêt contradio-

l\iiii' riMulu au Conseil d'en haut, j'ai cru que le temps était

HHjii'A imtpri^ |Huir prier la Compagnie de se faire justice. Je Tai

pi^)|H)!i<^ do ctMioort avec M. le Prince qui a connu l'importance

do U oluiîto» Kniîn ollo a délibéré d'entrer en conférence avec

luoi |mr dt^putés, Xjh disposition parait assez bonne dans la plu-

|wui do!i ospriN. Jo leur ai dit, avant toute chose, qu'il fallait

tliMuouivr d^^n^nml que le règlement que nous poiurrions proje-

toi '»t^i\^it |\ivsoiit(^ au Roi avant que d'être exécuté, ne pouvant

» ouooN^Mr qu'un Parloniont puisse faire des lois contre son insti-

tutuMi ot lo< dtvlaratious do Sa Majesté, sans son autorité. J'es-

|M^i^^ ^uo Unitos los ctu^sos in>nt à bien, et je le souhaite ainsi,

«)u\M^|u\^sv||iviuout jo InMiverais de plus grands avantages en

luo xotN^-^ut do^ ;irrtM:5 du «AUistnl. Mais je crois devoir me relâ-

* Uoi ouNoi^ do< iious x"*\«v qui jo dois passer ma vie, et faire

ool^ iux^u\\ uuo \vrt^iiuo couourrtMioe qui, leur marquant mon

NUUvhou » u ,^u<\intisso |vi< ma charge et la Grand 'Chambre. J'ai

oMuuo. M\^uMour« wnis dou>ir ci^mpte de ceci, en attendant

%|uo |o \\niv ou dw d.t\MiL\);o. r,o|H*ndant jo vous demande tou-

j\Mu^ La *ix\Avv d ôtiv (vrsu^ido que je suis avec beaucoup de cha-

Umu' ot do t>^s^H\ t. Mon<ît*«r» \\>îro etc.

BRULART

BRULART A LA VRILUÈRE.

Comment il faut procéder daus une instance dirigée par le roi d'Espagne devant le Parlement contre les habitants du Mont-Saint-Vinceni.

Dijon, le 16 juillet 1662.

Monsieur ,

Le Roi d'Espagne a un procès qui doit être plaidé à Taudience de ce Parlement, où il s'agit d'un droit d'indemnité qu'il prétend sur toute la hai'onnie du Mont-Saint- Vincent, à cause de l'airrauchissementqui leur a été autrefois accordé par Henri deuxième, à condition de le lui payer (i). Les habitants prétendent qu'il est

;1) L*intért^t du Roi d'Eâpagnc sur des doiuaiues situés en ik)urgogne el (Junt il sera cucure plus tard question daus cette correspondaiii'e , a besoin d'être ici rappelc pour rintelligence des faits.

1^ CharoUais avait longtemps appartenu ù la maison d'ArmagnuL- qui le tenait eu tief des Duos de Boiu*gogne. En 1390 elle le vendit à Philippe-le- Hardi; premier Dxw tic la seconde race. U était resté en possession de ses successeurs jusqu'à TépoJiue où l^uis XI s'empara du duché et de ce fief qui en dépendait. Mais Cliarlcs VIH et Louis Xll ayant considéré que c'était uu acquêt des derniers Ducs , ne jugèrent pas à propos d'en dépouiller les héritiers de Marie de B«mrgogue; il fut donc rendu ii ce titre, en 1493, à Phihppe d'Autriche, père de Charles-Quint, à la charge de foi et hommage. Ce comté se peri)étua ainsi dans la maison d'Autriche pendant tout le cours du XVI«^ siècle et plus de la moitié du XY11«. Les t>lliciei*s du Roi de France avaient grand soin que i!eux du Roi d'Espagne n'usurpassent point h ^ droits de la souveraineté, et, pour les mamtenir, il y avait toujours à Cliarolles un tiaiUiage royal qui «connaissait des cas royaux , sauf l'appel au Parlement de Dijon, indépendamment du hailhage-(;omtat qui jugeait les autres cas. Les Ruis d'Espagne ne jouirent dès lors dans le CharoUais cpie du domaine utile, et les choses restèrent en cet état jusqu'à la pjiix des Pyrénées et à celle de .Simègue. Aloi*s et en 1684, le prince de Gondé jugea à propos, comme on le verra daus la suite de ces lettres, de faire saisir le <!omté de Charollais sur le Roi d'Espagne, par le motif avoué que ce monarque lui devait des sommes considérables pour le temps qu'il avait été à son semce contre la î'rance, et le comté fut adjugé à la maison de Condé. U y demeura jusqu'en 1761, où le Roi de France le racheta enlin et le réunit à son domaine. Du Charollais dépendaient quatre baronies , parmi lesquelles était celle du Mont-Saint- Vûiceiil dont il est question dans cette lettre.

le

prescrit. Ce proitès est sollicité par des maîtres des (Comptes de Dole, qui voudraient faire plaider la e^use sous le uom de son Procureur fiscal; mais cela est nouveau, et il n'y a que le Roi qui plaide sous le nom de son Procureur. Je ne sais pas si Sa Majesté aurait agréable qu'on en usât comme on a fait au Parlement de Paris dans un arrêt dont se servent les parties , rendu en 1571, où il se voit que le Roi d'Espagne était intervenu sous le nom des gens tenant la chambre des Comptes de Dole, ayant la charge et intendance de ses domaines et affaires. J'attendrai^ s'il vous plaît, de vos nouvelles sur cela au plus tôt parce que la chose presse à cause de la levée du Parlement, et si je n'en recevais pas assez tôt, je suivrais l'expédient que je vous propose, comme étant fondé en un ancien exemple qui peut être suivi en ce Parlement après l'avoir été dans celui de Paris, et même au Conseil qui lui avait renvoyé le procès avec les mêmes qualités. Je vous supplie. Monsieur, de me croire toujours etc.

BRULART

LA VHILUÈRE A BRULAKT.

Réponse à la précédente.

Saint-GennAin-en-Laye, le 15 juillet 1662.

Monsieur ,

Ayant reçu la lettre qu'il vous a plu m'écrire du 16 de ce mois touchant ht manière dont vous en deviez user dans le procès qu'a le Roi d'Espagne au Parlement de Dijon, je n'ai pas manqué d'en donner connaissance à Sa Majesté qui approuve la résolution que vous aviez pensé, de vous-même, de suivre eu cette occasion l'usage pratiqué ci-devant et particulièrement la forme observée au Conseil et au Parlement de Paris en 1571. C'est à quoi vous devez , Monsieur, vous conformer et me donner, s'il

vous plaît, des nouvelles de ce qui se sera passé en cette aflfaliv. Cependant, comme je vous ai envoyé votrf con^é pour venir ici, j'espère avoir bientôt l'honneur d(i vous y voir et vous entretenir de toutes particularités. Je suis toujours, Monsieur, votre etc.

LA VRILLIÈRE

Affaire des Ursulines d'Auxonne; magie, possession, effets suroaturels.

• 1" août 1664.

Monsieur Brulart,

Ayant été informé des arrêts que ma cour de Parlement de Dijon a rendus sm* le fait de l'accusation de sœur Barbe Buvée, religieuse du couvent des Ursules de ma ville d'Auxonno, et vu Pavis du sieur Archevêque de Toulouse, des sieurs Evoques de Rennes , de Rhodez et de Chalon , et de quelques Docteurs célèbres, sur le fait de la possession de plusieurs desdites religieuses (1) ; et comme raflah'e est assez importante et que je désii'e

;l) A Tappiii de ces lettres de Louis XIV qui dessaisissait le Parlement de cette affaire pour révO(|uer au Grand Conseil, nous donnons ci-.iprès le Jugement rendu dès le 20 janvier de la même aimée par les Commissaires «lirlégués à oet effet. — Une dénonciation faite pjir une religieuse du même l'ouvent , nommée Barbe Buvée, tendait à infiiiner ce jugement par des accusations infâmes. Son an'estation fut prescrite par TOllicial de Langres, pour l'aase de sortilège , magie et infantii'ide. Sur Tappel formé par elle comme <fabns, de cette sentence, le Parlement avait ordonné, dès le 5 janvier 16til , qu*il serait informé , tant sur les imputations qui lui étaient faites, que sm* un (^mplot qu'elle prétendait avoii- été formé pour la perdre. Cette procédure avait été suivie de nombreux arrêts, et ce fut pendant ces p >ursuites qu*eut lieu le rapport que nous pulilions, letiuel sembla contrarier le cours de la justice dans Texamen qu'elle avait entrepris, depuis plus d'un au, de cette grande affaire. Mais Téclat d'un tel proies avait agité toute la proviine «'I ]»orté ht trouble dans les familles. I/évtH'ation tardive qui en fui

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a vaqué pendant quatorze jours par Tordre du Roi et la commission de Monseigneur Tarchevêque de Besançon, de plusieurs filles, tant religieuses que séculières, qui paraissent vexées et travaillées du mauvais esprit en la ville d'Auxonne, assisté de plusieurs ecclésiastiques par lui choisis, personnes de mérite et de probité, et du siem* Morel, ancien médecin de la ville de Ghalon, connu par sa doctrine et son expérience : tous lesquels ont convenu dans le même sentiment, après que ledit S-igneur évêque nous a rapporté :

I. — Que toutes lesdites filles, qui sont au nombre de dix-huit, tant séculières que régulières, sans en excepter une, lui ont paru avoir l'intelligence et le don des langues, en ce qu'elles ont toujours répondu fidèlement au latin qui leur était prononcé par les exorcistes, qui n'était pas emprunté du rituel et encore moins concerté avec eux : souvent même se sont expliquées en latin, quelquefois des discours achevés; qu'une d'entre elles, nommée Anne l'Ecossais, dite de la Purification^ l'un des exorcistes lui pariant en Irlandais, a témoigné l'entendre fort bien, et le lui h expliqué en langue française par plusieiu*s fois.

n. — Que toutes ou presque toutes ont témoigné avoir connaissance de l'intérieur et du secret de la pensée, quand elle leur a été adressée; ce qui a paru principalement dans les commatidéments intérieurs qui leur ont été faits très souvent parles exorcistes, en diverses occasions, auxquels elles ont obéi très ponrtuellement pour l'ordinaire, sans que les commandements fussent exprimés ni par la parole, ni par aucun signe extérieur; dont ledit seigneur évêque a fait plusieurs expériences, entre autres en la personne de Denise Lamy, servante du lieutenant général d'Auxonne, à laquelle ayant fait commandement dans le fond de sa pensée de le venir trouver pour être exorcisée, elle y est venue incontinent, quoique demeurant en un quartier delà ville assez éloigné, disant audit seigneur évêque qu'elle avait été commandée par lui de venir, ce qu'elle a fait plusieurs fois. Et

ToxïHir -»*-=T^. Tirncv rm. <s-irtmr *fr» "•êxorciaiw. lui cfitl*?'*!!»nrfmt»'*n»"iT nu *?-♦*• ir to i i"mr "hit ta •it'mun peiuiant l^ior- *Kn»- •: •»! :« lej^ tm»- > ELj**rv B»»rthoa. liit»* lii» Saint- '"-vn**!^ • AètniH^ln i -lur -'«nnianiù' 3ii>acii»?nieiii; .la pliL«fort r»- -- jr.irt!.Éi^ CH • -Oir -* 3r-î=r-»r!ii;r «w^ruit le *iûat 5*'r^

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vent d'y employer plusieur5t heures pour eu coulesser une, à cause des résistances extrêmes et des eris dont l^s confessions sont interrompues, et qu'on ne suimontait qu'à force d'imprécations et de commandements au démon : et dans la communion les convulsions et les mouvements, involontaires apparemment, dont elles étaient saisies auparavant de recevoir la sainte hostie, et, du moment qu'elle était reçue, les hurlements et les cris effroyables qu'elles faisaient, se roulant par terre, la sainto hostie demeurant toujours sur la pointe de la langue qu'elles avançaient et retiraient horriblement, au commandement de l'exorciste, sans faire néanmoins aucune injure ou irrévérence au sacrement, quelquefois l'espace d'une demi -heure plus ou

moins; tant que, les espèces étant avalées, la fille demeurait tranquille en un moment, et sans mémoire de tout ce qui s'était l)assé. Qu'elles ont témoigné des répugnances et des horreurs extraordinaires à l'approche des reliques des saints, qu'elles ont souvent reconnues et nommées tout haut, sans les avoir aperçues et sans en avoir rien appris. Que presque toutes. Monseigneur ayant quelquefois imposé les mains secrètement et sans qu'elles pussent le connaître, ont témoigné le sentir en criant que cette main leur était insupportable, qu'elle était trop pesante et qu'elles en étaient briilées. Que, dans la chaleur des exorcismes, et surtout pendant la sainte messe , elles ont souvent vomi des blasphèmes et des exécrations si horribles et si fréquentes contre Dieu et sa sainte Mère, qu'il était impossible de les ouïr sans frayeur, et qui ne peuvent sortir vraisemblablement que de la bouche d'un démon.

V. — Qu'étant pressées de doiuier des mai'qucs siu*naturelles pour justifier la présence du démon, elles semblent y avoir obéi : ♦*ntre autres, une nommée Denise Lamy, servante, commandée pai* Monseignem* de faire cesser le pouls entièrement au bras droit pendant qu'il battait au gauche, et puis transférer le battement du bras gauche au bras droit pendant qu'il cessait au gauche, elle l'a exécuté ponctuellement en présence d'un médechi.

m; I ^rrmnu 'C 'ivpoM!, et de plusieurs occlésiastiqaps. Quf z. -i^»îr > .i.?nrticntion ;i tîiit la même cha^^e deux ou trois foisc. fivr ' ;^:r^ **i piniiin -«iinte. uidssant et parlant à son ordi- -;*;.'» . • .u*-ai: jjitn* 'C ■■t»s«4*r <«eloa qu'il lui était commando \fc.- •: r .>o^- ^u»* .1 ^«'ur Miirxu»*rite Jamin, dite de TEnfant .«"^^T^ . .A. .ï Mf ufti' aos*; : ''C .la l'ommondement de rcxoreistp, IL-. -*; ' i.-r-*- -il ^ulrtiie d'une srosseur monstrueuse, an

- :: • '•.m-:*u:»"!m*at K**-«jmpdknie du signe de la croix Ta dé-

- -. — ..L :it n« u^ruir. •*? ."Hiii par ln>is fois, par un effet sor- • - --fc- ^ .-i>«^ 34*»nii!»£ ruH "il pdTfjle. Que la sœur Lazare Ar- -■> - r.\ > .* {r-*-ur*K-^uu. rjic i l'un des ecclésiastiques ',-•.*- - ..t^-Ni n.iia m lî^^'fi *jl>uic temps un ebarbon de feu toot j. •..•:> ^^^^ •! > •m..d»T lui -un ?eaciiu*^nt . et plusieurs aativ<

- ^ - K«^ ..- i.;;u^ xu 1 -eriijt iizS'ik» de rapporter.

^ ^T: .* ^ tî.'f ^■»n»u.ui»iMai»fac ôt» l'exorciste, elles out

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•-.aîvi :•- :. ..i .>. «m a o -yï<jfixi£r^ ,•-< ji*£t« iJe la fille, en sorte

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■ * ^ ■ .^ . . ■ *:> • ». i^T. Lz. Il*: a où il s'attarh''

.:^-^- "r^ ji.::- se;*>r:»U*. elle témoi- : '- ^ • . u : ;..:i -vn.i:. ^.iiit- c".irret»^r le sang, ■ ^ . : * • . . ^..•.> - ' : f. <iLr.^; • tant comman-

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de sortir du monastère une nuit qu'elle devait être enlevée au sabbat, selon que les autres avaient assuré dans les exoreismes des jours précédents, dans le même temps de cette assemUée prétendue, était tombée tout à coup dans une espèce d'assoupissement ou d'insensibilité merveilleuse qui avait diu^ cinq quarts d'beure ou plus, aliénée de tous ses sens , sans mouvevement, sans i>arole, sans connaissance, les bras croisés sur Testomac, mais si raides, qu'il fut impossible de les ouvrir; les yeux fermés et puis ouverts, mais fixes, arrêtés et sans rien voir, selon qu'il paraissait en ce que, passant les mains devant, elle ne sillait point les paupières , telle qu'une personne morte ou privée de Tusaire de tous les sens ; qu'étant revenue de cette extase, elle disait avoir été transportée au sabbat en esprit, et disait tout ce qu'elle avait vu.

VU. — Qu'elles ont pai-u jeter souvent du fond de l'estomac par la bouche, après plusieurs heures de conjurations et d'exorrismes, de certains corps étrangers qu'elles appellent des sorts et maléfices de différentes espèces : des morceaux de cire, des ossements, deis cheveux, des cailloux d'une grosseur et d'une taille telle, qu'il est mal aisé de croire qu'ils puissent passer la gorge naturellement, comme nous l'avons jugé, nous ayant été représentés, tel se trouvant plus large et plus épais qu'un écu blanc. Que la nommée Denise entre autres, après trois heures d'exorcLsmps et des violences extraordinaires, avait jeté par la bouche une grenouille ou crapaud vivant de la largeur de la pomme de la main, qui fut brûlé au même temps.

VHf . — 0"^ les démons dont les filles se disaient possédées, pressés de sortir par la voix des exorcistes et par la présence du saint Sacrement, ont paru donner des signes surnaturels et convaincants. Que, daa«5 la nommée Denise, les démons ayant reçu commandement de sortir, et, pour signe, de casser un endroit de la vitre qui lui fut montré du doigt par Moaseigneur de Cha- Ion, la fille fut déliviée et la vitre cassée par effet. Que la sœur

Huberte Borthon, dite de Saint-François, qui se trouva abeoluinent et entièrement guérie du jour de la présentation de la Vierge, IMi, pour marque de sa délivrance, jeta par la bouche un taffetas plié dans lequel parait écrit en lettres rouges le nom do Mabie, et quatre autres lettres capitales qui marquaient les noms de saint Hubert et du bienheureux François de Sales. Qut; la soîur Anne de la Purificatiou, qui se dit avoir été délivrée di» plusieurs démons le jour de .saint Grégoire Thaumaturge, pour signe de cette grâce rendit par la bouche un morceau de drap dans un cercle de cuivre dans lequel était écrit le nom de Grefforius. Que le même jour de la Présentation, la sœur Anne de la Purification, pour marque d'une autre délivrance de plusieurs démons chassés de son corps dans le commandement de Texorcisme, fit paralti'e en un instant écrit sur son bandeau, en gros caractères comme de sang : Jésus, Marie, Joseph; ce bandeau ayantété vu tout blanc parles exorcistes un moment auparavant.

L\. — Que parmi les mouvements et les postures violentes dont elles sont agitées pendant l'exorcisme, quelques-unes ont paru si cxtraordinaii*es, qu'eUes ont été jugées passer non seuseulement le pouvoir d'une fille, mais encore les forces de la nature. Que la sœur Borthon, dite de Saint-François, commandée d'adorer le saint Sacrement, s'est prosternée, touchant Ih terre de la pointe de l'estomac; la tète, les pieds et les mains aussi bien que le reste du corps portés eu l'air. Que la sœur de la ilésurrection a fait la même chose. Celle-ci a paru quelquefois prosternée eu terre tout le corps plié comme un cercli», de sorte qu(; la plante de ses pieds venait lui toucher au front. Que les nommées Constance et Denise ont été vues quelquefois renversées contre terre qu'elles touchaient seulement du sommet de la tête et de la plante des pieds, tout le reste du corps en l'air, et marcher en cet état. Que toutes, ou prescjue toutes, demeurant à genoux et les bras croisés sur l'estomac, se sont renverversées en arrière ; de sorte que le haut de la tête allant joindre la plante des pieds, la bouche venait baiser la terre et former de

la langue un si^ne de oroix snr le pavé. Ouc quelques-unes d'entre elles, entre autres la sœur de Sainte-Catherine, dans rexorcisme, avaient pain la tète renversée et les yeux ouverts ; en sorte que la prunelle s*étant retirée absolument sous la paupière supérieure , on ne vit que le blanc des yeux , perdant apparemment Tusage de la vue dans ce moment, ce qui était effroyable à voir. Que la nommée Denise , qui parait jeune et infirme, étîint agitée, a pris avec deux doigts un vase d'une es- |>èce de marbre rempli d'eau bénite si pesant, que deux personnes des plus robustes auraient peine de le soulever, l'a tiré de son piédestal et l'a renversé par terre, sens dessus dessous, avec autant de facilité qu'elle auniit eu pour un morceau de papier. Qu'il leur est arrivé souvent aux unes ci aux autres, dans la chaleur de leurs transports, de se frapper la tète, ou sur le front ou aux tempes, contre la muraille et sur 1^ pavé, plusieui^ fois par des coups ^i rudes et si violents, qu'apparemment elles en devaient être notablement offensées, avec effusion de sang, sans qu'il y parût, ni meurtrissure, ni contusion, ni marque.

X. — Que toutes ces filles sont de différentes conditions : il y en a des séculières, des novices, des postulantes et des professes ; il y en a des jeunes, il y en a qui sont fort âgées; quelques-unes sont de la ville, quelques-unes n'en sont pas ; quelques-unes qui sont de bonne condition, d'autres qui sont de basse naissance; quelques-unes qui sont riches, et quelques autres qui sont pauvres et de moindre condition. Qu'il y a dix ans ou environ que cette affliction a commencé dans le monastère ; qu'il est mal aisé que depuis un si long temps un dessein de fourbe et de friponnerie, put coiisr»rver 11» secret parmi des filles en si grand nombre, de condition et d'intérêts si différents; qu'après une recherche et une enquête la plus exacte, ledit seigneur êvêque n'a trouvé personne, soit dans le monastère, soit dans la Wlle, qui ne lui ait parlé avantageusement de l'innocence et de la régularité tant des filles que des ecclésiastiques qui ont travaillé avant lui aux exorcismes, <»t qu'il témoigne avoir reconnu de sa

pai*t, en tous leurs déportements, pour des personnes d'exemple, de mérite et de probité : témoignage qu'il pense devoir à la justice et à la vérité.

Joint à tout ce que dessus le certificat à nous présenté du sieur Morel, médecin, présent à tout, qui assure que toutes ces choses passent les termes de la nature et ne peuvent partir que de Touvrage du démon.

Le tout bien considéré, nous estimons que toutes ces actions extraordinaires en ces filles excèdent les forces de la nature humaine et ne peuvent partir que de l'opération des démons possédant et obsédant les corps : c'est notre sentiment.

Fait à Paris, le vingtième jour de janvier mil six cent soixante et deux. Signé sur l'original : f Marga, archevêque de Toulouse, nommé par le Roi à l'archevêché de Paris; f Henrt D£ là M., évêque de Rennes, grand-aumônier de la Reine-Mère du Roi ; fHARDOUiN, évêque de Rhodez; f Je^i^) évêque de Chalon-sur- Saône ; François Annat, de la Compagnie de Jésus, confesseur du Roi; Morel, docteur en théologie de la Faculté de Paris, do la Maison et Société de Sorbonne , théologal de l'Eglise de Pans ; N. Cornet, docteur de la Faculté de théologie de Paris, grandmcdtre de la Maison de Navarre ; M. Grandin, docteur et professeur royal en théologie de la Faculté de Paris, de la Maison et Société de Sorbonne, syndic do ladite Faculté de théologie ; Fr. Ph. Leroy, religieux cordelier, docteur de la Faculté de tliéologie de Paris, confesseur de la Reine-Mère du Roi.

ccm

BRULART A LA VRILUÊRE.

Le nouveau rèfrlemeDl du Palais est apporté au Parlement; résistance bctieude

de cette Compagnie.

Dijoo, le 3 juivi«r 1663.

Monsieur,

Je commence cette amiée avec les mêmes sentiments de respect et de reconnaissance que j'ai toujours eus pour votre personne. J'ai fait présenter au Parlement le beau et grand règlement qu'il a plu à Sa Majesté de faire dresser pour la séance des officiers qui le composent, et Tordre et radoriinistration de la justice. La communication en a d'abord été ordonnée aux gens du Roi qui ont conclu à ce qu'il fût enregistré ot exécuté. Les Cbambres ont été aujourd'hui assemblées pour y pourvoir; mais les présidents ont fait leurs efforts pour empêcher d'opiner sur l'enregistrement, jusqu'à interrompre le doyen quand il en a pris Tavis, et à se retirer quand ils croyaient que d'autres voulaient prendre son sentiment ; le leur étant de tirer de longueur et d'éloigner l'exécution des volontés du Roi. Ils ont ensuite échauffé les esprits sur la révocation du syndicat, et soutenu qu'elle était préjudiciable au service du Roi et à l'autorité du Parlement. J'ai fait entendre sur cet article et sur les autres les intentions de Sa Majesté, et que, quoique j'eusse fait mes efforts au Conseil pour en empêcher la résolution, il avait été résolu , d'une commune voix, qu'il n'y aurait plus de syndic pour quelqu'affaire que ce soit. L'un d'eux a bien osé dire qu'ils n'étaient pas obligés à croire ce que je disais de la part du Roi, et enfin, les opinions prises, il a été délibéré que le règlement fait par le Roi et le projet de celui du 7 juillet, arrêté les Chambres assemblées, seraient examinés par commissaires des Chambres. La chose va à éloigner l'effet du nouveau règlement autant qu'on pourra, et enfin qu'à ne s'attacher qu'au projet de règlement, et non pas à

la réformation qui en a^.té faite au Couseil. Peut-être que le respect qu'ils auront {)Our Monseigneur le Prince qui ne manquera pas de leur faire connaître que le Roi veut être obéi, produira quelque chose. Mais si Sa Majest<^ ne lui avait pas recommanda cette affaire, comme peut-ôti^e vous aurez oublié de lui en faire parler par elle, il serait fort à propos qu'il lui plût de lui en écrire poiu» faire connaître que sa volonté est que le règlement qu'elle vient de faire soit entièrement suivi et exécuté et qu'il ait à l'informer de ce qui se passera. Je crois que cet expédient, qui est de Tordre et conforme à ce qui avait été ivsolu, fera un bon effet. Que si tout cela ne suffisait pas pour commencer à exécuter le nouveau règlement, en m'envoyant un ordre du Roi eu mou particulier de l'exécuter, je le ferai pour ce qui déi>endra de moi. Je vous supplie, Monsieur, d'être toujours persuadé que Ton ne saurait être plus que je suis. Monsieur, votre etc.

BRIXART.

CCTII

LA VRILLIÈRE A BRÛLART

Réponse à la précédente.

MONSTEUR,

J'ai VU par la lettre qu'il vous a plu m'écrire du 3 de ce mois ce qui s'est passé en votre ('ompairuie touchant le dernier l'èglement. Elle eût sans doute mieux f;iit de l'exécuter que d'y chercher des difficultés qui déplairont plutôt au Roi qu'elles ne le feront changer de sentiment en uu(» chose (jui a été résolue avec connaissance et demandée par la meilleure partie du Parlement; aussi j'estime qn'il se soumettra comme il doit aux volontés de Sa Majesté, rt, afin de l'y porter encore davantage, je vous adresse

l'ordre que vous avez désiré sur ce sujet pour M. le Priace» ne doutant point que cette voie ne produise un bon effet et n'oblige les plus attachés à leur sentiment et les plus contraires à l'observation dudit rè^ement à revenir et à ne rien entreprendre en cette occasion, dont j'attendrai de vos nouvelles conunede tout ce qui arrivera de considérable, et demeure, Monsieur, votre etc.

LA VRILLIÈRE

ccvm

BRULART A LA VRILUÈRE.

L'agitation cootinae dans le Pariement à ToccatioD do oMTeau règlement.— Apparences de léeoncilutkNi entre Bmlart et Bonchn.

Dqon, le 17 janTier 1M3.

MONSIEUB.

Aussitôt que votre paquet m'a été rendu, j'ai remis à M. le Prince la dépêche de Sa Majesté du 12 de ce mois; il me chargea, après l'avoir lue, de la faire voir au Parlement et de l'inviter à se conformer aux intentions du Roi, se réservant de presser tous les présidents et conseillers qu'il verrait d'avoir cette soumission. La lettre ayant été lue à la Grand 'Chambre, et les Chambres ayant été ensuite assemblées, il y a eu diverses propositions : les unes de députer au Roi pour lui expliquer la conduite de la Compagnie sur son retardement à exécuter le règlement ; les autres de le lui écrire ; d'autres, et c'étaient celles de quelques présidents seulement, qu'il fût dit que, du très exprès i*ommandement du Roi^ le règlement serait enregistré, sauf à faire des remontrances. Et enfin il a été délibéré que l'on députerait à M. le Prince pour lui faire connaître ce qui s'ast passé dans la Compagnie et dans l'assemblée des commissaires sur l'exécution du règlement à laquelle ils travailleraient incessamment, et que Son .\ltesse serait priée d'eu informer le Roi. Tl y a

eu d'abord de la chaleur, comme si c'eût été une faute ou mie entreprise de ma part d'informer le Roi de la.première délibération dont j'ai eu l'honneur de vous avertir ; mais enfin les choses se sont adoucies, après avoir parlé un peu ferme sur l'avis que j'avais donné et après avoir dit que l'on devait se souvenir que j'avais d'abord fait entendre à la Compagnie q\\o le Roi m'avait commandé de l'informer des résolutions qui seraient prises on cette affaire ; à quoi je lui disais de nouveau que j'obéirais, mais que je l'invitais à prendre des résolutions digues d'elle et convenables au respect qui est dû à celui à qui elles seraient portées. Cette lettrcne saurait produire qu'uu merveilleusement bon effet, et je vous en rends de très humbles grâces. Nous nous assem> blerons dès demain, les commissaires et moi, pour travailler aux choses qui pourraient avoii* besoin d'interprétation. Et sur cela, je leur ai dit que l'on prit gard(>. de ne rien arrêter qui soit contraire à aucun article du règlement ou qui ne soit pas dans l'ordre, comme que les requêtes ne saisiraient plus, et d'autres abus dont il ne fallait pas parler, si on ne voulait s'exposer à une nouvelle réformation de tout ce qui se passerait, et que le Roi ne dissimulerait jamais le désordre et les abus quand ils viendraient à sa connaissance. Je ne manquerai pas, Monsieur, d'y satisfaire et de conserver toute ma vie un parfait ressentiment de toutes les grâces que j'ai reçues et que je reçois de vous en cette rencontre.

L'on vient de me mettre en main un ordre du Roi, dont je vous envoie la copie, croyant que, comme il n'est pas signé de vous, quoique vous fussiez alors â Paris , je suis obligé de vous en informer.

Je vous dois encore dire, Monsieur, que M. le Prince nous ayant dit, à M. Boucbu et à moi, l'ordre qu'il avait reçu de Sa Majesté de nous accommoder, cela s'est exécuté de très bonne façon, et qu'à présent c'est entre nous à qui se rendra le plus de civilités et d'amitié. 11 ne me reste qu'à vous supplier d'être persuadé que je suis avec toutes sortes de respects. Monsieur, votre etc.

BRULART

LA VRILUÈRE A BRULART.

Réponse à la précédente.

Pam, le i3 janvier 1663.

J'ai donné au Roi une particulière connaissance de ce qui s Vst passé à la présentation de la lettre du cachet touchant lo dernier règlement, tant de votre part que de celle du Parlement, dont sa Majesté a été hien aise, estimant qu'après cette démarche votre Compagnie ne manquera pas d'exécuter ses ordres et de s'acquitter de ce qu'elle a promis sur ce sujet à M. le Prince, auquel je mande par ordre de Sa Majesté de s'employer pour faire exécuter ses ordres et ses intentions. Elle a été aussi bien satisfaite de l'accommodement ménagé entre vous et M. Bouchu par l'entremise de Son Altesse.

Cependant, Monsieur, je vous remercie de l'avis que vous me donnez de la délivi'ance qui vous a été faite d'un ordre signé d'une autre main que de la mienne, où je n'ai rien à dire, sinon que vous devez satisfaire à la volonté du Roi ot m'informer, s'il vous plaît, de tout ce qui arrivera de considérable en vos quartiers; sur ce je demeure. Monsieur, votre etc.

LA VRILLIÈRE

BRIXART A LA VRILUÈRE.

1 «puiuw t^nWhM^ ; prètratioM inoaiet da Ptriemeol sur les attftetioH di Oit ; <iiliiV .^ pH» fnml no«bre; le prince de Coodé iotemeat et ei mfmm

•Miiievi

DijoD, le ai janvier f«4).

I.r î\^ri«^niont oontinue toujours ses assemblées de Chambrer sur lo ^^rfom•^nt fait par Sa Majesté, et je pense que ce fut hier 1a vt^j^tioTOo fi>i> i^mI f'a^sombla depuis qu'il lui a été présenté, <a«< l'omptor quatn^ autres assemblées d'un grand nombre de prt^suîents ot do huit ou dix conseillers qui l'ont examiné avec moi dan< le r^lai*. et ont retenu diverses propositions sur de ce^ îAÎne^ 1 tuv^es qni |H>urraient arriver en sou exécution. Tout cela n ava*4tV cuèr»- la oonolusîon de Taffaire, parce que Ton s'y prend d'un si u\ivhAnt Air qu'on ne travaille à autre chose, dans toutes re< oontor^MKes, qtiVin^ndn^ le K'dement inutile en tout ce qu'on iHMur;^ . ot. 'ii oo< A<^ombl»v^< devaient tirer en de plus grandes KMi>:îît*iî:>i, ,1 >;^r,i:t à prv^pt'k'i, jH'kur le n^spect qui est dû aux or- *;î>*^ liiî K.^ r^î ivnir le Sien de la justice, de les faire cesser et a on^nw.t : ; i^\e.*u;i^Mi entier*^ du rî^demeut, sauf à se pourvoir iMî-Aî; \,^n: N\ M.resîo ivnir riuterpnHation des choses sur les- »j;u r.ox ,>r. - ivh.uirtV dr' divà, ce qui ne p«»ut être de plus longue ^îuïVe >AU^ Ua Ns^r >>n ;iu:onte. Ku effet , il se dit quelquefois d;ui<t- ^> ,;v<rîuMoo< de< ihos<^<tjue je r»^lève comme je dois, et ^'>*;\:r'.'.«^x ^îo»>!.;-.:\î:« n: à l.i Lour, si elle en savait le détail. Ce n osî d\n.ÎT u:>i or.o .• nfusion et je i>eux dire ismorance, laplu- |v,*rt »'•/ /r::\ ou* > parlent ne sachant pas les ordonnances du î\»\ .uu:u\ d.^'/.t \:> ivvt-.Mident ètiv les derniers maîtres, secrovant ae MMîXtîM.ns ie»:',>;a!eiir!î et se laissant aveugler par leiu'propri^ uitort^t, <a:i< :vM.\^nr souffrir qnon leur fasse voir que les Paiîoiunî< vi,^i><*:\t oîr»* <<Hunis en cela au Prince comme l♦*:^

lutres sujets. Vous ne sauriez croire, Monsieur, la peine que ces 'ausses opinions me donnent dans une Compagnie qui n'en est jue trop imbue. La lettre qu'il a plu an Roi d'écrire à M. le Prince sur cette affaire a produit ce bon effet, qu'elle l'a persuadée'qu'il fallait obéir ; mais cela se fait si lentement^ de si mau- ?^aise grâce et avec tant de répugnance, qu'il parait visiblement jue les esprits en ont pris de nouvelles aigi'eurs. Cependant il n'y a sorte de tempérament que je n'apporte i>our les adoucir 2t faciliter les choses ; je me l'elâche dans les assemblées sur lout ce qui ne va pas contre le propre texte du règlement, et je leur dis souvent que, pour h* surplus, il n'est pas en leur liberté ni en la mienne d y toucher. Cependant c'est ce qui fait tout leur i:h£^çrin; car ils sont au déses|>oirde la suppression du syndicat, et, dans le déplaisir qu'ils en ont, ils expriment le regret qu'ils ont de cette perte d'une manière qui m'oblige à changer le sentiment que j'avais quand j'en sollicitais si ardemment au Conseil le maintien et la durée, parce que plusieurs m'ont dit à moimême que la fonction des syndics s'étendait à se charger de toutes les affables où le pubUc pouvait souffrh* par des nouveautés préjudiciables ; à parler quand l'autorité fermait la bouche aux autres; à faire assembler les Chambres quand il arrivait des interdictions et des relégations ; à proposer de leur olBce ce qu'aucun n'avait droit de dire par sa charge; à s'opposer à tout ce qui était contraire à l'autorité du Parlement ; à maintenir la discipline dans la Compagnie i^ontre toutes sortes de personnes sans exception, et sans que 1*» Procui-eur général eût droit d'cii prendre connaissance, et enfin, à maintenir les droits des conseiliei-s. Ces prétentions sont si grandes et si préjudiciables à l'autorité légitime, que je suis à présent contraint d'avouer que Sa Majesté ne (louvait prendre en cela une résolutinn plus utile à son service, que de supprimer jusqu'au nom du syndirat. Mais c'est. Monsieur, ce qui ieiur perce aujourd'hui le cœur, et qu'ils commencent néanmoins à vouloir dissimuler, depuis qu ils savent l'aversion que le Roi a prise contre cet établissement. Cependant, leur déplaÎMr se manifeste par lenr conduite «ur le r^stp du ré-

OMQiqLx *oc r^nAflst. fWBfB«a tavtes cboses.au

Vîi>r^ nrazk- nxit a '-^ammouBr «^ a yn niia^ aa Rm. Les présitt-as ^ ir-'^nî-ir n* -^t- rjjmuxisaz!^ M«r «attirer les cooseiir??^n- 'Larm- ai -nmnrsr^fiiH-xc ce f%>^t?«p «ODtre enx, comme ^^Tan- a-MCi- ir>i mt firs^ Ttsmusrta»^ à la nfoimatioii {ni a -*T- lan- iu ^'ii^o^i. lui> '•^os'-a ô^aDea: hai^îaient qu'îis tient ^sBiA^ -1»-!^- - Hxi «niH r?aiiiiiizmr« ai b-acù^. rt font leurs dlûTîr uaih> i.^in-!r È^ ^rs-ennÈtf^ i»Dir »jcWvt 1^ espiits. Ds caiaâ►-^r \'Mr -^ rmr nsaiâL Itf -l ^t^c. éffees: en leurs places, ib iior iit- TT-n-iTSCiiUîr ijri> 6^ «t»«- a oesf^na seoleiaent d'aigrir ï-^ jt - - ir i^ if*i«illi*î: dîTimiar^ *< dr faire ordonner des ^aiummn-"-"- "Il j- ?*mi-^. ôf^MiLtiL«e. a£îtaatantqalle$tpos- -^^t- <u'- fiir I— nrwiùiUis ô* Si Mijt«<^^ poar obiif(erâ Tobéir; i I nf»n?- -i- -furrunr w ^isrVr iiv^r haatear et de faire queliur-- ji^*2k'a —? » . xn. L -'n rai ;^^sai: d^ maaraif discours, et je .^ii> :n»* -^ —îu-ii -^CiiT î BL *ïs7tfii piîiii rassis, tous en auriex xK'\k <i »- n iiL "r CTH .«^ i»f*ti Q-:«K dooDaître qai anÎTerade xiur :r- . . "^ riH. >ii-^fii£ jfs:Àr&^ etlaiîsdetouslPsprésiiKutx i iOiT L»r-i >*iii:aura2*>e? «>n3oiiiiee5 par toute la ComjkS^cu»' . a ^l^• ^ i 7**?*f i 1 srô ôt? *'aire>, qoi sont nos ancieut ,.!*-«.- ..'.'.^ : - KLTï TL: j-'^ :»:^«i-=»nî5 qui en ferout CR Icuf ...":• : : ■ \ l- -: :.i *\\ e-;~ ' 4«- on extioDt»*ra le rèirlemwit, * ■ - "• :-:-•':•:- i^:td>->. r:;- >I noa« prenons ^a^isl(' plus >vr 7:» -r: >-ri r\ -.':::<: >>«* I^ bon plaisir du Roif sui- - r- .-. T -^ i-.-.o.îS. j:-d* z;^ ityjL^ avons concertées dans ••; - •• - i<< T:i:!t-"s -: ji:; ce i^ardeut, ce me semble, c^; :\ ' . ' r.. ■ >r>r^'r=:; auquel cas nous serons d'accord -N ,.';-<" ,-;.-> :•-'.- a- •..'r.>-:'.. 3 moins que les présidents nous y = ji>^ ■' A*. - . j^v. ' u : •- > r. l'is-^. à leur avis Ja Compagnie fera ,;,'< >;•".. "r^;".-< -.i: • >::: 1? reslem^nt qui cependant sera exé- ,::: <«".> r. : :: .::>. iA^iLTa^re. aSn que. dès les premiers incouvôix:-*:,:- ^ .:. -.virÀirr;:;:. ;:: soit obligé à reoourirà Sa Majesté pour \ jv;;rv.v:. >. ce dtmir r avis nVtait fondé sur Tanimosité, je le tivux ç*ra:s i^t" :r.^^il>;:r. et tout aigres que sont les esprits de ceux qui le jxrvr.ueu:. :^ ue me dephdt pas entièrement. Mais afin de

ne rien celer à la Compajçnie de» inconvf^nients qui en [)euveut arriver, je lui ai dit que si je n'avais pas un extrême désir de vivre avec elle en paix, et de préférer l'union et la douceur à tous les autres avantages de ma place, je préférerais ce sentiment à tout autn», puisqu'il me mettrait en état de demander au Roi plusieurs choses qui appartiennent à ma chai-ge, et que le Roi doit désirer qui lui soient conservées : comme la réformation des requêtes qui saisissent les rapporteurs, l'attribution à la Grand'- Chambre, comme à toutes les autres Grand*Ghambres de France, du droit de vérifier seule toutes les déclarations et lettres-patentes, sans y appeler les autres Chambres, à la réserve des édits et plusieurs autres choses considérables et de grande justice. Je crois. Monsieur, que dans peu de jours je pourrai avoir l'honneur de vous écrire lequel de ces deux avis prévaudra ; cependant voilà le compte exact de ce qui s'est passé jusqu'ici.

Son Altesse m'a fait voir ce que vous lui avez mandé, tant sur cette aflfaire, que sur celle qui regarde la vérification des octrois de Ghalon. Je vous dirai, à l'égard de celte dernière, que je la fis passer hier l'après-dlnée, avec quelques contradictions; mais enfin l'affaire est faite et les intérêts de M. le marquis d'Uxelles ont été conservés comme le devaient être ceux d'une personne qui vous appartient et que vous affectionnez. Il ne me reste qu'à vous demander la couthmation de votre protection et vous supplier de me croire parfaitement, Monsieur, votre etc.

BRLLART.

iltrf> de iLHijiLiHu mt viKéK.

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chargé de leur l'aii-e savoir que leurs intérêts avaient été conservés, et à MM. les conseillers que leur ordre avait été traité avec une faveur extraordinaire d'autoriser que les jeunes, qui devaient être fixes dans la Chambre des enquêtes, passassent d'abord à la Grand'Ghambre, qui est une introduction nouvelle sans exemple dans les Parlements où il y a des enquêtes, il n'a pas laissé de passer de trois voix à ordonner des remontrances ; et tout ce que j'ai pu faire par le secours de M. le Prince qui a puissamment af^ suivant une lettre qu'U a reçu du Roi, a été de faire résoudre que le rèfçlement de Sa Majesté serait cependant exécuté. Mais, Monseigneur, ils disent hautement que cette délibération est une rupture ; que la porte est à présent ouverte pour aller à quelqu 'autre règlement ; qu'ils le feront sur les audiences, sur les distiibutions et sur plusieurs autres chefs. Et ce ne sera jamais fait, si après ce dernier qui est si solennel , qui porte qu'il sentira de loi inviolable, et si concei'té par le Parlement même , le Roi permet enco^'e qu'on lui fasse des remontrances qui n'ont été ordonnées que pour avoir droit de se plaindre à tout moment du nouveau règlement et pour y contrevenir dans la suite. Je crois donc qull est de son autorité de faire non seulement des défenses de lui envoyer lesdites remontrances et de les tenir pour faites, comme en eflfet Ton ne saurait rien dire de nouveau, mais que Sa Majesté eu doit faire encore au Parlement de ne dresser à l'avenir aucun règlement sur les audiences, distributions de pit)cès et sur toutes les autres choses qui peuvent regarder la fonction des officiers de la Compagnie , sans permission expi^esse de Sa Majesté, et qu'à l'égard des difficultés qui pourraient naître en exécution ou interprétation du règlement fait par le Roi , Sa Majesté ordonnera qu'il en soit usé comme à Paris. Quant à l'audience du mardi matin, je crois. Monseigneur, qu'étant établie par le règlement et ce point étant avantageux à l'honneur du Pai'lement et au pubUc, je ne dois perdre aucun temps à commencer à la tenir, et que si nos Messieurs étaient assez mal conseillés pour ne s'y vouloh* pas trouver, je dois empêcher qu'il ne se fasse rien autre chose du-

rant le temps qui y est destiné, en attendant que Sa Majesté ou vous m'ayez fait savoir vos intentions. Mais ce qui dans le fond leur fait plus de mal au cœur et a excité la tempête parmi les conseillers, c'est la suppression du syndicat, dont j'avoue n'avoir pas connu les droits, comme ils me les ont appris dans leur déplaisir ; car plusieurs m'ont dit à moi-même que la fonction des syndics était de veiller au bien public dans le Parlement et de l'assembler; que c'étiiit à eux d'opiner les premiers dans les affaires fâcheuses et d'ouvrir les avis de vigueur; que lorsqu'il arrivait des interdictions, veniat ou relégations, c'était à eux de l'assembler pour lui faire prendre des résolutions pour le maintien de son autorité et le secours des confrères affligés, et qu'enfin ils étaient les véritables promoteurs de la discipline du Palais et de la réformation des mœurs, sans que le Procureur général eût droit de s'en mêler. C'étaient là des droits ou plutôt des prétentions qui vous confirmeront puissamment dans le sentiment que vous avez toujours eu , que cet établissement était dangereux et contre l'autorité du Roi. Mais plus ces choses étaient grandes, plus grands sont les regrets de les avoir perdues, et c'est cotte perte qui produit à présent du chagrin et éloigne les esprits de l'union et de l'intelligence qui leur sont recommandées par le règlement de Sa Majesté; mais il ne faut qu'un peu de temps pour les calmer. C'est quelque chose d'avoir déjà obtenu d'eux que le règlement du Roi sera exécuté, et je suis persuadé que si Sa Majesté leur fait rcmnaître qu'elle ne veut plu;^ de remontrances sur cette affaire, tout se pacifiera de soi-même ; parce que toute la ressource des plus opiniâtres étaiit la vue d'un nouveau règlement qui leur pourrait rendre le syndicat, et celui du Roi étant confirmé par un dernier arrêt,- il ne sera plus provisionnel comme il semble le devenir par la délibération du Parlement. Mais il serait à propos, Monseigneur, pour prévenir les difficultés qui pourraient naître eu l'exécutant, d'ordonner qu'il en sera usé comme au Pai4ement de Paris à l'égaixi des choses contenues audit règlement non contraires à son usage. Ce doit être en effet notre exemple, y ayant dans nos registres

dès déclaratious qui portent que lorsqu'il y aura des différends parmi nous sur le fait de l'administration de la justice, nous nous conformerons au Parlement de Paris à Tinstar duquel nous avons été créés et établis. T/est la fçràce, Monseigneur, que je vous demande et de me donner vos ordres que je suivrai toujours avec le respect et la soumission que vous doit celui de tous les hommes qui est le plus obligé d'être, Monseigneur, votre etc.

BRULAHT.

BRULAHÏ A LA VRILLIÈHE.

U désordre coolioue; renregislremenl dn règlement est enfin prononcé de colère, k vue d'une lettre du cachet; le Parlement menace dé n'en tenir compte.

Dijou, le 4 février 1663.

Monsieur ,

L'affaire de notre règlement a eu enfin le succès que j'avais prévu; mais nos présidents ont tellement échauffé la Compagnie sur les choses ajoutées par le Uoi qui n'étaient pas dans le projet arrêté par elle, quoique les adjonctions soient coufonnes à leurs remontrances, qu'il a passé de trois voix d'en faire de nouvelles... Tout ce que j'ai pu faire, à l'aide de la lettre du cachet et de l'entremise de M. le Prince, a été de faire résoudre que le règlement serait cependant enregistré et exécuté. Il semble, à n'en dire p.-is davantage, que les choses sont en bon train. Mais quand je vous dirai que cet avis a été pris en colère; qu'on n'a pas voulu régler quelques m-ticles dont nous étions convenus daa<5 l'assemblée des commissaires pour jjourvoir aux difficultés qui peuvent naître en exécution, lesquelles on a affecté de laisser indécises pour avoir prétexte de brouiller; que l'on dit tout haut que chacun se maintiendra comme il pourra; qu'on rui-

nera les audiences , la forme des distributions et beaucoup de choses, et que c'est le moyen de faire bientôt un nouveau règlement puisqu'il y a des remontrances ordonnées au Roi contre son règlement qui ne sera exécuté que par un intérim , vous jugerez bien, Monsieur, que je me dois préparer à soutenir de nouvelles attaques , et que les esprits sont fort éloignés de la véritable soumission qui est due à la raison et à un maître. Ce qui est de plus étonnant est qu'il ait passé à ordonner des remontrances contre le règlement 1(3 plus solennel qui ait jamais été fait pour ce Parlement et avec la plus grande connaissance de cause... Nous sommes dans un temps propre à rétablir l'autorité du Roi dans les Corps, qui sont quelquefois sujets à s'en faire accroire, et je suis persuadé que Sa Majesté , qui a commencé à faire paraître en celui-ci la sienne par le règlement qu'elle lui a envoyé, la soutiendra comme elle a accoutumé. Pour moi, j'y tiendrai la main avec la fermeté et la fidélité qu(* je dois avoii'pour l'exécution de ses ordres. J'ai déjà averti les avocats publiquement de se trouver le mardi matin au Palais pour la nouvelle audience et je ne manquerai pas d'y aller ces jours-là en robe rouge. Je crois que persoime ne sera assez hardi pour refuser de m'y suivre; mais si l'on était assez mal conseillé pour ne le vouloir pas faire , il me semble , Monsieui\ que je dois empêcher qu'on ne fasse rien durant le temps qui y est destiné. C'est ce que je ferai en attendant vos ordres sur la conduite que j'aurai à tenir et serai toute ma vie avec une parfaite reconnaissance. Monsieur, votre etc.

BHULAllT.

BRULAKT AU ROI.

Compte-rendu de la même affaire; il aignale l'esprit d'empiétement

de sa Compagnie.

Dijon, le 4 février 1663.

SlK£,

Votre Majesté m^ayaut l'ait l'honneur de ine recoinniaiider elle-même rexérutioii du rèfçl(*ment qu'il lui a plu de faire pour cr' Parlement, j'ai rapporté à la Compagnie ce qui était en cela des intérêts de Votre Majesté, tant à l'égard de la suppression des syndics, que des autres choses contenues dans ce règlement, que je lui ai dit plusieurs fois avoir été fait solennellement, par Votre Majesté, pour servir de loi à l'avenir dans Tadministration de la justice et qu'elle en atiectionnait l'observation. M. le I*rince, de son côté, ayant reçu ordre de Votre Majesté de tenu* la main à l'exécution de ses volontés, et de lui faire savoir la conduite du Parlement en cette rencontre, afin que, si elle n'était pas conforme aux intentions de Votre Majesté, elle y pourvût par les voies de son autorité, n'a rien oublié de ce qui pouvait porter à une parfaite obéissance. 11 a donc été délibéré. Sire, que le règlement serait exécuté ; mais l'obéissance n'a pas été entière, paice que le même arrêt porte que très humbles remontrances seront faites à Votre Majesté. Cela a été fait, non pas dans le dessein de venir effectivement à ces remontrances , qu'on croit bien que Votre Majesté ne recevra pas, après en avoir tant écouté sur cette même affaire qu'elle a enfin terminée presque selon le projet entier du règlenjent fait par le Parlement , mais pour se conserver toujours une voie pour revenir dans un autre temps contre ce qu'il a plu à Votre Majesté d'ordonner touchant la suppression du syndicat et rétablissement d'une audience publique le mardi mathi, qui sont les seules choses que Votre Majesté a ajoutées au projet du Parlement, et, par l'incertitude de

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