BRULART A DE LYONNE
Réclamation des Comtois touchant une prétendue usurpation des Jésuites de Dijon
sur leur territoire.
Dijon, le 17 juin 1663.
Monsieur ,
Les sujets du Roi ne sont pas si fort en possession de se plaindre de l'entreprise des Comtois, que ceux-ci ne se plaignent aussi quelquefois de celle des Français. Vous le verrez parla copie que je vous envoie de la lettre que le Parlement de Dole a écrite à celui-ci. Je me suis en même temps éclairci avec les Jésuites, qui sont seigneurs de la terre de Pourlans qui est limitrophe ,
des motifs qu'ils ont de vouloir changer le cours de la rivière de la Sablonne, qui est partout entièrement du royaume, pour la faire passer dans un terreau qui sert de limite entre le duché et le Comté, lequel ils ont élargi du côté du duché pour servir de canal à cette rivière. Les Jésuites m'ont répondu que la raison qu'ils ont eue d'entreprendre ce travail était pour sauver plus de quatre mille arpents de bonnes terres , inondées par la Sablonne, qui ne saurait être contenue dans son lit, lequel est
comblé Les Comtois ont envoyé un gentilhomme intéressé
en cette affaire qui m'a dit dans les conférences que nous avons eues, les Jésuites présents, que, le terreau étant commun, l'on n'aurait pas dû entreprendre de l'élargir sans leur consentement Il me semble que les Jésuites auraient mieux fait de
ne pas commencer ce grand travail sans avertir les Comtois
Mais aussi les Comtois ont été bien longs à se plaindre de cette
entreprise, depuis plusieurs mois qu'elle est commencée Et
aujourd'hui qu'elle est parachevée, que les travailleurs sont actuellement dans le cours de la Sablonne, qu'on ne conteste pas être entièrement à la France les Comtois demandent nonobstant qu'on cesse. Sur cela, le Parlement leur a fait la dépêche dont je vous envoie aussi la copie Je vous prie etc.
BRULART