GGXXIV BRULART AU ROI
Suite de la même affaire; il lui rend compte d'une lettre menaçante écrite par le Parlement de Dole à celui de Dijon.
Dijon, le 20 juin 1663.
Sire,
Je crois que Votre Majesté est à présent informée des plaintes que fait le Parlement de Dole d'une entreprise qu'il prétend avoir été faite sur le Comté par les Pères Jésuites de cette ville,
clans une terre appelée Pourlans, dont ils sont seigneurs, et de la réponse qu'ils ont eue de nous , que nous en donnerions incessamment avis à Votre Majesté, dont je me suis acquitté en informant MM. de La Vrillière et de Lyonne du détail de cette affaire ; mais, non content de cette réponse, il nous a écrit une seconde lettre dont j'ai cru devoir envoyer l'original à Votre Majesté, avec la copie de celle que le Parlement lui a écrite ensuite. Ce Corps n'a pas cru que Votre Majesté trouvât bon qu'il répondît avec plus de déférence à une lettre qui semble user de quelques menaces; mais, sous main, il a mis ordre que les Jésuites cessassent leur travail jusqu'à ce qu'il ait plu à Votre Majesté d'y pourvoir.
La mort qui arriva hier de Mme la comtesse de Tavannes ma tante, de qui je suis exécuteur testamentaire, et M. le comte de Tavannes fils héritier universel, mettant toute cette famille dans une grande confusion , à cause des biens qu'elle a laissés et des différentes prétentions de ses enfants qui semblent se vouloir prévaloir de la détention de leur frère aîné , je supplie très humblement Votre Majesté de vouloir considérer l'embarras où je me trouve à présent par la prison de celui qui y peut apporter le remède , et je lui demande en tous respects la grâce de me mettre en repos en lui rendant sa liberté, afin qu'étant déchargé de cette maison que j'ai toute sur les bras, je puisse mieux employer tout mon temps au service de Votre Majesté et à la fonction de la charge qu'elle a daigné me confier. Je l'espère de sa bonté et de sa clémence , et qu'elle me fera l'honneur de croire que je suis, Sire , de Votre Majesté, le etc.
BRULART
CGXXV
BRULART A LE ÏELLIER.
Sur le même sujet.
Dijon, le 20 juin 1663.
Monsieur ,
Je me donne l'honneur d'envoyer au Roi l'original d'une
lettre écrite par MM. du Parlement de Dole à celui-ci, touchant quelque entreprise qu'ils prétendent avoir été faite par les Jésuites de cotte ville, dans leur terre de Pourlans. Nous avions répondu à leur première lettre que nous avions déplaisir qu'un certain travail dont ils se plaignaient était parachevé, parce que nous aurions pu faire les défenses de le continuer; mais que, ne restant plus rien à faire dans le lieu où ils désiraient qu'on cessât de travailler, et les ouvriers travaillant à présent dans le canal d'une rivière qui est toute de France, nous ne pouvions faire autre chose que d'avertir Sa Majesté du sujet de leurs plaintes. Cela ne les a point satisfaits. Ils nous renvoyèrenthier une seconde lettre pour nous prier de faire cesser les ouvriers , et nous mandent ces mots : « Qu'ils espèrent que l'intérêt des Jésuites sera moins considéré que la bonne intelligence entre les deux provinces ; qu'un attentat de cette nature ne peut être toléré, et qu'il leur lâcherait d'en procurer la réparation par autre voie. » Nous venons de leur écrire, pour la seconde fois : qu'ayant averti Sa Majesté de ce qu'ils désirent de nous, nous sommes obligés d'attendre ses ordres dont nous leur donnerons connaissance, et cependant que nous sommes persuadés qu'ils sont trop prudents pourrien commencer qui puisse donner sujet au Roi de se plaindre.... Je n'ajoute rien de plus que les assurances etc.
BRULART