‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 64 sur 131 · TO«B II · texte numérisé non relu

TO«B II

CCCXZY

BRULART AU PRINCE DE CONDÉ

FélicitationB des premiers succès de cette campagne; désordres causés par les geni de guerre; il demande deux de ses gardes pour en présenrerles terres de MM. de Ta^annes situées en Franche-Comté.

Dijon, l6 11 férrier 1668.

Je ne croyais pas féliciter si tôt Votre Altesse sur le suc^^ès d'une partie considérable du grand dessein qu'elle a conduit avec tant d'adresse. Mais ces premiers progrès ont été si prompts et ils sont si importants d'eux-mêmes , et pour la suite qu'ils doivent avoir pour cette grande conquête , et pour le bonheur de cette province, que je ne puis attendre la fin de cette entreprise pour lui en faire mes conjouissances. Je crois, Monseigneur, que Votre Altesse a su que le Roi n'a voulu aucun compliment à son passage , non plus que Monseigneur le Duc que j'ai été charmé de voir, non-seulement par les caresses que j'en ai reçues, mais par l'estime universelle extraordinaire dont j'ai vu toute la Cour remplie pour sa personne. C'est à Votre Altesse que je dois les grâces qu'il a eu la bonté de me faire, aussi bien que les bons traitements que j'ai reçus de Sa Majesté. Si, Monseigneur, il est à propos que le Parlement lui députe après la prise Dole , avant son retour en cette ville, je supplie très humblement Votre Altesse de vouloir bien me l'apprendre. Je lui demande encore, avec tous les respects possibles, la grâce de considérer les terres de MM. de Tavannes comme les miennes mêmes. Les gens de guerre ont fait de si grands désordres dans les lieux où ils outrasse, que j'ai sujet de craindre que celles qu'ils ont du côté de Gray, où apparemment on ira ou passera après la reddition de Dole, n'en soient ruinées, ce qui me fait, Monseigneur, supplier Votre Altesse avec beaucoup d'instance de m'accorder deux de ses gardes pour veiller à leur conservation

BRULART

avoir coutreveuu par les voies qui y sont prescrites, et que, suivant le 7* article dudit édit, les oiliciers de madite Cour s'abstiennent d'interpréter aucun de ceux dudit édit, leur déclarant qu^ je rendrai responsable le président et le rapporteur des contraventions qui se trouveront dans les arrêts qu'ils auront signés. Trouvant bon néanmoins, que s'il survient quelque doute ou difficulté sur Texécution d'aucuns des articles dudit édit, ils se retirent vers moi pour en avoir résolution. Ce que j'ai bien voulu faii'e savoir par cette lettre et vous dire que vous ayez à tenir la main, selon l'autorité de votre charge, à l'effet de ce qui est en cela de mes intentions, en sorte qu'il n'y soit point contrevenu et qu'il soit rendu bonne et briève justice à mes sujets. Et, m'assurant que vous satisferez selon votre zèle et affection accoutumés pour tout ce qui regarde mon service et celui du public^ je ne vous ferai la présente plus longue que pour prier Dieu qu'il vous ait. Monsieur Brûlait, en sa sainte garde.

Ecrit à Saint-Germain-en-Laye le 15' jour de septembre 1668. Signé : LOUIS. Et plus bas : Puelypeaux.

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