‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 60 sur 131 · SÉGUIER · texte numérisé non relu

SÉGUIER

BRULARÏ AU PRINCE DE GONDÉ.

Il le félicite sur le choix que le Roi a fait de sa personne pour le commandement

de son armée d'Allemagne.

Dijon, le 9 octobre 1667.

Monseigneur ,

Si le public a tous les sujets du monde de se réjouir du grand cboix que le Roi vient de faire de la personne de Votre Altesse pour le plus glorieux emploi que Sa Majesté eût à donner, la joie extraordinaire que j'en ressens ne me permet pas, ni de

garder le silence en cette occasion, ni de ne la point manifester à Votre Altesse. Enfin, Monseigneur, comme l'un des hommes de la terre qui a le plus de vénération et de zèle pour elle, j'ose lui dire que je suis du nombre de ceux qui sont le plus émus de cette grande nouvelle et qu'il y a longtemps que j'éprouve que je ne puis avoir di?s sentiments médiocres pour tout ce qui touche" Votre Altesse, tant je suis. Monseigneur, de Votre Altesse, le etc.

LE PRTiNCE DE CONDÉ A BRULART.

Réponse à la précédente.

Paris, le 14 octobre I6C7.

Monsieur ,

Ce que vous m'écrivez sur le commandement que le Roi m'a fait l'honneur de me donner de son ai*mée d'Allemagne est si obligeant pour moi, que rien ne le peut être davantage ; je vous prie aussi de croire que je ressens cela comme je dois et que l'on ne peut être avec plus d'estime ni avec plus de passion que je suis. Monsieur, votre etc.

LOUIS DE BOURBON

thULAKÏ A LA ^TtlLUÈRE.

Affè et 9»ifM mua0smm vms jat «. Cwuîi

P!ÉfMa/ft hi#;r par Dijon, j V appri? qn'nn f abaretier arait été le mèimr jour ao Palais avertir Me««i^iir« qui tenaient la «!Iliambr« den varaticm* qo'oji FruN^ais qui était loeé chez hn et qui renaît da O/mUi loi avait dit qu'étant, il y a deux jonr«, en ce par? là, on ptÊjfHàn (Unaiovi^ qnll reconnaîtrait bien, arait menacé en sa prénence la personne do Koi, jusqu'à dire qnll ronlait se déeoi^er et venir en Frani'e poor attenter à sa vie : que sur cet aris, qui fut donné publiquement, Taudience arait ce^^é et qu'aussitôt ou arait envoyé quérir ce. Français, mais que n étant plus dan^ c»^ kigifl ni même dan<i la ville . on avait fait rourir après. Ces Mesftieunv Aorit a«i<tez em[iéchés sur ce qu'ils feront quand ils auront neft déclarations et interrogatoires si on le leur amène, parce qu'il n'a oui parler que hors le royaume un autre qui n est pas sujet de 8a Majesté et que celui-là a commis le crime dans une souveraineté étrangère à laquelle ils ue doivent pas dans Tétat où sont les affaires s'adresser pour demander la punition du coupable, sans savoir auparavant si Sa Majesté l'approuvera. Mais je croîs, Monsieur, que si on peut retrouver ce Français , il ne sera que bon de s'en servir pour attirer le Comtois en France et pour s'assurer ensuite de sa personne quand il y sera. Ce n'est pas que je fasse beaucoup de ras de ces disrx)urs tenus par un paysan alarmé des bruits de, la guerre et de la retraite des Français du Comté, et que je n'eusse môme; fort désiré de me pouvoir dispenser de vous les écrire ; mais comme on ne doit rien du tout négliger de ce qui regarde de près ou de loin le souverain , j'ai estimé de vous

devoii* informer de ces choses dont vous userez comme il vous plaira, et cependant devoir inspirer ce sentiment comme un conseil plein de sûreté et sans éclat.

Je suis avec un extrême respect, Monsieur, vptre etc.

BRULART

CCCZV

LA VRILLIÈRE A BRULART

Instiîictioiis conformes sur celte affaire.

Saint-Germain-en-Laye, le 29 octobre 1667.

Monsieur ,

J'ai donné connaissance au Roi de tout ce qu'il vous a plu m'éciire par votre lettre du 18 de ce mois touchant le bruit qui s'était répandu à Dijon des discours extravagants et emportés d'un Comtois, que Sa Majesté à fort méprisés; comme je crois en effet qu'il n'y a pas lieu de s'y arrêter. Néanmoins, puisqu'on ne saurait apporter de trop grandes précautions pour une chose de cette qualité^ vous devez, Monsieur, s'il vous plaît, employer l'expédient que vous me proposez, de vous servir du dénonciateur et , s'il se peut , de celui de qui il a appris la chose , afin de tâcher de s'assurer de l'auteur de ces propos détestables, et ménager les choses avec le plus de secret et de sûreté qu'il se pourra, ce qu'étant remis à votre zèle et à votre prudence, je demeure toujours, Monsieur, votre etc.

LA VRILLIÈRE

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BRULART

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BRULAHT A LA VHILLIÈRE.

Suite de la même affaire ; il rend compte de rezaspéralioa des eiprits en Franche- Comté contre la personne de Louis XIV; mesures de prudence conseillées k ce sujet.

Dijon, le \ décembre 1667.

Après vous avoir très humblement remercié de l'obligeante lettre dont il vous a plu mlionorer le 28 du mois dernier, je prendrai la liberté de vous dire que tout ce que j'ai pu apprendre qui peut avoir rapport aux discours du Comtois nommé Perrin, c'est que l'insolence du bas peuple de son pays à l'égard du Roi

est si épouvantable, qu'elle ne peut être assez détestée et que je n'oserais même vous en raconter des pai-ticularités ; de sorte que je me persuade que ce prisonnier qui a usé de menaces et contre qui il ne m'est pas venu de nouvelles preuves, peut avoir parlé par la brutalité ordinaire aux paysans de cette nation, depuis la guerre, et je ne doute pas, de la manière que ces genslà ont l'esprit tourné, que d'autres que lui ne soient tombés en quelc[ue faute pareille. Je ne puis toutefois, Monsieur, m'empêcher de vous envoyer les originaux de deux dénonciations qui ont été faites au procureur du Hoi de cette ville, des mains de qui je les viens seulement de recevoir. J'en ai d'abord été ému; mais celle du nommé Cordelet prêtre, à laquelle îl se faut arrêter, n'étaut qu'un ouï-dire et contenant encore une chose qui n'est pas, savoir : que le forgeron avait publié sou dessein par Dijon, je me suis un peu remis de mon inquiétude. Cependant j'ai blâmé ce procureur du Roi d'avoir tant attendu à m'avertir, et ai cru de mon devoir de vous donner cet avis qui semble ne devoir pas être entièrement négligé, et obliger, au contraire, à veUler avec plus de soin à la personne de Sa Majesté. Il n'y a rien

TOVR II.

au monde que je ne fisse pour son service, à plus fœte raison pour découvrir ime chose de cette importance. Je vous supplie de me croire avec une passion extrême. Monsieur, votre etc.

BRULART

cccxvni

LA VRIUiÈRE A BRULART.

Il reagagt à tltirer en Fraoee ob ntre Comloii coiBpromîf dus la aèiM tbire,

pour le fnre arrêter eiwiite.

Parif, le 13 déeonbre 1M7.

MONSIBUR ,

j'ai fait connaître et valoir au Roi les témoignages de votre zèle marqué dans la lettre qu'il vous a plu m'écrire du 4 de ce mois , accompagnée de deux dénonciations faites au procureur de Sa Majesté à Dijon, et bien qu'elle ne s'arrête pas beaucoup à cet avis, néanmoins coomie il est du devoir d'un bon Français de ne rien négliger dans une affaire de cette importance^ je vous exhorte, Monsieur, à tirer sur ce sujet toutes les lumières et les éclaircissements possibles et d'essayer d'attirer en France le forgeron dont est question, ainsi qu'on a fait poiu* le nommé Perrin, afin de s'assurer pareillement de sa personne et qu'on ait entièrement l'esprit en repos sur ce sujet, dont vous me donnerez les nouvelles utiles au service du Roi, afin que de mon côté je m'emploie avec tout le soin et la fidélité que je suis obligé , à faire pourvoir à ce qui pourrait être nécessaire. Cependant je vous supplie de me croire toujours, Monsieur, votre etc.

LA VRILLIÈRE

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