Ladislribulion des prix avait
eu lieu le 5 août ; cette lettre est donc du 6 ou du 7.
i. LesJésuites avaient l'habitude de faire jouer des pièces de théâtre par leurs élèves dans les cérémonies scolaires. La tragédie du P. Lejay, l'un des deux professeurs de rhétorique, était intitulée Crésus.
5. Voltaire raille volontiers le P. Lejay qui ne l'aimait pas, et qui passe pour avoir dit de lui ce mot prophétique : « Malheu-'^ ^ reus ! tu seras un jour l'étendard I du déisme en France. * J
2 VOLTAIRE
si adroitement qu'ils n'ont semblé tomber que pour servir à notre divertissement; le nonce de Sa Sainteté nous a donné huit jours de congé. M. Thénard a chanté, le père Lejay s'est enroué, le père Porée* a prié Dieu pour obtenuun bon temps ; le ciel n'a pas été d'airain pour lui *; au plus fort de sa prière, le ciel a donné une pluie abondante; voilà à peu près ce qui s'est passé ici. 11 ne me reste plus pour jouir des vacances que d'avoir le plaisir de vous voir à Paris, mais, bien loin de pouvoir vous posséder, je ne puis même avoir le bonheur de contenter mon amitié par une plus longue lettre; la poste, qui va partir, me force de me dire à la hâte votre très humble et très obéissant serviteur et ami.
Arouet'.