‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 56 sur 131 · BRULART AU GRAND -MAITRE DE MALTE · texte numérisé non relu

BRULART AU GRAND -MAITRE DE MALTE

Il le remercie de U promotion d*an de ses frères k un commandement dans la manne

de cet Ordre.

Mjon, le 6 mai 1667.

Monseigneur,

La grâce que M. le chevalier Brulart vient de recevoir de Votre Altesse est trop signalée et j'en suis trop sensiblement touché pour ne me croire pas obligé par les devoirs d'une juste reconnaissance à en faire mes très humbles remerclments à Votre Altesse. Je surpassais déjà une infinité de gens qui lui sont attachés en zèle, en estime et en respect pour elle, mais à présent je me sens engagé par ce bienfait à m'appliquer avec des soins tout particuliers à ce qui regardera son service et celui de rOrdre qu'elle commande si glorieusement. Cette grâce, Monseigneur, ne saurait non plus que beaucoup accroître en M. le chevalier d'Arbot la passion que je lui ai reconnue de se donner entièrement à elle. Je Tai vu quitter avec joie toutes espérances de s'avancer de deçà pour dévouer à Votre Altesse avec moins de réserve sa personne et sa vie, et je suis certain que la bonté que vous venez de témoigner à son frère l'anime si puissamment qu'il attendra avec impatience le temps qu'il cessera de commander une de vos galères dans la vue d'avoir l'honneur de servir Votre Altesse dans le même emploi, si plutôt elle ne le juge digne de quelqu'autre. Enfin, Monseigneur, je me tiens si heureux d'avoir deux de mes frères étroitement liés à Votre

Altesse, que je mettrai désormais mon plaisir et mes soins à les seconder par mes services dans leur attachement et à lui faire connaître dans toutes les occasions que je suis véritablement , Monseigneur, de Votre Altesse, le etc.

BRULART

LE ROI A BRULART

Réformalion des mœurs dans les monastères; il engage le Parlement

à y coopérer.

2n mai 1667.

Monsieur Brulart,

Etant nécessaire pour la gloire de Dieu, le bien et l'avantage de mon Etat, de réformer les désordres et dérèglements qui se sont introduits en plusieurs monastères de mon royaume et prinpalement dans les ordres des religieux appelés Quatre-Mendiants et en beaucoup de communautés religieuses, j'ai approuvé l'arrêt que ma cour de Parlement de Paris a rendu pour cet eflfet le 4 avril dernier; et comme je désire que celle de Dijon fasse pareille chose pour arrêter dans les couvents de son ressort le cours des abus qu'il y peut avoir, j'écris au sieur Bouchu, conseiller en mes Conseils, maître des requêtes ordinaire de mou Hôtel, et intendant de la justice, police et finances en ma province de Bourgogne et Bresse, de vous faire entendre mon intention, et vous fais cette lettre pour vous exhorter d'ajouter toute créance à ce qu'il vous dira de ma part sur ce sujet, en vous remettant avec la présente copie dudit arrêt pour en faire donner un semblable ; vous assurant que vous ferez chose qui me sera bien agréable et que je vous saurai bon gré du service que vous me rendrez en cette occasion, ce que je fais savoir encore à mes Procureur et avocats généraux de votre Compagnie, en leur

ordonnant de faire eu cela ce qui est du devoir de leurs charges. Sur ce je prierai Dieu qu'il vous ait, Monsieur Brulart, en sa sainte garde.

Ecrit à Amiens le 25« jour de mai 4667. Signé : LOUIS. Et plus bas : Phelypeaux.

CCCY

BRULART A LA VRILUÈRE.

Plainte conlre rinteudant Boucha, an wûet de son oiarpatioa de juridictioo

sur rélection dev maires et écheTins.

Dijon, le 3 juillet IM7.

Monsieur ,

.... La Compagnie se plaint d'une nouvelle entreprise de M. Bouchu dont il ne s'était pas encore avisé, mais celle-là est du tout insoutenable et destituée même d'apparences et de prétextes. C'est, Monsieur, qu'il prend connaissance de l'élection des maires et des écbevins, et quand les parties lui représentent qu'elles ont relevé leur appel au Parlement et que cette nature d'tiffaires ne s'est jamais traitée ailleurs, sinon lorsque Sa Majesté, pour des considérations importantes, en a voulu prendre elle-même la connaissance, il répond qu'il le fait pour le bien de la paix et qu'il veut brusquement accommoder les procès sans rien écrire même de ce qu'il ordonne. Je prévois. Monsieur, qu'à la fin il y en aura des plaintes qui seront portées en forme au Parlement, ou par M. le Procureur général, ou par quelques particuliers, parce que nous sommes à présent dans le temps de ces élections et qu'il y en a déjà de faites à Beaune et à Auxonne, dont les procureui*s du Roi de ces bailliages ont appelé. J'ai cru nécessaire dç vous en donner avis, afin qu'il vous plaise de le dire à la Reine, qui vraisemblablement n'approuvera pas cette nouveauté au préjudice de la juridiction la plus naturelle qu'ait le Parlement

comme est celle de la police^ de laquelle ces sortes d'affaires dépendent. Ce serait encore un avantage considérable pour le service du Roi si on faisait savoir à cet intendant de conserver, comme font les autres , Tintelligence ou du moins d'agir avec quelque concert avec la Compagnie, qui ne demande pas mieux que d'en user avec lui à Fégard de plusieurs affaires qui entretiennent des brouiUeries entre lui et nous, faute de s'entendre, et qui portent souvent les esprits à en vouloir faire des plaintes à Sa Majesté, ce que je ménage et adoucis toujoiurs autant que je le puis. Mais vous savez, Monsieur, qu'on ne gouverne pas longtemps un grand Corps comme l'on veut, lorsqu'il se croit méprisé et qu'il pense que le Roi même le trouverait mauvais' s'il en était informé. Je me conformerai très exactement à ce qu'il vous plaira me faire savoir là-dessus ; car, outre que mon devoir m'y oblige, je vous assure que je suis convaincu que personne n'aime plus que vous le faites la justice, l'ordre des choses et le bien du service de Sa Majesté et encore que vous me continuerez toujours la grâce de me croire. Monsieur, votre etc.

BRULART

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