‹ Choix de lettresChapitre 168 sur 494 · D'ALEMBERT · texte numérisé non relu

D'ALEMBERT

Le 15 décembre (1746).

En VOUS remerciant, monsieur, de vos bontés et de votre ouvrage sur la cause générale des vents-. Du temps de Voiture, on vous aurait dit que vous n'avez pas le vent contraire en allant à la gloire. Mme du Châtelet est trop newtonienne pour vous dire de telles balivernes. Nous étudierons votre livre, nous vous applaudirons, nous vous entendrons même^. Il n'y a point de maison où vous soyez plus estimé

Parlem aliquam, venh, divum referatts ad aures.

(Virg., ecl. m, v. 73.)

J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments d'estime qui vous sont dus, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, Voltairk.

1 . D'Alembert, né en 1717, mort en 1*83, est l'un des plus grands géomètres des temps modernes; il fut élu à vingt-quatre ans membre de l'Académie des sciences. 11 occupe dans les lettres une place distinguée, quoique moins brillante : c'est lui qui fit le discours préliminaire de l'Encyclopédie, qu'il dirigeait avec Diderot. Il fut membre de l'Académie française en 1754, secrétaire perpétuel de cette compagnie en 1772; en celle qualité, d'Alembert a composé un grand nombre d'Éloges intéressants et substantiels, mais entachés d'une partialité presque fanatique dans le sens de la philosophie du siècle. On sait que d'Alembert était le fils naturel de la célèbre marquise de Tencin ;

mais il ne voulut connaître d'autre mère que la pauvre Icniuie dont il avait été le fils adoptif.

Ses premières relations avec le monde eurent lieu par l'intermédiaire de Mme du Deffant : c'est ainsi que Voltaire fit sa connaissance. Mais ce fut la collaboration à l'Encyclopédie (17S0) qui les rendit amis.

2. Réflexions sur la cause générale des venls, mémoire couronné par l'Académie de Beilin en 1716, et qui valut à l'auteur d'être associé par acclamation à celte compagnie.

0. On a vu que Voltaire et la marquise du Chàtclct éiaient très versés dans les sciences: c'est un avantage dont ils se font honneur.

bO.

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