‹ Choix de lettres inédites écritesChapitre 23 sur 55 · ORDONNANCE DU PREMIER PRÉSIDENT · texte numérisé non relu

ORDONNANCE DU PREMIER PRÉSIDENT

PORTANT DÉFENSE AUX MAIRES, ÉCHEVINS ET HARITANTS DE REAUNE, NUITS, ET A TOUS AUTRES, DE RECEVOIR DES TROUPES SANS SON ATTACHE, EN ARSENCE DES GOUVERNEUR ET LIEUTENANTS DE ROI DE LA PROVINCE.

27 février 1660.

Nicolas Brulart, conseiller ordinaire de Sa Majesté en ses conseils , Premier Président de son Parlement de Dijon , commandant en cette province en absence de Messieurs les gouverneur et lieutenants de Roi,

Ayant été averti et reçu diverses plaintes qu'au mépris des ordonnances de Sa Majesté exécutées par tout le royaume et de tout temps observées dans l'étendue du gouvernement de cette province, plusieurs gens de guerre entreprennent de passer et repasser en corps, à pied et à cheval, par icelle, sans attache de Messieurs les gouverneur ou lieutenants de Roi, ou de nous en leur absence, et qu'il en doit arriver dans peu de temps à Beaune et à Nuits, sous le nom de quelques régiments d'infanterie ou de cavalerie, sans nous avoir toutefois représenté jusqu'à présent aucun ordre de Sa Majesté, ni de nous aucune attache, et sans même que nous sachions si ces troupes sont pour ou contre son service , dont il peut arriver des inconvénients très préjudiciables à la sûreté publique et de l'Etat ; nous, conformément à la volonté du Roi, avons fait et faisons très expresses inhibitions et défenses aux maires , échevins et habitants des-

dites villes de Beaune et Nuits et à tous autres, à peine d'en répondre, de loger ni de recevoir, même en payant, aucuns gens de guerre marchant en corps, sans leur faire auparavant représenter l'ordre de Sa Majesté et l'attache qu'ils auront eue de nous en la susdite absence. A faute de quoi faire par lesdits gens de guerre, nous ordonnons auxdits maires et échevins, habitants et à tous autres , de leur fermer les portes et de nous en donner incessamment avis , pour y être par nous pourvu suivant la rigueur des ordonnances. Et cependant, en cas de violence de la part desdits gens de guerre, d'arrêter les officiers et soldats qui la commettront.

Fait à Dijon le 27 février 1660. Signé : BRULART. Et plus bas : Par Monseigneur : Debays.

BRULART A LE TELLIER

Entreprises du comte d'Entragues et de Bouchu sur l'autorité du Premier Président, en sa qualité de gouverneur par intérim.

Dijon, le 1er mars 1660.

Monsieur ,

Il arrive à présent un désordre pour le logement des troupes qui viennent du côté de Lyon , qui n'était jamais arrivé et qu'il est important d'arrêter; c'est que M. d'Entragues, lieutenant de Roi au Maçonnais, dont la fonction ne s'est jamais étendue que dans ce pays-là, ne se contente pas de donner l'attache pour son département, mais encore se vient d'aviser de la donner pour Chalon, Beaune, Dijon, Chanceaux, Châtillon et

Bar-sur-Seine Il suit de là qu'on ne veut pas y recevoir les

gens de guerre, qu'ils s'écartent dans les villages voisins, ce qui cause de grands désordres par le refus des peuples de les reconnaître.... M. Bouchu, intendant de cette province, qui n'a, en

cette qualité, que la police et juridiction sur les troupes et non pas le commandement du pays , donna hier une attache dans cette ville, moi y étant.... Les officiers, contraints de me venir trouver, s'excusèrent sur la surprise qui leur avait été faite. Ayant donné mon attache, tout le bruit causé par cela fut apaisé. Or, ces pouvoirs ne sont jamais confondus , et je ne crois pas que ce soit l'intention du Roi autrement.... Je suis avec respect etc.

BRULART

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