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4. La paix de Breslau, par laquelle Frédéric, après laconquèto de la Silésie, s'était détaché de la coalition contre Marie-Thérèse, et avait laissé l'armée française aux prises avec l'Autriche et l'Angleterre vl7 mai 1T42).
148 YOLTAIRE.
de Hongrie, le rétablissement de l'empereur* et un dédommagement âmes dépens 2.
— J'ose croire, répliquai-je, que cette accusation est un artifice des Autrichiens, qui leur est trop ordinaire. Ne vous ont-ils pas calomnié ainsi au mois de mai dernier? n'ont-ils pas écrit en Hollande que vous aviez offert à la reine de Hongrie de vous joindre à elle contre la France?
— Je vous jure, me dit-il, mais en baissant les yeux, que rien n'est plus faux. Que pourrais-je y gagner? Un tel mensonge se détruit de soi-même. — Eh bien ! Sire, pourquoi donc ne vous pas réunir hautement avec la France et l'empereur contre l'ennemi commun, qui vous hait et qui vous calomnie tous deux également ? quel autre allié pouvez-vous avoir que la France? — Vous avez raison, reprit-il : vous savez aussi que je cherche à la servir, vous connaissez ce que je fais en Hollande^. Mais je ne peux agir hautement que quand je serai sur d'être secondé de l'Empire ; c'est à quoi je travaille à présent, et c'est le véritable but du voyage que je fais à Baireuth dans huit ou dix jours. Je veux être assuré au moins que quelques princes de l'Empire, comme Palatin, liesse, Wurtemberg, Cologne et Stettin, fournissent un contingent à l'empereur. — Sire, lui dis-je, demandez-leur seulement leur signature, et commencez par faire paraître vos braves Prussiens.
— Je ne veux point recommencer la guerre, dit-il ; mais j'avoue que je serais flatté d'être le pacificateur de l'Empire *
1. De Français I", époux de Marie-Thérèse, que la coalition avait écarté du trône impérial, au profit de Charles VII, électeur de Bavière.
2. La rétrocession de la Silésie, :ibandonnée par Marie-Thérèse à Frédéric, lors de la paix de Breslau.
3. Podewils, ministre de Prusse à la Haye, observait les dispositions de la Hollande et combattait dans ce pays l'influence anglaise.
4. Comprenez: l'arbitre. Frédéric était le seul prince de l'Empire qui pût opposer aux Autrichiens une armée capable de leur tenir tète.
et d'humilier un peu le roi d'Angleterre, qui veut donner la loi à l'Allemagne. — Vous le pouvez, lui dis-je ; il ne vous manque plus que cette gloire, et j'espère que la France tiendra la paix de son épée et de vos négociations ; la vigueur qu'elle fera paraître augmentera sans doute votre bonne volonté. Permettez-moi de vous demander ce que vous feriez si le l'oi de France requérait votre secours, en vertu de votre traité avec lui* ?
— Je serais obligé, dit-il, de m'excuser et de répondre que ce traité est annulé par celui que j'ai fait depuis avec la reine de Hongrie ; je ne peux à présent servir l'empereur et le roi de France qu'en négociant, — Négociez donc, Sire, aussi heureusement que vous avez combattu, et souffrez que je vous dise, avec toute la terre, que la reine de Hongrie n'attend que le moment favorable d'attaquer la Silésie. » Alors il parla ainsi : « Mes quatre places - seront achevées avant que l'Autriche puisse envoyer contre moi deux régiments ; j'ai cent cinquante mille combattants, j'en aurai alors deux cent mille. Je me flatte que ma discipline militaire, que je tiens la meilleure de l'Europe, triomphera toujours des troupes hongroises. Si la reine de Hongrie veut reprendre la Silésie, elle me forcera de lui enlever la Bohême. Je ne crains rien de la Russie : la czarine m'est à jamais dévouée depuis la dernière conspiration fomentée par Botta^ et par les Anglais. Je lui conseille d'envoyer le jeune Ivan et sa mère en Sibérie, aussi bien que mon beau-frère*,