‹ Choix de lettres inédites écritesChapitre 9 sur 55 · JUGE DE PARAY · texte numérisé non relu

JUGE DE PARAY

Ordre transmis au juge de Paray à l'occasion de la même construction.

Dijon, le 20 novembre 1657.

Monsieur ,

J'ai été averti que l'on a depuis peu établi l'exercice de la religion prétendue réformée au lieu appelé le Champ-de-la-Justice, près de Paray, bien qu'avant l'édit de Nantes et depuis il n'y ait jamais été fait. Comme cet établissement regarde le Roi, et qu'il m'a fait savoir d'en prendre connaissance et de veiller à ce qu'il ne se passe rien en cela qui soit contraire aux édits , je vous fais cette lettre exprès pour vous prier de prendre soin de m'instruire exactement de ce qui en est, comme aussi de dire à celui qui se mêle des affaires des huguenots de ce côté-là de m'apporter ici ou m'envoyer au plus tôt des extraits de leurs privilèges, s'ils en ont quelques-uns concernant ce nouvel établissement, étant bien aise de connaître ce qui est de leurs droits devant de passer plus avant en cette affaire. Je vous prie donc d'y tenir soigneusement la main et de me croire, Monsieur, votre etc.

BRULART

BRULART A COLBERT

Compte-rendu de la même all'aire.

Dijon, le 21 novembre 1657.

Monsieur ,

Je viens de recevoir la lettre qu'il vous a plu m 'écrire touchant le nouvel établissement qui s'est fait de la religion prétendue réformée auprès de Paray, et en même temps ai envoyé ordre sur les lieux pour m'informer de l'état des choses. Et comme je viens d'apprendre qu'il se fait il y a déjà longtemps des assemblées de huguenots en un lieu là proche et que l'exercice de la religion y est aussi établi , j'ai écrit dans le pays pour avoir des extraits de leurs privilèges et toutes les instructions possibles de cette affaire. J'ai cru, Monsieur, qu'il était à propos d'acquérir ces lumières devant que de commencer cette affaire qui ne manquera pas de faire beaucoup de bruit si on est contraint d'en venir à la démolition du temple. Mais vous pouvez vous assurer que je n'y perdrai aucun temps et que j'y emploierai mes soins avec toute la chaleur que je dois au service du Roi et à celui de Son Eminence. Je ne manquerai pas de rendre à M. le Procureur général qui est absent la lettre du Roi qu'il vous a plu m'adresser pour lui et de chercher toute ma vie les occasions de vous témoigner que je suis avec estime et respect, Monsieur, votre etc.

BRULART

Monsieur

COLBERT A RRULART,

Réponse à la précédente.

Paris, le 30 uovembre 1657.

J'ai reçu la lettre que vous m'avez l'ait l'honneur de m'éerire du 21 de ce mois en réponse de celle que j'avais pris la liberté de vous écrire sur le sujet du temple nouvellement établi proche de Paray. Assurément , Monsieur, que vous rendrez un service fort considérable au Roi d'empêcher qu'il ne soit rien innové par les huguenots dans l'étendue de votre Parlement et de tenir la main à ce qu'ils n'entreprennent rien au-delà de leurs privilèges. Mais je vous supplie très humblement de ne point parler de Monseigneur le Cardinal dans la suite de cette affaire , ni même faire connaître à M. le Procureur général que c'est moi qui vous ai envoyé la lettre du Roi que vous voulez bien prendre la peine de lui rendre , Son Eminence ne désirant point que son nom soit mêlé aux choses qui regardent les huguenots. Faites-moi la grâce de me croire, Monsieur, votre etc.

COLBERT

BRULART AU PRINCE DE SALM

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