LIEUTENANT GÉNÉRAL DE LA NATION ALLEMANDE POUR LE SERVICE DU ROI
Passage en Bourgogne de soldats du régiment de Salua; la province doit être exempte de garnisons pendant trois années.
Dijon, le 23 novembre 1657.
Monsieur ,
Un capitaine de votre régiment d'infanterie venant de me présenter un ordre du Roi daté du 1er de mars dernier pour faire entrer en cette province cinq cents hommes qui font partie
des troupes qui sont sous votre nom, je pouvais justement lui refuser l'attache, tant par la raison que ret ordre étant daté d'auparavant la campagne, il ne doit plus avoir d'elfet que parce qu'il est donné au préjudice du traité fait avec le Roi par lequel la province de Bourgogne doit être exempte de garnison pendant trois années et que Sa Majesté témoigne tous les jours vouloir être entretenu. Cependant, Monsieur, je n'ai pas laissé de leur délivrer mon attache , les voyant à nos portes et en état de se débander si elles n'avaient point de logement. Mais comme je sais que vous êtes encore loin, je me donne l'honneur de vous écrire pour vous avertir que vous avez besoin d'un nouvel ordre si vous voulez que vos autres troupes soient reçues et d'un autre lieu pour les loger, celui d'Is-sur-ïille n'en pouvant contenir un si grand nombre. J'en donne de ma part avis à la Cour; vous y pourvoirez, s'il vous plaît, de la vôtre devant que de vous avancer plus près. Cependant, je tiens à très grand honneur d'avoir eu occasion de vous protester mon service et que je suis, Monsieur, votre etc.
BRULARÏ.
BRULART A LE TELLIER
Même sujet que la précédente.
Dijon, le 23 novembre 1657.
Monsieur ,
Un capitaine du régiment d'infanterie de M. le prince de Salm venant de me demander attache sur un ordre du Roi daté du 1er mars dernier pour venir en Bourgogne séjourner à Is-sur- Tille distant seulement de quatre lieues de cette ville, j'ai en quelque façon douté de la validité de cet ordre, tant à cause de ce qu'il est daté d'auparavant la campagne et que la province a traité pour trois ans de l'exemption du quartier d'hiver, que parce que
la lettre du Roi adressée aux habitants d 'Is-sur-Tille porte que ce régiment devait passer dans le royaume dès le 12 juillet dernier. Cependant, Monsieur, ayant su de cet officier qu'il ne faisait que d'être levé, qu'il n'avait point eu d'autre ordre que celui-là et ayant appréhendé que le refus de le recevoir ne contribuât, au désordre et au dépérisssement de ces troupes , je leur ai délivré mon attache, en sorte qu'elles arriveront demain et seront reçues à Is-sur-Tille. Mais comme il y en a d'autres du même corps qui doivent venir en vertu du même ordre, suivant que vous le verrez parles copies que je vous envoie, je vous supplie de me dire là-dessus vos sentiments et la conduite que j'y dois tenir, ne croyant pas que le Roi veuille rompre le traité d'exemption dont il tire deux cent cinquante mille livres chaque année. Si néanmoins sa volonté est que les gens de guerre y fassent quelque séjour, je vous demande la grâce de me mander si vous ne trouverez pas bon que je les mette dans les villes ou dans les bourgs en cas que les lieux qui leur seront ordonnés ne fussent pas capables de les recevoir et loger. La plus grande joie que je puisse jamais avoir est de vous témoigner mon respect et le zèle que j'aurai toute ma vie d'être avoué de vous, Monsieur, votre etc.
BRULART
BRULART AU COMMISSAIRE DES CxUERRES,