‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 34 sur 131 · V -îUi i .ïsr^juiTi.'tf àfs ïciff*. l'ordre des audiences et · texte numérisé non relu

V -îUi i .ïsr^juiTi.'tf àfs ïciff*. l'ordre des audiences et

• .« :. * .-"^ -i^'c-'^ MniiDf ^tant des choses réservées à

-•*- v. ^- -r— - ^ ri «I r^ qne. dans l'exécution de son

^ . ^ . ^•^^^ ;^> ..pi*.<. ûiiSnîîes. elle entend qu'il en soit

-^ ? î -, •*-.'r-'a» *n- .- T^arîs. a îVx«*mple duquel celni-d

. -^ u:^ I- -^rrr.' ii??>jn* en toutes cboses. Je

- >. ' - -^ '.H' ■ -1 i aîermir l'ordre et lunion

..- .ijr. ►: <ii> Cih^: .^. dire à Votre Majesté

-^ - .'-••- i: *:--î-i-- ra-** s.^u autoriléy pa-

- - .>- - : i: - L-rr--:: :..l^^•^ ip il faut obéir

.TT. ..•.'.• -•■:• til: dv oonnaissauco et

r T^ :.j." ir.-. r\"T>*«r asst?z parti-

- . i-- : ■ r*'-:-' i-f. quoique cou-

-^ ^ .--'-. . rs-r. i-^LiTitions et lettres

- :- :• .-i> ir.L-drMtde réeler

^ : :'^> i:-n— « z^ y dept'ndent

.- ^ ^- - .-::.:,-. Sirv. de vouloir

^ • *L.<. Sir-, d- Votre Ma-

^îil■URT.

LE ROI A BRULART

Soo mécoDteniemenl de la condoite da Pirlemeot; il charge le prince de Coodé d*aplanir les difBculiés et reot qo*oo obéisse à ce goii?enieur comine à lai-mèiBe.

13 îérntr I66.t.

MONSTEFR BrIXART,

J*ai vu par la dépêche que vous m'avez écrite du i de ce mois ce qui s'est passé eu ma Cour de Pariement de Dijon, touchant le dernier règlement qui a été expédié, tint pour la séance des officiers qui le composent, que pour la forme de l'administration de la justice. J'aurais souhaité que les remontrances ordonnées sur ce sujet eussent été prévenues et empêchées par une exécution paisible et entière de mes ordres, et par l'ajustement des difficultés survenues en quelques points que j'ai appris être sujets à explication pt pouvoir tomber en question. Mais comme je désire que ces incidents et contestations n'altèrent point l'union qui doit être dans la Compa&mie, j'écris à mon coasin le prince de Coudé de terminer toutes choses par un bon accommodement, et s'il se peut, à la satisfaction d'un chacun, dont j'ai cru voils devoir donner avis par cette lettre , et vous dire que vous ayez à vous soumettre à ce qu'il fera en cette occasion; ne doutint point que mes autres officiers ne contribuent aussi à cet effet par la déférence qu'ils sont obligés d'avoir à son entremise, non seulement parce que c'est mon intention, mais encore à cause du respect qu'ils doivent à sa qualité et à sa charge. Cependant je prierai Dieu qu'il vous ait. Monsieur Brulart, en sa sainte garde.

Ecrit à Paris le 13« jour de février 1663. Signé : LOUIS. Et plus bas : PeELTPEAUx.

LA VRILLIÈRE A BRULART

Sur le même lojet.

Pari», le 13 février 166;t.

Monsieur ,

Je n'ai pas manqué de liro au Roi la lettre que vous lui av«z écrite et de lui rendre compte de celle qu'il vous a ^lu me faire du 4 de ce mois. Vous verrez par la réponse de Sa Majesté , cijointe, ses intentions et la résolution qu'elle a prise de renvoyer au jugfiment de M. le Prince rajustement de quelques points qui l'ont la contestation enti^ vous et la plupart des officiers de votre Compagnie, à cause des diit'érentes explications qu'ils peuvent recevoir; le reste qui est l'essentiel étant assez décidé par la clarté des termes du règlement et réser\'é au Conseil pour le décider et prononcer dessus, s'il était nécessaire. Je ne doute point que cette voie d'accommodement ne vous soit bien agréar ble et ne produise un bon effet, puisque, outre que Son Altesse est tort juste et bien intentionnée j»our vous, ainsi qu'il paraît par ce qu'elle me mande et par les assistances qu'elle vous a déjà données en cette occasion, son autorité portera les intéressés à se réduire aux cboses raisonnables, qui est tout ce que vous devez souhaiter, et, [>ar ce moyen, les contestations se terminant amiablement et d«* concert, vous conserverez avec le Parlement l'union et la l>omie intelligenc<* (jui ne vous sont |)as moins avantageuses pour affermir votre créance et votre repos, qu'elles sont néc(»ssaires au service du Roi et au bien pubbc. Je vous supplie d'y roncourir de votre part de la bonne manière et de m'inlbrmer de ce qui se passera, comme aussi de me croire toujours véritablenuuit, "Monsieur, votre etc.

LA VRILLIKRK.

BRULART A LA VRILUÊRE.

Encore Tiffiire da règlement ; les présidents 8*achament à remettre toot en questioa. — Scène de violences et de mauvais traitements, attribuée à plusieurs magistrats du Parlement, vis-k-vis Tun des présidents, sa femme et ses valets.

Dijon, le 2i février 16«.1.

Monsieur,

Vous étant attaché au point que je le suis, je crois que vous me faites la grâce d'être persuadé que je prends une entière part en ce qui vous touche, et que j'entre dans tous les sentiments que vous avez à l'égard de la perte que vous venez de faire.

Ensuite de la lettre que vous écrivîtes à M. le Prince le 9 de ce mois, il offrit au Parlement, où il entra le 17, sa médiation pour l'accommodement des différends qui pourraient naître en exécution du règlement fait par Sa Majesté. La Compagnie délibéra le même matin qu'il lui serait député pour l'en remercier, accepter ses offres et l'assurer qu'incontinent qu'il aurait pris le jour et llienre qu'il lui plairait de travaillera cette affaire, elle lui députerait à cet effet. Les lettres du Roi du 13 lui ont été depuis apjwrtées par un courrier extraordinaire, et celle dont Sa Majesté m'a honoré de même date m'a été rendue par l'ordinaire trois jours après. L'affaire prend le cours que j'ai prévu qu'elle prendrait; depuis qu'on en reparle les esprits s'échauffent et auparavant tout était quiète. Cette chaleur est excitée par nos présidents qui appréhendent que tout ne s'accommode et que, par ce moyen, le règlement du Roi ne soit reconnu par toute la Compagnie, principalement en ce qui est de conforme au projet de règlement qu'elle a présenté au Roi pour être homologué nonobstant leur opposition. Ils essayèrent hier par toute voie d'obhger les députés à s'assembler avec eux en mon absence pour dresser des propositions qui seraient présentées à M. le Prince et me seraient communiquées, voulant, par cette adresse, faire faire un

pas par la Compagnie contre moi, et faire paraître qu'ils sont unis avec elle contre mes intérêts. Mais je me trouvai à leur assemblée et dis que je n'avais aucun différend avec la Compagnie; que j'étais d'accord avec elle de tout ce qu'elle avait projeté et qui avait été confirmé par le Roi ; que quant aux choses ajoutées qui ne lui plaisaient pas, je n'insistais pas même à les maintenir et consentais au contraire à ce qu'elle voudrait à cet égard, pourvu qu'elle le fît agréer au Roi, mais que, parle respect que je devais aux ordres de Sa Majesté, je n'osais pas donner un consentement plus formel contre le propre terme du règlement concernant les choses ajoutées ; qu'il était donc évident que j'étais d'accord avec elle sur le règlement, et qu'on ce qui était des points qui pouvaient être sujets à interprétation, ils étaient si aisés à terminer et ils avaient été déjà tant de fois concertés de deçà, qu'il ne faudrait qu'une demi-heure en présence de Son Altesse pour tout parachever ; mais que si quelcpie intérêt particulier nous brouillait, c'était celui seulement dos présidents qui ne voulaient reconnaître, ni le règlement fait par le Roi, ni le projet de celui du Parlement; qu'ainsi je pouvais dire que j'étais d'accord avec la Compagnie, au lieu que les présidents avaient d'abord formô opposition au projet de règlement; iju'ils eu avaient envoyé leurs remontrances au Roi ; qu'ils s'étaient tous retirés lorsque son règlement avait été présenté au Parlemeilt,et que, dans les conférences qui avaient été tenues au Palais, l'un d'eux avait déclaré pour les autres qu'ils u'enteadaient point reconnaître le règlement du Roi dans les choses môm(îs qui étaient conformes à la délibération du Parlement; néanmoins que jt> n'empêchais point qu'ils ne fussent présents à tout, puisqu'il s'agissait d'un accommodement et qu'on ne pouvait pas se conduire en cela avec trop d'union et de fraternité. Les choses ont changé de face sur ce discours, et tous les conseillers ont été d'avis qu'on ne proposât rien qu'en ma présence. Alors M. le président des Barres dit qu'il avait im intérêt particulier et qu'il prétendait devoir tenir les audiences d'après-dînée des mardi et vendredi. M. le président Fyot dit qu'il répétait l'attribution des procès criminels des ecclésias-

tiçues, uobles et officiers à la Toiimelle, nonobstant que le règlement les attribue à la Grand'Cbanibre, en cas qu'ils demandent lenrreuToi. M. le président Joly dit qu'il fallait régler mes audiences et distributions autrement que \o Roi ne les a réglées. Enfin, Monsieur, tout le dessein des présidents aboutit ù jeter les choses dans le désordre pour venir à un nouveau règlement. Mais M. le Prince, à qui nous sommes renvoyés , saura bien faire la différence des propositions qui devront être écoutées et agitées, d'avec celles qui ne seront faites que poui* renverser le règlement du Roi et en faire un nouveau ; aussi ne répliquai-je rien à tout cela jusqu'à présent, parce que ce spra en sa présence qu'il faudra l'examiner et y rt*|>oudre.

U est arrivé ici une chose qui mérite de vous être dite : deux présidentes à mortier ayant eu querelle au sermon, pour une place, et étant venues des ]>aroles aux mains, M"* Baillet, l'une d'elles, voulut déplacer l'autre, nommée M"* Jacob qui occupait son siège; celle-ci prétendant avoir droit de le garder, parce que, disait- elle, il était dan* la place qui lui aj»;)artrnait, un de ses valets prit M"* Baillet pai* le bras. M. le président Baillet et MM. les conseillers Legouz, Bouhier, Ragys, le Procureur général et le doyen de la Sainte-Chapelle, tous frères et beaux-frères de M">' Baillet, s'en allèrent, incontinent après le sermon, eu deux carrosses chez le président Jacob. Ils y entrèrent tous eu robe, car on ne la quitte plus depuis la vérification de la déclaration, et demandèrent à ce président de leur remettre son valet pour en faire châtiment. Ils disent qu'ils en usèrent avec civilité; mais M. Jacob dit que ce fut avec injure et menaces. Le valet passant dans une cour et étant reconnu par un de ces Messieurs, il courut à lui. M. le président Jacob alla après celui-là et le retint par sa robe ; mais il se retourna et prit M. Jacob par le collet du pourpoint, qu'il rompit. M. Jacob ajoute (ce qui est dénié; qu'il îut frappé de quelques coups, et d'un entre autres au visage qui m'en a paru eullé. Le valet fut ensuite poursuivi par le même qui enfonça la porte de la cuisine où il s'était sauvé ; il se retira dans un autre réduit dont la porte fut aussi

^^«mi'r t- var- - -^tair <erri de quelques gros bâtons qui lui 'wtm -*>*- ;*^* li îv-i-T- w fut piif attaqué davantage. L'on con- •t:*!-' 7'î«- V-. -^ ; ly ni, iaauai^ de M. Jacob battn par l'un .♦; .• - V^^s-u'^ en i> ••uTrfr^nt quatre dan? la cuisine, et que ->;**.\ jii.:^** **.\a>:'iî'*:"*:^n: 'T lît^danf la cour, i la porte delanic <•» ;^oi' ' 'Ti*-^ Atîiî* î's m demeurent pas d'accord de ce ^»^ >v.vi»>-u \. jaMT. an^ <fc i*?mm€' « été battue de plusieurs .\\i;:^ :va4' :.: .*-- rr.:.r- mi'il? étaient entrés dans sa maison »»-.v .■,'^ N' \»> < »:*- »•■::• r.iï»- : cmil^ araient des armes dans hvu^ .A4*-^.rv*-v .^ . — HTs înjuHî* en crand nombre s'étaient wiu'.- uk:.'*--- i*^: :^:r "if iiebor*. ci avaient empêché

.'.vav , .. ■-:•..■ ., lii-i-^ ftL s-TOurs dVntivr dans la maison.

V '^•f-v -.-i- . ^r .; Ti.&mT-^ de la pînj>art do ces choses .^^ V ' v\-v.« - . . .•:. ri: >■ -^:*nàh thei Son Aheisse aussitôt .v.vc-x ,.,v: N . :>v'ii» ;■' ' i<i»ni'*I î: •îjsùt avoir été mis. M. le ^,\>v'. -iN, -..?'< i ,*'»- x'^iio-»:^: -•: T/ij/mt me donner connaissance *K \x*': .v\i .-Nîx- *■ ■■ ;»- î».v;iTnTn:o<*r avw lui. Ces Messieurs ^i•A:^;^ . iv;. * : ,. .- ,•: <- :Oaiimirr*uî fort du valet de ^ ,*,*,\'i: .^ .«. ,:-..: n? bu i-r. ji-vLa de >«» pourvoir au Parlea^?vi^; .\ ;y •» ^— ■ :, ii:- .. v-,iî-j[â par Son Altesse. Mais

V ;.T, ,: N ,,;x 1 ^ir -i- — -^^ iriTvrt'^t* .^ M. 1^ Prince qu'il •■ < .\ X . . ^ ^ ^ -^ .- - ,- ^-^ ^ 3 Pari? t^î dautre* * ^ •* , ■■ ^ . .. -: IL. ■ V:.i. -. M'jDsifTir. lètat dï*

-*"*'• . ^. -^ . H ■ -.'■rirri.'HioTaent a rauM* des

"^iv.:. > ... . ^ , - c. • : .-.ivic:;.- cTi'ell^ ferait en

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,^^ \.'..N >' ::' . . ■■\ •: ->,-.«i " r*.: ^rsonne nest arec

BRrL.\RT.

BRULART A LA VRILLÏÈRE.

Il lui annonce la conclusion de l'affaire du règlement dn Palais terml lée

par Tentremise du prince de Condé.

Dijon, le 7 mars 1663.

Les articles arrêtés en présence de M. le Prince ayant été vus, les Chambres assemblées, ils ont été approuvés d'un commun consentement ; chacun s'est désisté de ses prétentions et oppositions, et il a été arrêté que le rèj];lement du Roi avec sps articles serait enregistré et exécuté. L'on a lait aussi un règlement pour les menues nécessités du Palais ; vous trouverez le tout joint à cette lettre. Son Alte.^se en tut hier remerciée pai* une députation solennelle , et tous les esprits sout à présent, aussi bien que les choses, dans une grande tranquillité. Vous y avez, Monsieur, infiniment contribué par le secours qu'il vous a plu me donner et par vos sage» conseils ; aussi en ai-je un très grand ressentiment, et je vous supplie de croire que je ne serai jamais si heureux que l-^'sque je pourrai vous le témoigner, et

que je suis votre etc.

BRULART

BRULART A LA VRILLÏÈRE

Il se justifie de plaintes portées contre lui au Roi par Tabbé Fyot,

pour des paroles injurieuses.

Dijon, le li man 1663.

Monsieur ,

Après vous avoir rendu de très humbles grâces de la lettre qu'il vous a plu m 'écrire le 6 de ce mois et de toutes les choses que vous m'avez fait llionneur de me mander, je ne saurais m'empêcherde vous dire que j'ai été très surpris d'apprendre

par la lettre que voa^ avez écrite à M. le Prince , dont il m'a donné ronn:û<<^ant'e . ipie M. Tabbê Fyot aumônier du Roi a fait des plainte- à Sii Majesté qu»* je l'avais traité avec injures, les Ch iuilires a^^endilee-;. et qu'elle désirait que Sou Altesse eo prit connais<aui:e pour m 'obliger à faire satisfaction â cet abbé, eu cas qu'il lui en fut dû: de telle sortt* néanmoins que loi et moi demeurassions satisfaits. Je vous ai. Monsieur, grande obB- Kation de ce- dernier^ mots que Ion a bien reconnu venir de la irrâce que vous me faites de me protéger. Quant an .surplus, j^ vous peux dire et assurer. Monsieur, que je ne sais ce que c'est que le iondenient de i-ette plainte, et je pose en fait que de ma vie je u'ai dit ni pensé aucune chose dont M. l'abbé Fyot ait pa se plaindre. Il y a plus de deux mois, avaut que M. le PriiM* arrivât, que lisant, le< «liambres assemblées, le règlement (h Roi, Monsieur sou père se plaismant de renonciation qui y e^t faite que les remontrances îles présideut«% ont été envoyées au Roi et vues au Conseil, il voulut persuader que c'était moi qui y avais coulé ct*s mots-là. Je dis que cette proposition était contre le respect dû au Conseil et l'arrêt qui en faisait mention ; mai» que je m'étonnais que cela fût avancé, puiscpie c'était sou fils l'abbé qui avait présenté ces n»niontrances à M. Le Tellier. lequel vous 1rs avait remise-^ api-c'^ votn» retour, et qu'il avait été un très bon air»'iit dans cott»* atfain*, où il n'avait rien oublié jK)ur donner toute la couleur iniatrinable à ses raisons. Ce mot d'/igent ne plut pas au père, qui n'y aurait pas pris garde dans une autre occasion que celle-là où il se voyait sans réplique. Cependant il ne fut pas autrement relevé , et il dit seulement que son fds n'était pas un agent ni un envoyé ; après quoi ayant dit que ce terme pour un fils à l'égard de son père ne pouvait étn* trouvé mauvais, la cliose demeura là. Et afin do vous en din* plutôt davantage que moins, je ne dois pas oublier que, comme on parlait de cet abbé, son père n'étant pas encore dans la Cliambre, je dis ce mot que j'ai dit mille fois par habitude en parlant de son fils « le petit abbé Fyot, »> comme en effet on ne le nomme presque pas autrement à la Cour; mais cela fut dit sans

aif^eur, mépris , chaleur ni affectation quelconque , de inômr que je l'ai dit plusieurs fois et que je le dis toujours lorsque je n'y fais pas une particulière rétlexion. Voilà, Monsieur, tout ce qui s'est passé, et s'il dit que j'aie tenu d'autres discours, môme équivoques ou qui aient pu marquer du mépris ou quelque mécontentement de lui, je vous prie de croire qu'il l'avance et que je le nie follement. Si cela était, son père qui vit bien avec moi et avec plus de douceur qu'il n'en a eu il y a plus de huit mois^ se serait apparemment un peu refroidi ; mais je crois avoir raison de me plaindre que cet abbé, abusant de l'accès qu'il a à la Cour, me veuille faire passer auprès de Sa Majesté pour un ••mporté. Il faut que, pour en user ainsi sans sujet ni provocation, il ait quelques vues et se veuille préparer une évocation générale des affaires qu'il meurt d'envie de commencer ici pour son abbaye de Saint-Etienne, à laquelle il veut attribuer de nouveaux droits dont il sait bien ne pouvoir venir à bout dans ce Parlement sans de grandes peines. Je vous conjure donc. Monsieur, de vouloir rendre témoignage à Sa Majesté de ma conduite, qui est autant différente de celle de M. l'abbé Fyot que ma place Test de la sienne, et que j'espère que Sa Majesté , après avoir été éclairée par M. le Prince de la vérité des choses que j'ai l'honneur de vous écrire, l'obligera à me faire excuse de s'être plaint an Roi de ma personne, sans lui en avoir donné sujet ni même le prétexte. Jusqu'ici, Monsieur, je n'avais rien dit contre lui ; mais à présent qu'il a parlé de moi à Sa Majesté en mauvaise part, j'espère qu'il m'en fera avoir satisfaction, après qu'il vous aura plu de lui rendre compte de la vérité de la chose, et de lui témoigner que, n'y ayant rien que j'aie tant à cœur que de vivre en ma charge avec la modestie et la décence que je dois, j'ai tous les déplaisirs possibles que la hardiesse de cet abbé l'ait fait oser enti'eprendi*e de parler au Roi contre la vérité, pour essayer de détruire ce que je fais en sorte d'établir tous les jours par mes services et par ma conduite. Je vous demande en cela votre protection et de me croire toujours, avec toutes sortes de respects, Monsieur, votre etc.

BRULART

LA VRILLIÈRE FILS A BRULART

Le Roi a agréé sea explications; le prince de Condé est chargé de réconcilier les parties. — Rapt imputé k M. de La Coste dans la personne de la papille d*im membre du Parlement.

Paris, le 20 mare 1663.

Monsieur ,

Je me trouve obligé iiou seulemeut à cause de Tabseuce de mon père, qui est allé pour trois semaiues eu sa terre de Châteauneuf, proche Orléaus, mais encore par la passion que j'aurais de vous être utile en quelque chose, de vous informer que j'ai soigneusement représenté et fait valoir vos raisons au Roi touchant la conduite tenue par vous au sujet de M. l'abbé Fyot. Elles ont été reçues aussi agréablement que vous le pouviez espérer, à quoi n'a pas peu contribué la manière obligeante pour vous dont en a écrit M. le Prince, que vous devez, ce me semble, remercier. Mais comme Sa Majesté désire que cette petite aigreur et mésintelligence finisse par quelque sujet de satisfaction pour M. Fyot, sans toutefois que vous en ayez de vous plaindre, ni pour cela que vous vous portiez à rien qui puisse être le moins du monde contre votre honneur ou votre dignité, elle a remis la décision entière de la chose à Son Altesse, qui est trop équitable pour rien exiger de vous au-delà de ce que vous devez faire, et vous trop prudent pour ne pas seconder ses bonnes intentions de toutes les facilités raisonnables , afin que la réconciliation et l'accommodement soient solides. C'est l'avis etréclaircissementque j'ai cru que vous seriez bien aise d'avoir sur la dernière lettre que vous avez pris la peine d'écrire à M. de La Vrillière, du 11 de ce mois.

Cependant, avant de finir celle-ri, j'ajouterai que la conduite de votre Compagnie n'est pas approuvée dans le procès de M. de La Coste, prévciuu d'un rapt en la personne de M"" de Chaumelis, mineure. Il se remarque beaucoup d'afl'ectation et de

complaisance en faveur de raccusé, à cause de sa qualité d officierdans le Corps, bien que cette raison et la nature de l'aifaire, qui est odieuse et de mauvais exemple, dussent porter le Parlement à faire connaître son désintéressement et l'exactitude de la justice. Mais le contraire parait par plusieurs preuves et entre autres par un nouvel arrêt du 2 de ce mois qu'on cassera, comme je crois, au premier jour, attendu qu'il ordonne la communication des requêtes à l'avocat général pour le procureur général ; ce qui est une entreprise , par toutes les raisons que vous savez et qui seraient longues à dire, aussi bien qu'un effet de Tattacbement de M. Languet à faire en cette occasion le devoir de sa charge, nonobstant les traverses qui lui ont été données. Par toutes ces considérations. Monsieur, l'intention de Sa Majesté est que vous teniez la main en ce qui dépendra de vous à ce que toutes choses aillent dans l'ordre, et que vous informiez M. de La Vrillière ou moi de ce qui se passera en cette occasion. Au surplus, je souhaite qu'il s'en présente quelques-unes de vous témoigner que je suis toujours. Monsieur,

votre etc.

LA VRILLIÈRE fils.

BRULART A LE TELLIER

Affaire dn comte de Tavannes emprisonné pour duel.

Dijon, le 24 avril 1663.

Monsieur,

Les gpràces que j'ai reçues de vous en toutes occasions semblent autoriser la liberté que je prends de vous supplier d'être favorable à M. le comte de Tavannes mon cousin germain, prisonnier au fort TEvêque pour une rencontre dans laquelle j'apprends de tout le monde qu'il s'est conduit avec tant de pru-

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M. de Saint -Pouango, ot quand ce n'en serait pas une qui m'est particulière, votre seule considération ne pourrait manquer de me donner beaucoup de regrets de sa mort.

Souffrez, je vous supplie, qu'après ce compliment j'ajoute ici à la demière lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire pour M. de Tavannes, qu'il ne connaissait pas seulement M. do Plancy, que cette rencontre était inévitable, et qu'ayant été deux fois attaqué, il ne pouvait s'empêcher de se défendre. Au surplus, Monsieur, il y a eu si peu d'aigreur dans le sujet de leur différend , qu'ils sont à présent bons amis et ne bougent plus d'ensemble. Je ne doute pas que Sa Majesté, sachant toutes ces circonstauces , n'accorde bientôt à M. de Tavannes la liberté ; c'est ce que je souhaite de tout mon cœur et dont je ne vous parlerais pas si souvent, si ce n'était pas un de mes plus proches parents et le plus intime de mes amis. Faites-moi s'il vous plaît la grâce d'être persuadé que je suis, avec toute la reconnaissance possible, Monsieur, votre etr.

BHULART.

BRULART A DE LYONNE

Il lai rend compte d'une entreprise violente des Comtois sar les limites

de U Bresse.

Dijon, le 18 avril \m:\.

Monsieur ,

I.e bruit qui court que vous avez traité d'une charge qui vous regarde et que vous méritez il y a si longtemps, a tant de rapport au respect que j'ai pour votre personne, que je vous supplie de trouver bon que je vous témoigne la joie que j'en ressens. J'eus l'honneur de vous parler à Saint-Germain des plaintes qui nous étaient faites assez souvent des entreprises que faisaient

• — aw —

les Comtois sur les limites de la Bresse. Depuis mou retour en cette ville, un gentilhomme bressan s'est plaint à moi que les Comtois avaient enlevé de force la moisson de l'année dernière, et m'a prié d'en écrire à la Cour, afin qu'il plaise au Roi d'y donner quelqu'ordro, ou de permettre aux Français de la frontière de se maintenir par les mêmes voies dont les Comtois se serviront pour enlever leurs biens. Il n'y a que deux jours que je signai un arrêt portant défense de se pourvoir à Dole , ensuite d'une assignation qui y aurait été donnée à un Français pour avoir fait couper du bois dans une forêt qu'ils prétendent être du Comté, et que nous soutenons être du royaume. Je crois, Monsieur, vous avoir déjà donné un mémoire de la plupart de ces entreprises; s'il y a quelque chose à faire savoir sur les lieux, en attendant que le Roi y envoie des commissaires pour régler les limites, je suivrai les ordres qu'il vous plaira me prescrire; mais surtout je vous supplie d'être persuadé que je suis, avec toutes sortes d'estime et de respects, Monsieur, votive etc.

BRULART

BRULART A DE LYONNE

RécUmation des Comtois toachant une prétendae usurpation des Jésuites de Dijon

sur leur territoire.

Dijon, le 17 juin 1663.

Monsieur,

Les sujets du Roi ne sont pas si fort en possession de se plaindre de l'entreprise des Comtois, que ceux-ci ne se plaignent aussi quelquefois de celle des Français. Vous le verrez par la copie que je vous envoie de la lettre que le Parlement de Dole a écrite à celui-ci. Je me suis en même temps éclairci avec les Jésuites, qui sont seigneurs de la terre de Pourlans qui est limitrophe ,

des motifs qu'ils ont de vouloir changer le cours de la rivière de la Sablonne, qui est partout entièrement du royaume, pour la faire passer dans un terreau qui sert de limite entre le duché et le Comté, lequel ils ont élargi du côté du duché pour servir de canal à cette rivière. Les Jésuites m'ont répondu que la raison qu'ils ont eue d 'eut reprendre ce travail était pour sauver plus de quatre mille arpents de bonnes terres , inondées par la Sablonne, qui ne saurait être contenue dans sou lit, lequel est

comblé Les Comtois ont envoyé un gentilhomme intéressé

en cette affaire qui m'u dit dans les conférences que nous avons eues, les Jésuites présents, que, le terreau étant commun, l'on n'aurait pas dû entreprendre de l'élargir sans leur consentement Il me semble que les Jésuites am'aient mieux fait de

ne pas commencer ce grand travail sans avertir les Comtois

Mais aussi les Comtois ont été bien longs à se plaindre de cette

entreprise, depuis plusieurs mois qu'elle est commencée Et

aujourd'hui qu'elle est parachevée , que les travailleurs sont actuellement dans le cours de la Sablonne, qu'on ne conteste pas être entièrement à la France les Comtois demandent nonobstant qu'on cesse. Sui' cela, le Parlement leur a fait la dépèche dont je vous envoie aussi la copie Je vous prie etc.

BRULART

BRULART AU ROI

Suite de la mAme alTaire; il lui rend compte d'ane lettre menaçante écrite par le Parlement de Dole il celui de Dijon.

Dijon, le iO juin 16(^3.

Sire,

Je crois que Voire Majesté est à i»iésent informée des plaintes que fait le Parlement de Dole d'une entreprise qu'il prétend avoir été faite .^ur le Conilé par les Pères Jésuites de cette ville.

daus une terre appelée Pourlaiis, dont ils sont seigneurs, et de la réponse qn^ils ont eue de nous , que nous en donnerions incessamment avis à Votre Majesté, dont je me suis acquitté en informant MM. de La Vrillière et de Lyonnc du détail de cette affaire ; mais, non content de cette réponse , il nous a écrit une seconde lettre dont j'ai cru devoir envoyer l'original à Votre Majesté, avec la copie de celle que le Parlement lui a écrite ensuite. Ce Corps n'a pas cru que Votre Majesté trouvât bon qu'il répondit avec plus de déférence à une lettre qui semble user de quelques menaces; mais, sous main, il a mis ordre que les Jésuites cessassent leur travail jusqu'à ce qu'il ait plu à Votre Majesté d'y pourvoir.

La mort qui arriva bier de M"« la comtesse de Tavannes ma tante, de qui je suis exécuteur testamentaire, et M. le comte de Tavannes fils héritier universel, mettant toute cette famille dans une grande confusion , à cause des biens qu'elle a laissés et des différentes prétentions de ses enfants qui semblent se vouloir prévaloir de la détention de leur frère aîné , je supplie très humblement Votre Majesté de vouloir considérer l'embarras où je me trouve à présent par la prison de celui qui y peut apporter le remède , et je lui demande en tous respects la grâce de me mettre en repos en lui rendant sa liberté, afin qu'étant déchai'gé de cette maison que j'ai toute sur les bras, je puisse mieux employer tout mon temps au service de Votro Majesté et à la fonction de la charge qu elle a daigné me confier. Je l'espère de s<ï bonté et de sa clémence , et qu'elle me fera l'honneur de croire que je suis, Sire , de Votre Majesté, le eti\

BRULART

BRULA Rï A LE TELLIER.

Sur le mAme sujet.

Dijon, le 20 juin 1663.

Monsieur ,

Je me donne Thonneur d'envoyer au Roi roriginal d'une

lettre écrite par MM. du Parlement de Dole à celui-ci, touchant quelque entreprise qu'ils prétendent avoir été faite parles Jésuites de cette ville, dans leur terre de Pourlans. Nous avions répondu à leur première lettre que nous avions déplaisir qu'un certain travail dont ils se plaignaient était parachevé, parce que nous aurions pu faire les défenses de le continuer; mais que, ne restant plus rien à faire dans le lieu où ils désiraient qu'on cessât de travailler, et les ouvriers travaillant à présent dans le canal d'une rivière qui est toute de France, nous no pouvions Çpiire autre chose que d'avertir Sa Majesté du sujet de leurs plaintes. Cela ne les a point satisfaits. Ils nous renvoyèrent hier une seconde lettre pour nous prier de faire cesser les ouvriers , et nous mandent ces mots : « Qii'ils espèrent que l'intérêt des Jésuites sera moins considéré que la honne intelligence entre les deux provinces ; qu'un attentat de cette nature ne peut être toléré, et qu'il leur fâcherait d'en procurer la réparation par autre voie. » Nous venons de leur écrire, pour la seconde fois : qu'ayant averti Sa Majesté de ce qu'ils désirent de nous, nous sommes obligés d'attendre ses ordres dont nous leur donnerons connaissance, et cependant que nous sommes persuadés qu'ils sont trop prudents pour rien commencer qui puisse donner sujet au Roi de se plaindre. . . . Je n'ajoute rien de plus que les assurances etc.

BRULART

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BRULART

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